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Les ratés du développement arabe
Comment choisir les élites?

Par L'Economiste | Edition N°:1598 Le 10/09/2003 | Partager

. Des modes anciens colonisent et rendent inefficaces les systèmes modernes. La sociologie historique pèse très lourdementLe gros rapport que présentera la Banque mondiale lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque à Doha, fin septembre, examinera les loupés du développement dans la région Mena (Middle East and North Africa), et parmi eux, la sélection des élites. Les premiers éléments de ce rapport ont été rendus publics lundi à Rabat (cf. L'Economiste du 9 septembre 2003; www.leconomiste.com). Théodore Ahlers, directeur du département Maghreb de la Banque en a souligné les nouveautés, à commencer par le fait que ces investigations sont conduites avec des chercheurs issus du monde arabe. Parmi eux, le Pr Tozi apporte ses compétences en matière de sociologie historique. Cet apport n'est pas de trop car dans les sociétés arabes et plus généralement, méditerranéennes, des formes anciennes d'organisation sociale colonisent les formes nouvelles. Ces formes anciennes rendent les nouvelles peu efficaces. Par exemple, la désignation des élites au Maroc repose largement sur les liens de famille ou de clan, ce qui n'est évidemment pas le meilleur moyen de trouver les personnalités les plus efficaces! . Des parlementaires désignés Chaque société a ses propres problèmes, on ne peut pas généraliser, explique Tozi, qui cite l'exemple des pays du Moyen-Orient et du Golfe: «Ils ont un problème pour concevoir la représentation, ce qui les fait hésiter devant des élections et certains vont finalement préférer des parlements désignés». Tout le monde pense aussi à la Syrie, où pour ne pas avoir à bousculer les relations sociales et politiques, le pays s'est donné le fils du président comme nouveau président de la République, sans s'émouvoir du ridicule de la situation.Situation très paradoxale au Maroc où le gouvernement actuel a été critiqué parce qu'il a inclus des ministres «fils de ministre» et où chacun s'empresse d'ajouter, qu'ils et elles sont «des personnalités compétentes». . Les «fils de»Ces commentaires retracent en réalité toute l'ambiguïté de la situation, avec d'un côté la recherche et la reconnaissance des compétences (le nouveau système) et de l'autre la gêne d'avoir eu à les prendre dans l'ancien système. Plus subtil encore: cette gêne dénote aussi un manque de maîtrise des concepts de sélection par la compétence. En effet, ce n'est pas parce qu'une personnalité est le fils ou la fille d'une autre personnalité, qu'il ou qu'elle a moins de compétences qu'un concurrent sorti du rang!Inversement, les affaires judiciaires actuelles révèlent des connexions claniques ou familiales qui permettaient à des trafiquants d'échapper à la justice. Les anciens modes de sélection des élites marchent pour sélectionner toutes sortes… d'élites. La sociologie historique éclaire ces phénomènes et aide à les gérer pour qu'ils évoluent vers des modes de gouvernance plus efficaces.Naturellement, et on peut le regretter, les investigations de la Banque Mondiale ne présentent pas les problèmes avec cette netteté. Ahlers s'en explique: «Il faut que l'analyse passe dans des pays très différents, avec des niveaux de sensibilité gouvernementale différents, sinon, nos travaux ne serviraient à rien». D'où cette impression de «langue de bois» qui imprègne tout le texte, lequel n'hésite pas à inventer des mots plutôt que de nommer crûment les choses. N. S.-----------------------------------------La Banque Mondiale voudrait poser les principes des démocraties et de développement dans les pays de la région Mena. Compte tenu du caractère hétéroclite de ces sociétés et des sensibilités, le rapport use de concepts très généraux qui, parfois, se rapprochent dangereusement de la «langue de bois». Globalement, l'analyse considère que la bonne gouvernance vient de l'“inclusivité” alliée à la responsabilisation. Autrement dit, les citoyens doivent être traités également et doivent participer également, sans discrimination entre eux. C'est ce que la Banque appelle l'“inclusivité”. En face, les pouvoirs publics, administration et gouvernement, doivent être transparents et doivent pouvoir être contestés. C'est ce qu'elle appelle la responsabilisation. En pratique, les services publics doivent être accessibles à tous, de manière égale, sans préférence ni discrimination. Les individus doivent avoir accès facilement à l'information, ils doivent pouvoir demander des comptes et les obtenir, puis ils doivent pouvoir sanctionner et récompenser les prestataires de services, les hommes et femmes politiques… Les experts de la Banque reconnaissent que tout cela est dûment inscrit dans les lois et dans les Constitutions des pays arabes, mais il y a fort loin de la loi au terrain…

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