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Le projet de réglementation de l'AMP encore à la traîne

Par L'Economiste | Edition N°:1618 Le 08/10/2003 | Partager

. Déposé depuis 1999 au SGG, le projet semble avoir été oublié . En attendant, les autorités laissent faire … . …et les médecins pratiquent en respectant une certaine déontologieL'introduction de pratiques médicales de pointe, doit être accompagnée par la mise en place d'un cadre juridique. Le projet relatif à la réglementation de l'Assistance médicale à la procréation (AMP) ne fait pas exception. La Société marocaine de fertilité et de contraception (SMFC) a été sollicitée pour établir un rapport sur l'état des lieux concernant les centres de l'AMP à Casablanca. Mais vu la sensibilité du sujet, les responsables de la SMFC ont préféré élargir le champ de leurs propositions réglementaires. Les tractations ont donné naissance au projet qui devrait constituer un cadre légal et éthique pour les techniques de l'AMP. Ainsi, la mouture finale a été déposée auprès du Secrétariat général du gouvernement (SGG) en janvier 1999. Mais depuis, aucun signe de vie. Le projet moisit toujours dans les tiroirs du SGG et le vide juridique est toujours là.Pour le Dr Louanjli Noureddine, biologiste, spécialisé en reproduction humaine et vice-président de l'Association marocaine des biologistes de la reproduction (AMBR), “devant l'absence d'une réglementation de l'AMP, nous nous référons aux valeurs mystiques. En d'autres termes, c'est l'éthique et la déontologie qui régissent notre conduite”, avant de renchérir: “On n'accepte en aucun cas des dons de gamètes mâles autres que ceux du conjoint”. En effet, dans le projet de réglementation, il est stipulé que “l'AMP ne peut être envisagée que dans le cadre du couple légal, selon les lois de la Chariâ, exception faite pour l'homme célibataire qui pourrait demander une congélation de son sperme si une chimiothérapie ou une radiothérapie risquaient de porter atteinte à sa lignée génitale ”. Mais, encore faut-il s'assurer qu'effectivement, en cas d'infertilité d'un ou des deux membres du couple, il n'y aura pas de recours aux gamètes d'un tiers donneur! Tout le monde se rappelle le fameux scandale qui a éclaté au début des années 90. Un gynécologue de Nador avait été accusé d'avoir utilisé des gamètes mâles autres que ceux du conjoint. Pour l'instant, le ministère de tutelle semble “laisser faire” tant qu'une certaine déontologie régit ces techniques. Contacté à plusieurs reprises, le Dr Yacoubi Mohamed, président de la Fédération marocaine de la reproduction humaine (FMRH) et de la SMFC, et aussi auteur du projet de réglementation, a préféré demeurer discret.En tout cas, si certains professionnels semblent être inquiets sur le sort réservé au projet de réglementation de l'AMP, d'autres le sont moins. Pour quelques gynécologues, les techniques de l'AMP font partie de leurs interventions quotidiennes. Autrement dit, dans la réalité, les médecins se passent du cadre réglementaire. Le Dr Abdel-Ilah Zniber, gynécologue accoucheur, n'y va pas de main morte, “Ce qui importe, c'est le déroulement de l'ensemble du processus. Il est inconcevable de penser un seul instant que ces techniques tellement complexes se pratiquent dans des endroits qui n'ont rien à voir avec les centres de fertilité ”, explique-t-il. Il ajoute que la priorité, aujourd'hui, doit être accordée aux conditions techniques de fonctionnement de ces centres, aux obligations de la cryopréservation et du respect des bonnes pratiques dans les laboratoires de biologie de la reproduction. Devant le fait accompli, l'idéal serait de mettre en place d'urgence un organisme pluridisciplinaire et indépendant. Et cela tant au niveau politique que scientifique ou économique. Il s'agirait, en fait, d'un comité d'éthique qui aurait pour rôle de statuer sur tous les aspects se rapportant à l'AMP


Les grandes lignes du projet

Le projet élaboré par la FMRH est articulé autour de trois axes principaux. Le premier est consacré aux recommandations générales en matière de médecine et de biologie de la reproduction. Il s'agit, en fai,t de rappeler les différentes techniques de l'AMP, la rigueur à déployer dans l'approche diagnostic du bilan pré-AMP du couple. Ou encore dans l'établissement d'un dossier informatisé en vue de la création d'un registre national. De même, cette partie contient un aperçu général sur la situation de l'AMP, les centres de fertilité, l'équipement, le personnel exigible, les critères du bon fonctionnement, etc.La deuxième partie, quant à elle, est réservée à la création d'une commission nationale de médecine et de biologie de la reproduction et du diagnostic prénatal. La mission de cette commission consiste à établir des évaluations et orientations, pour l'attribution des autorisations de centres de fertilité. La dernière partie concerne la réglementation de l'AMP. Il s'agit essentiellement de la définition de ses activités, l'octroi des agréments, des autorisations, des conditions techniques de fonctionnement, des conditions de cryopréservation et de la conception des locaux du laboratoire de biologie de la reproduction.


Parmi les techniques les plus répandues 

• L'insémination artificielle (IA) ou la stimulation ovarienne. Il s'agit de la technique de reproduction la plus largement utilisée dans le monde. C'est un moyen simple et indolore d'aide médicale à la procréation. Il consiste à déposer le sperme dans l'endroit le plus convenable des voies génitales femelles, le col de l'utérus ou au-delà. Et cela, au moment le plus opportun sans qu'il y ait acte sexuel. Elle est réservée aux femmes qui ont des trompes perméables, lorsque les traitements d'induction de l'ovulation sont restés inefficaces ou lorsqu'il existe une baisse pas très importante de la qualité du sperme.• La fécondation in vitro (FIV) ou l'injection intracitoplasmatique de spermatozoïdes (ICI). C'est une méthode reconnue mondialement grâce à la naissance du premier bébé-éprouvette, la fameuse Louise Brown. Il s'agit d'une véritable révolution dans le traitement des stérilités et dans la biologie de la reproduction. La technique implique une stimulation de l'ovulation pour obtenir plusieurs ovocytes. Ces derniers seront ensuite fécondés en laboratoire avec le sperme du conjoint ou d'un donneur anonyme. L'œuf fécondé se développe ensuite pendant deux à trois jours in vitro. Il est ensuite transféré dans l'utérus maternel au stade de 4 à 8 cellules pour continuer son développement.• L'injection intracytoplasmique d'un spermatozoïde (ICSI), appelée micro-injection, ou parfois encore “FIV assistée”, est la plus avancée des fécondations dites “assistées”. Elle fait nettement reculer la notion de stérilité masculine. Son but principal est de court-circuiter l'étape de fixation-fusion-pénétration du spermatozoïde dans l'ovule lorsque la constation a été faite d'un dysfonctionnement au niveau d'une ou plusieurs de ces phases. • L'ICSI après prélèvement épididymaire ou biopsie testiculaire. Devant une azoospermie (absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculât), deux cas de figure peuvent se profiler. Soit l'azoospermie peut être d'origine sécrétoire, avec une absence de production de spermatozoïdes au niveau des testicules, ou excrétoire avec des spermatozoïdes qui sont produits, et pour des raisons diverses ne se trouvent pas dans le sperme. A ce niveau la réalisation d'une biopsie testiculaire est indispensable pour récupérer les spermatozoïdes.M. E. H.

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