×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Competences & rh

Gaming: Des startups marocaines défient l’industrie mondiale

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5685 Le 28/01/2020 | Partager
De rares jeunes pouces se positionnent sur la conception de jeux
Un premier game sur PC, d’autres suivront
Artistes, ingénieurs, marketeurs, développeurs…, un gisement de métiers

Dans le monde, l’on compte plus de 2,5 milliards d’adeptes de jeux vidéo. En 2019, ils ont dépensé près de 149 milliards de dollars (Global games market report) dans leurs jeux préférés. Un chiffre en constante progression, et qui devrait atteindre la barre des 200 milliards de dollars dans les trois à quatre prochaines années. Dans l’industrie du divertissement, le gaming s’impose en force. 

Au Maroc aussi, les gamers sont nombreux à s’adonner à des jeux, sur mobile, PC ou console. Les salles professionnelles de gaming se multiplient, avec des tarifs allant de 10 à 25 DH l’heure, en fonction de la qualité et de la puissance des ordinateurs mobilisés. Certaines proposent même des packs nuit blanche pour les addicts. Des entreprises, notamment des opérateurs télécoms, se greffent sur la tendance en organisant des tournois.

Cela dit, le Maroc est-il simple consommateur de jeux? Eh bien, quelques startups, qui se comptent sur les doigts d’une main, ont pris le pari de se positionner sur la conception de jeux. Un segment ultra challengeant, car il est difficile de concurrencer les producteurs mondiaux.

gaming-mobile-085.jpg

En 2019, les gamers ont dépensé presque 149 milliards de dollars dans leurs jeux, selon les dernières estimations. Le mobile est de loin le canal le plus utilisé (46% des revenus), dont principalement les smartphones. Les consoles arrivent deuxièmes, suivies des PC. D’ici 2022, l’on s’attend à un revenu global de 196 milliards de dollars, avec une progression continue de la part de marché du mobile

«Les produits B2C sont difficiles à monétiser. Ce qui marche le mieux au Maroc, c’est le B2B, à l’intention des entreprises», relève Yassine Arif, CEO de la startup de développement de jeux vidéo Altplay Studio, créée en 2018. Les opérateurs locaux ont ainsi plus de chances de se faire des bénéfices sur les serious games.

Une jeune pouce, Rym Games, a cependant relevé le défi de s’attaquer au B2C, en lançant en 2018 le premier jeu marocain sur PC, baptisé The Dark Occult. Pour développer son projet, Rym Games avait levé en 2016 un fonds de 2,8 millions de DH auprès de Maroc Numeric Fund (MNF).

Autre développeur, CN Studio, qui conçoit des jeux «hyer casual» sur mobile (jeux courts destinés aux joueurs occasionnels). L’entreprise travaille avec d’importants éditeurs de vidéo games, tels que le français Voodoo, qui cumule chaque année des centaines de millions de téléchargements.    

Concevoir un jeu peut nécessiter de quelques mois à plusieurs années, en fonction de la complexité du concept. Les grands projets peuvent dépasser les cinq ans et nécessiter des dizaines (voire des centaines) de millions de dollars d’investissements.  

«L’industrie du jeu rapporte aujourd’hui plus que la musique et le cinéma réunis. Elle peut ouvrir des opportunités considérables pour plusieurs profils: artistes, ingénieurs, marketeurs, développeurs, project managers, réalisateurs, musiciens…», souligne Arif.

gaming-085.jpg

Par region, le plus gros marché est celui de l’Asie Pacifique, qui assure  48% du chiffre d’affaires du secteur, suivi par celui de l’Amérique du Nord. Par pays, la Chine arrive en tête, avec 36,5 milliards de dollars de revenus, suivie de très près par les Etats-Unis, avec 35,5 milliards de dollars. Les deux pays assurent à eux seuls la moitié des révenus mondiaux du gaming

«Malheureusement, il n’y a pas eu de suivi pour ce secteur. Nous avons raté ce virage à plusieurs reprises, sachant que le Maroc a pu convaincre l’un des plus grands développeurs, éditeurs et distributeurs de jeux vidéo dans le monde, Ubisoft, de s’installer dans le pays en 1998 déjà. Nous aurions pu être premiers en Afrique et au Moyen-Orient dans le domaine», poursuit-il. Ubisoft avait d’ailleurs, à travers son académie, contribué à former une première génération de professionnels de la conception de jeux, à partir de 2008. Quelques années plus tard, en 2016, la filiale marocaine de la société a fini par mettre la clé sous la porte.

Aujourd’hui, les quelques talents du secteur sont nombreux à s’expatrier, à la recherche de meilleures opportunités à l’international. Parmi eux, un jeune artiste dessinateur, Hicham Habchi, actuellement Senior Concept Artist chez Riot Games en Californie, l’éditeur du célèbre vidéo game «League of Legends».

Son rôle, sublimer les personnages du jeu. Nous avons rencontré Hicham à San Francisco. Passionné par son métier, il a pu se construire un nom dans sa profession. Une prouesse dans une activité super compétitive. Au Maroc, il n’aurait pas pu libérer tout son potentiel. Mais il n’a pas définitivement tourné la page marocaine. Il ambitionne de partager son expérience et son expertise avec les jeunes de son pays.

Les rares startups marocaines de développement de jeux continuent de s’accrocher à leur rêve de bâtir leur propre success story. Altplay, par exemple, travaille elle aussi sur son premier jeu sur PC, Nutopia (voir page V), qui sera également diffusé sur mobile.

Ahlam NAZIH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc