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Economie

Un dispositif pour prévenir le séisme

Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

Agadir, Al-Hoceima, Erfoud... Le spectre du séisme existe toujours. Même si elle ne porte pas de foyer, la côte marocaine n'est pas à l'abri d'un séisme. La carte parasismique devrait permettre une meilleure prévention.


Aucune région du Maroc n'est vraiment à l'abri d'un séisme. C'est ce qui ressort de la carte sismotectonique du Maghreb réalisée par des universitaires marocains et le Laboratoire Public d'Essais et d'Etudes (LPEE).
Elle aura exigé près de trois ans de préparation et l'acquisition par le gouvernement d'un matériel de mesure et de collecte d'informations (concernant uniquement le Maroc) pour un montant de 2 millions de Dollars.
D'après cette carte donc, le Maghreb est l'une des régions les plus exposées aux risques sismiques. Et pour cause, il se trouve à la rencontre des mouvements tectoniques des plaques africaines et eurasiennes. Presque toute la côte marocaine porte le risque sismique. Cependant, elle ne présente pas de foyer.
En revanche, Agadir qui le porte demeure un mystère pour les chercheurs. Les Marocains se souviennent bien de ce 29 février 1960 lorsqu'un violent séisme a détruit 75% des constructions de la ville d'Agadir. Bilan 12.000 morts. Ce jour là, ils se sont surtout rendu compte qu'ils n'étaient pas à l'abri de ces incidents. Plus près encore, le Maroc se remémore encore le séisme qui a touché Al-Hoceima en 1994. Heureusement, les dégâts étaient beaucoup moins importants. En revanche, toutes les vieilles constructions et les maisons en pisée ont été totalement détruites. C'est pour répertorier tous les risques que cette carte a été élaborée.

Il s'agit d'une banque de données qui tient compte de l'ensemble des travaux effectués lors des 40 dernières années par des chercheurs maghrébins et de la Méditerranée.
Ils fournissent des bases concrètes pour appréhender les dangers sismiques lors du choix d'un site d'aménagement. Les barrages, les ponts, les installations thermiques notamment demandent une connaissance géologique et géophysique approfondie des lieux pour s'assurer de la stabilité des terrains et donc des ouvrages qu'ils supportent.

Informations obsolètes


«Il faut dire qu'il existait un éparpillement d'informations. Les bureaux d'études travaillaient sur des informations parfois obsolètes», souligne M. Abderrahim Acharha-by, directeur de recherche au LPEE. Et d'ajouter: «Grâce à cette carte, les responsables de programmes d'aménagement pourront fixer les seuils d'acceptabilité du risque et définir les normes et les prescriptions à sa réduction».
Les responsables de l'élaboration de ce projet préviennent toutefois que la carte ne peut être exhaustive. Et pour cause, certaines régions a priori semblent ne pas présenter de risque. Mais la nature peut démentir les études. «La science des prévisions est embryonnaire». Ils avancent comme exemple le cas de la ville d'Erfoud en 1995 qui se trouve dans une zone saharienne. Or, d'après l'histoire sismique, cette région n'a jamais connu de catastrophe.

Devant donc l'incapacité de tout prévoir, le directeur général du LPEE, M. Ahmed Hakimi, insiste sur les mesures de protection et donc sur les moyens à faire intervenir pour minimiser les répercussions d'un séisme. Il propose deux aspects de prévention: le premier touche directement les bureaux d'étude. «Il faudra prendre en compte les données de cette carte dans la construction des bâtiments à risques élevés tels que ceux abritant le grand public.»
A ce niveau, M. Hakimi rappelle que le laboratoire a élaboré des codes de bonnes pratiques, respectant les règles parasismiques à la disposition des promoteurs de construction qui seront publiés prochainement.
Le second aspect de prévention concerne la protection civile qui devra en fonction des données mettre en place un plan clair pour l'évacuation de la population en cas de catastrophe.

Badra BERRISSOULE

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