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    Economie

    Concurrence: Touche pas à ma place

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    Le Maroc remet à niveau ses entreprises qui devront faire face à la concurrence. Mais où est ce fameux texte qui est toujours au chaud dans les tiroirs du SGG? Celui-ci n'aura d'ailleurs de sens que si les comportements et les mentalités changent.


    Abus de position dominante, collusions, discriminations... Qu'est-ce c'est que cette bête-là? Une nouvelle marque de produits! Pas du tout. Un nouveau slogan pour la publicité! Encore moins. Ce sont de nouvelles notions qui devront être introduites par le projet de loi sur la concurrence, toujours dans les tiroirs du SGG. Ce texte soulèvera-t-il les mêmes passions que le texte sur la société anonyme? Apparemment, l'intérêt des opérateurs n'est pas encore marqué. Pourtant, comme pour la SA, le texte aura des implications très importantes dans la vie des affaires.
    Comme toute nouvelle loi, il doit absolument être accompagné d'une profonde réforme des mentalités. La concurrence est une culture qu'il faudra développer. Mais sommes-nous réellement dans un tissu économique et industriel où la concurrence existe bien dans tous les esprits?
    Le projet n'aura donc de sens que si les comportements et les mentalités changent.

    Aujourd'hui, la concurrence est une réalité économique, mais elle est sauvage, car sans base juridique.
    Producteurs et commerçants se livrent mutuellement à des abus. Un jeu à l'issue duquel personne ne sort indemne. Après plusieurs versions, en l'espace de 15 ans, le projet de loi sur la concurrence s'est rendormi. L'impression est créée que le Maroc est resté au stade où les pratiques anti-concurrentielles sont quasi normales. La déontologie connaît pas.

    S'adapter ou disparaître


    Aujourd'hui, les entreprises doivent prendre conscience qu'il faut cesser ce petit jeu. Elles n'ont plus le choix. Car le compte à rebours est enclenché et la mondialisation est à nos portes. Les entreprises devront s'adapter ou disparaître. La mondialisation, on ne l'a pas choisie. Elle s'est imposée, mais elle est déjà là et mettra bientôt en présence plusieurs acteurs qui n'auront pas la même culture, le même modèle, ni le même dynamisme.
    Le tissu industriel est hétérogène et vulnérable. Des mesures d'accompagnement s'imposent alors. Sinon, dérapage. L'exemple du secteur céréalier, qui a défrayé la chronique cette année, en est la meilleure preuve. Ballotté par une libéralisation à peine entamée, ce secteur a montré des signes de faiblesse évidents. Les perturbations du marché des céréales ont donc sonné l'alerte. Elles ont aussi révélé les résistances de ceux qui pendant des décennies se sont assis sur de confortables rentes de situation. Il a été difficile de déloger et de faire sauter tous ces avantages. Mais cette histoire a laissé de gros bleus, notamment sur le dos de l'agriculteur. Pour calmer le jeu, une déclaration agricole a été signée. Mais encore une fois, elle aussi est tombée dans les oubliettes. C'est le triste sort des grands accords public et privés.

    Cette situation a aussi révélé un mauvais état de santé de notre agriculture dont la température ne cesse de monter. C'est un remède de choc dont l'activité a encore besoin. Au pas de charge, les réunions se succèdent et c'est dans l'urgence que tout le monde travaille.
    Si d'autres secteurs ont passé ce cap en douceur, tel que le lait qui vient de boucler ses quatre ans de désencadrement sans heurt, les filières du sucre et des huiles attendent encore leur décret de libéralisation des prix. Celui-ci a été promis pour l'automne. Rien encore en vue. Il faut reconnaître que les pouvoirs publics doivent faire avec un monde rural hyperfragilisé. Alors, plutôt que d'adopter un langage clair, c'est la gymnastique des textes qui est préconisée.
    De son côté, le domaine financier et bancaire semble par rapport à d'autres secteurs être le mieux préparé à cette nouvelle donné. Sa libéralisation s'effectue en douceur, notamment à travers le désencadrement progressif des crédits, la libéralisation des taux débiteurs... "Raisonnée" la concurrence entre les banques est en partie effective. En témoignent les différents réseaux bancaires, la diversification des produits et services. Même si, ici et là, des voix dénoncent la situation d'oligopole du secteur bancaire en matière de taux de crédits. Demain, avec les nouvelles règles de la concurrence, chacun devra sagement jouer devant sa porte.

    Meriem OUDGHIRI

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