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    Economie

    Tarifs homologués: En route vers la libéralisation

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    Après de nombreux reports, le protocole d'accord sur la libéralisation des tarifs homologués a été signé vendredi 5 décembre. Le travail ne fait que commencer.


    Moins de dix minutes auront suffit à boucler l'accord sur la libéralisation des tarifs homologués. N'eût été la présence du ministre des Finances, de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, M. Driss Jettou, ainsi que les patrons des compagnies au grand complet, il était difficile d'imaginer, par moments, que l'avenir des assurances se jouait en ce vendredi 5 décembre.
    Administration et secteur peuvent aujourd'hui se targuer d'avoir officialisé leurs engagements respectifs. Les tarifs automobiles (sauf le transport public de voyageurs dont la libéralisation est prévue en 2001), l'incendie, la maritime et l'AT seront libéralisés dans deux ans. Il reste maintenant à respecter les recommandations de la Banque Mondiale, bien que pour certaines branches, les tarifs homologués soient libres de fait (voir le problème d'Addamane Al Bahri soulevé dans L'Economiste n°306).
    «Le secteur doit veiller à ce que la libéralisation n'induise pas une anarchie tarifaire», a affirmé M. Hamza Kettani, président de la Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurances et de Réassurances (FMSAR).

    La perspective de la libéralisation des tarifs, et donc l'avènement d'un marché concurrentiel, impose l'élaboration d'une stratégie appuyée sur une organisation cohérente. Les sociétés doivent être en mesure de maîtriser leur portefeuille à travers les critères de tarification. «Le travail technique qui doit précéder les futures échéances nous paraît incontournable», explique M. Thami El Barki, directeur des Assurances et de la Prévoyance Sociale. En fait, l'élaboration de tarifs propres ne sera pas une tâche aisée tant pour les compagnies que pour l'Administration. Les opérateurs sont d'avis que certaines sociétés ne pourront pas proposer des tarifs libres, du moins à court terme. Motif: leurs portefeuilles ne sont pas importants. Ces compagnies pourront néanmoins élaborer leurs tarifs à partir d'une statistique globale du marché. Celle-ci sera centralisée au niveau de la FMSAR par exemple.

    Outre la statistique, d'autres contraintes sont signalées. Elles portent sur les politiques de prix. Logiquement, les sociétés qui pratiquent une sélection rigoureuse des risques devraient pouvoir proposer des prix compétitifs.
    D'autres, au contraire, seraient tentées, en raison de la pression concurrentielle, d'afficher des prix, bas certes, mais «artificiels». Or tout risque de sous-tarification doit être étudié avec soin. La solvabilité des compagnies en dépend. La mise en place par l'Administration de tutelle de tarifs de contrôle ou de référence est à ce niveau jugée prioritaire. «Elle doit accompagner, dès le début, le processus de libéralisation. Il sera bien difficile d'intervenir si le déficit technique d'une société s'accumule sur cinq ou six ans», affirme un assureur.


    La CAT: Les dessous de la libéralisation


    La restructuration de la CAT était l'autre sujet officialisé par l'accord du vendredi 5 décembre. Elle doit s'accompagner à partir de janvier 1998 d'une augmentation du tarif transport public de voyageurs (TPV). Pour de nombreux observateurs, le dossier CAT aura été déterminant sur les discussions autour de la libéralisation. Cette compagnie, créée pour alléger le poids des sociétés en liquidation, affiche un déficit technique de 343 millions de DH, dû en grande partie à la mauvaise sinistralité de la catégorie TPV (145,60% de rapport sinistres/primes en 1996).
    Pour éviter que la CAT ne dégénère en problème social, les pouvoirs publics avaient dès 1995 décidé de rétrocéder les 500.000 contrats hérités des cinq sociétés en liquidation. Plus tard, l'ex-directeur des Assurances et de la Prévoyance Sociale, Mlle Zoulikha Nasri, avait également annoncé un plan de restructuration, entièrement pris en charge par les assureurs, puisqu'il devait faire jouer, à parts égales, le fonds de solidarité et les actionnaires de la compagnie. Pour le secteur, la révision et la libéralisation des tarifs étaient le préalable à toute restructuration de la CAT. En 1993 déjà, les actionnaires avaient refusé de verser la seconde tranche, souscrite mais non appelée, du capital de cette société tant que les pouvoirs publics n'aient pas pris de décision en ce qui concerne la tarification automobile.

    Mohamed BENABID.

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