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    Economie

    Quatre personnes sur cinq abandonnent en cours d'études

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Après le financement de l'éducation, le Conseil National de la Jeunesse et de l'Avenir donne les résultats de l'enquête sur le rendement de l'école. 20% seulement des élèves terminent leurs études secondaires.


    Sur cinq enfants qui rentrent à l'école, un seulement réussit les trois cycles d'enseignement, soit 80% abandonnent en cours de route. C'est en tout cas ce qui ressort des résultats de l'enquête menée par le Conseil Nationale de la Jeunesse et de l'Avenir(1). S'attaquant au rende-ment de l'éducation, l'enquête veut faire le bilan de quatre décennies de scolarisation(2).
    Les résultats sont catastrophi-ques. «L'école est au banc des accusés», conclut M. Habib El Malki, secrétaire général du CNJA. Parce que, côté dépense, elle absorbe une grande part du budget (environ 25%). Côté rendement, les résultats sont médiocres. La sonnette d'alarme est bien tirée et le CNJA s'engage publiquement à participer à la réforme. Ces chiffres ne sont pas contestés par l'Education Nationale. M. Rachid Benmokhtar, ministre de l'Education Nationale, rappelle que les principes élaborés au lendemain de l'Indépendance sont à l'origine de cette situation, surtout qu'ils n'ont jamais été revus ou corrigés. La généralisation de l'enseignement avait été appliquée sans se soucier des spécificités régionales et culturelles. Ce qui explique, à en croire le ministre, les grandes disparités entre milieu urbain et milieu rural.

    Base de données


    Au banc des accusés, M. El Malki met aussi l'entreprise. «Un grand nombre de sociétés travaillent dans le cadre de relations professionnels archaïques. Conservatrices, elles sont réticentes à s'ouvrir aux compétences des jeunes diplômés».
    Voulant constituer une base de données détaillée sur la réalité et l'évolution du système éducatif, l'étude a retenu deux axes: le rendement interne et externe de l'éducation. Sur le premier point, ont été analysés principalement la durée passée à l'école, les déperditions et le niveau de maîtrise des langues. Quant au rendement externe, il a évalué notamment le niveau d'instruction.
    Concernant le rendement interne, il ressort qu'à l'issue des études primaires près de 63% des personnes ont terminé avec succès cette phase. Ce chiffre cache toutefois de grandes disparités entre milieu urbain et milieu rural. En ville, près de 70% vont jusqu'au bout du cycle primaire contre 43,5% dans les zones rurales. Ainsi, plus de la moitié des enfants de la campagne, qui ont eu la chance d'entrer à l'école, n'ont même pas le certificat d'études primaires.

    Concernant le collège, 64,5% ont passé le cap (67,8% pour l'urbain et 46,2% pour le rural). Les taux de réussite baissent dans le lycée surtout pour les filles. En effet, un peu plus de la moitié ont terminé avec succès les études secondaires. 51,1% des citadines et 54% des rurales, entrées au secondaire, ne sont pas allées jusqu'au bout.
    Pour ce qui est de la maîtrise des langues, 42,8% des élèves ont déclaré avoir une bonne ou très bonne maîtrise de la langue arabe. Les personnes maîtrisant les langues française et anglaise représentent respectivement 23 et 3,6%.
    Côté rendement externe, l'en-quête révèle que 45,8% des person-nes interviewées sont sans instruction (31% en milieu urbain). Elle montre en outre que le taux d'analphabétisme (49%) est en constante régression. Si près de neuf personnes sur dix âgées de plus de 60 ans ne savent ni lire ni écrire, pour les 10 - 14 ans, elles sont moins de trois personnes sur dix dans cette situation.o

    (1) Les résultats de l'enquête ont été donnés lors d'une séance de travail tenue le mardi 21 octobre à Rabat.
    (2) C'est le deuxième volet de l'étude du CNJA. Le premier avait été consacré au financement de l'éducation.


    Fiche technique


    L'enquête a porté sur un échantillon de 5.000 ménages, soit quelque 28.750 personnes sur l'ensemble du pays. Les personnes interviewées sont âgées entre 3 et 44 ans au moment de l'enquête (fin 1995).
    L'enquête a concerné aussi 604 enseignants dont 454 travaillent dans les villes. Elle s'est intéressée également aux appréciations de 184 personnes appartenant au personnel administratif.

    Malika EL JOUHARI

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