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    Economie

    La réactualisation de l'ICV s'impose-t-elle?

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    L'indice du coût de la vie mesure l'inflation. Pour les consommateurs, l'inflation c'est la dégradation de leur niveau de vie. Comment est calculé l'indice et à quoi sert-t-il.


    L'indice du coût de la vie a augmenté de 0,7% sur les neufs premiers mois de 1997 par rapport à la même période de l'année dernière. Le chiffre est officiel. Il est publié par la Direction de la Statistique. Essayez de convaincre votre entourage que les hausses de prix en moyenne n'ont pas atteint 1% sur les 9 mois. La tâche est difficile.
    En fait, pour les consommateurs, «il y a souvent confusion entre le niveau des prix et leur évolution». Dans l'esprit du consommateur, «le niveau de référence en matière de prix correspond généralement à son dernier achat. Celui-ci varie à travers le temps et d'une personne à l'autre», indique un expert de la Direction de la Statistique.
    En dehors de ces appréciations subjectives sur l'évolution des prix, la véritable question est: L'ICV est-il le meilleur instrument pour mesurer l'inflation? Oui, répondront unanimement les statisticiens. De toute façon, le concept d'inflation reconnaîtront les économistes est assez méconnu.
    Les Français ont mis en place deux types d'indices, l'un qui doit servir à l'indexation du SMIC et l'autre pour mesurer l'inflation. Le premier utilise comme population de référence les ménages ouvriers et employés (20% de la population urbaine). Le second est plus large et concerne l'ensemble de la population.

    Les Marocains se sont dé-marqués. Ils ont porté leur choix sur un indice unique à mi-chemin entre les deux types d'indices français. L'indice du coût de la vie, plus communément appelé ICV, prend en compte une population de référence assez large. Cette population est constituée de cadres moyens, commerçants, indépen-dants non agricoles, employés dans les bureaux et les services et enfin les ouvriers non agricoles, soit 70% de la population urbaine. La première raison d'être de l'indice est l'indexation des salaires. Grosso modo, la courbe d'évolution des salaires correspond à celle de l'ICV.
    Autre grande interrogation que soulève l'indice actuel: la structure de dépenses de la population de référence est-elle toujours significative? Concrètement, aujourd'hui avec 100 Dirhams, le consommateur moyen consacre 45,15 DH à l'alimentation, 7,48 DH à l'habillement, 12,48 DH
    à l'habitation, 5,31 DH à l'équipement ménager, 4,71 DH pour les soins médicaux, 7,58 DH pour le transport et communications, 4,74 DH pour les loisirs et culture, et enfin le reste pour les autres biens et services. Les experts recon-naissent qu'une enquête de consommation s'impose, la dernière datant de 1984. Aussi, la structure de consommation a dû évolué depuis avec la modification du niveau des salaires.
    Il faut préciser également que l'indice ne porte pas sur la totalité des dépenses des ménages, mais uniquement sur leurs dépenses de consommation.

    Côté social du produit

    Après l'établissement de la liste exhaustive des produits, des produits témoins sont choisis. Le nombre d'articles retenus est de 385. Ce choix se base sur des critères d'importance du produit dans la consommation des ménages, sur son côté social et sa représentativité dans le sous-groupe. Il n'est guère possible de suivre en permanence les prix de tous les articles consommés par les ménages. Les prix sont relevés par interview directe de la part des agents enquêteurs. Ces derniers ont pour consigne de noter les prix des mêmes articles, à qualité égale, dans les mêmes points de vente, à intervalles de temps réguliers. Les enquêteurs sont tenus de signaler les disparitions ou changements de variétés de produits ou de qualité lorsqu'ils surviennent et de formuler les recommandations quant aux variétés de remplacement. Sur le terrain, confiera un chef de service à la Direction de la Statistique, les enquêteurs ont du mal au départ à faire comprendre l'enjeu de ce travail. Mais, au fur et à mesure, une complicité s'installe, permettant de fiabiliser les données recueillies. «De toute façon, même s'il y a un déphasage, celui-ci persiste à travers le temps. Ce que nous cherchons est de mesurer la variation des prix beaucoup plus que le niveau des prix», explique-t-il.

    Fatima MOSSADEQ

     

     

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