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    Economie

    Le Nobel d'Economie pour les produits dérivés

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Ce sont les produits financiers, mais pas seulement eux, qui ont eu la vedette pour le Nobel d'Economie de 1997.


    En travaillant sur les produits dérivés, Robert C. Merton et Myron S. Schole ont décroché le Nobel 1997. Le Prix leur sera remis le 10 décembre prochain à Stockholm.
    En réalité, le Prix Nobel d'Economie n'a pas été créé par Nobel lui-même. Ce prix est une création de la Banque centrale de Suède, la Riskbank, en 1969.
    Un troisième chercheur partage avec Merton et Schole la gloire du prix. Fischer Black, disparu en 1995, a été associé à la distinction par l'Académie Royale de Suède. Il a en effet participé aux travaux avec les deux autres chercheurs.

    Ces travaux portent sur l'analyse des produits dérivés en particulier et l'évaluation des instruments financiers en général. Il s'agit d'une «formule novatrice», selon les termes de l'Académie de Suède, pour estimer la valeur des options sur actions. En fait, ces découvertes trouvent des champs d'application plus vastes en sciences économiques, ce qui est d'ailleurs souligné par l'Académie.
    Les instruments financiers dérivés, ou «produits dérivés», ont connu de forts développements au cours de la décennie actuelle. Ils sont aussi à l'origine de quelques accidents boursiers relativement graves. Les travaux des deux Nobel 1997 portent donc sur l'analyse de la valeur des produits dérivés, ce qui les rend plus fiables qu'ils n'étaient au moment de leur apparition, il y a un peu plus de dix ans. Les produits dérivés ont acquis, paradoxalement, des vertus de stabilisation des marchés primaires. Les travaux des Nobel ont facilité la «gestion efficace des risques», note l'Académie de Suède: Black, Merton et Schole ont «démontré qu'il n'était pas nécessaire de considérer la prime de risque pour évaluer l'option. il suffit de se servir du taux d'intérêt dépourvu de risque, ce qui n'entraîne pas la disparition de la prime de risque mais son intégration dans le prix de l'action».

    Connu sous le nom de formule de Black-Schole, le résultat des travaux est utilisé à grande échelle depuis quelques années par les opérateurs des marchés financiers. Cette formule a permis de rendre ces marchés moins dangereux, donc favorisé leur développement. Elle uniformise l'évaluation des titres de créance sur l'entreprise, quelle que soit leur forme, du banal emprunt jusqu'aux produits complexes comme l'option sur action, ou l'action à dividende prioritaire (les produits complexes n'existent pas ou pas encore au Maroc). Il s'est produit des extensions d'application depuis deux ou trois ans. La formule est aussi employée dans les produits d'assurances, ce qui a incidemment renforcé la concurrence entre les produits dérivés en bourse et les produits d'assurance classique: la formule crée un pont d'évaluation pour passer des uns aux autres, décloisonnant donc des marchés et permettant leur développement rapide. En ce moment, l'extension gagne les décisions d'investis-sements prises par les banques.
    Robert Merton enseigne la «business administration» à Harvard (Boston, sur la côte est). Schole enseigne la finance à Stanford (Californie).


    Large domination des recherches américaines


    Depuis 28 ans qu'il existe, le Nobel d'Economie, doté d'un prix d'environ 1 million de Dollars pour cette année, est allé 26 fois à des chercheurs américains. En général, les travaux américains primés sont assortis de développements économétriques, y compris lorsqu'ils traitent de phénomènes complexes tels que le développement ou les cycles économiques.
    Les travaux des Nobel américains trouvent des applications rapides dans l'activité économique. Ils sont donc fréquemment relayés par les associations d'opérateurs et par la presse spécialisée. C'est pourquoi ils sont connus du public averti avant même d'obtenir une reconnaissance internationale via le Nobel. Tous font en principe l'objet d'enseignements universitaires, partout dans le monde, avant même de se voir décerner leur prix.
    Les plus célèbres sont Paul Samuelson («nobélisé» en 1970), Simon Kuznets (1971), Kenneth J; Arrow (1972), Wassily Léontief (1973), Milton Friedman (1976), Gérard Debreu (1983), Franco Modigliani (1985) James McGill Buchanam (1986) Robert Solow (1987), John Harsanyi-John Nash (1994) et Robert Lucas (1995).

    Nadia SALAH


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