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    Economie

    Promotion des exportations: Trois cas d'école

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    Les performances de la Malaisie, du Chili et de l'Irlande dans le domaine des exportations prouvent qu'il n'y a pas de fatalité. Les trois pays ont su tirer très tôt parti de leurs atouts.


    Le plan d'action sur lequel planchent les exportateurs marocains table sur une croissance annuelle des ventes de 9% pour les dix prochaines années. Un objectif ambitieux mais réalisable, au regard des prouesses réalisées par des pays comparables. Une différence toutefois: la Malaisie comme le Chili se sont mis à la tâche dans les années 70 et l'Irlande dans les années 80.
    Dans tous les cas, la future stratégie devra viser plusieurs objectifs: rehausser la compétitivité des produits en mettant l'accent sur la recherche technologique et la facilitation commerciale; trouver de nouveaux marchés et favoriser des alliances stratégiques pour pénétrer de nouveaux marchés.
    L'expérience chilienne illustre bien la démarche. Outre les mesures traditionnelles de libéralisation de l'économie et de désengagement de l'Etat, le Chili a mis dès le départ l'accent sur les programmes spéciaux, le but poursuivi étant de diversifier les exportations et réduire sa dépendance vis-à-vis des ventes de cuivre. La priorité a ainsi été accordée aux produits agricoles, aux produits de la mer et aux produits forestiers. Résultat: les exportations hors-cuivre sont passées de 272 millions à 4,5 milliards de Dollars entre 1970 et 1990.

    Capital-risque

    L'autre axe stratégique a consisté à créer des agences gouvernementales dont la mission est d'identifier les secteurs porteurs, d'arrêter des objectifs précis et d'améliorer la technologie. Ainsi, la Fundacion Chile, créée avec l'aide de la société américaine ITT, a joué un rôle moteur dans le développement des technologies agricoles et du traitement des ressources naturelles. "Il ne faut pas hésiter à adapter la technologie étrangère en évitant de tout recréer localement", souligne M. Galeb Salomon de la Fundacion Chile lors du séminaire organisé par l'ASMEX et le CMPE avec l'appui du MCIA et de la Banque Mondiale(1). De plus, les techniques doivent être complètement orientées vers la satisfaction de la demande extérieure. Donc, autant favoriser la coopération étrangère dans ce domaine. Sur le terrain, la Fundacion Chile opère comme une société de capital-risque. Une fois le projet sur les rails, elle le vend aux opérateurs privés et lance d'autres expériences. Il en a été ainsi des unités de production d'huîtres, du saumon et plus récemment de turbot. Outre le transfert technologique, les programmes de coopération avec les pays partenaires favorisent le tissage de liens directs entre opérateurs. Par cette démar-che, la Fundacion Chile a promu plus de 55 produits agricoles et facilité la pénétra-tion des vins chiliens aux USA.

    Incitations et performances

    La Malaisie a pour sa part misé sur l'investissement étranger direct (IED) et la facilitation des procédures. L'implication directe du gouvernement s'est traduite par des efforts de promotion de l'IED dans les secteurs tels que l'électronique, l'électro-ménager, l'automobile et plus récemment dans la technologie de l'information et les services. "L'Etat accorde des incitations spécifiques sur la base des performances et consent des investissements complémentaires en termes de formation des employés", précise M. Cheng Suan Lee, directeur général de la Fédération Malaisienne des Entreprises Manufacturières. Le succès du Centre de développement des qualifications de Penang axé sur la formation de la main-d'oeuvre en l'électronique en est la preuve. Aujourd'hui, les principaux exportateurs de la Malaisie sont des entreprises étrangères qui écoulent leurs produits au Japon, à Taiwan et aux USA.

    L'Irlande a également mis l'accent sur les IED et la qualification de la main-d'oeuvre. De plus, ce pays qui compte 3,6 millions d'habitants, dont 41% âgés de moins de 25 ans, a su tirer le meilleur parti de son arrimage à l'Europe. Sa priorité: attirer les leaders mondiaux dans un nombre limité d'industries à forte valeur ajoutée comme le logiciel informatique et la technologie de l'information. "Au préalable, il a fallu réaliser un consensus national pour que ces secteurs soient perçus comme vitaux et inculquer un nouveau concept, celui de plate-forme d'exportation de l'UE", explique l'expert irlandais David O'Donovan. Selon lui, la périphérie n'est pas un obstacle en soi si le pays met tout en oeuvre pour attirer les IED. Ainsi, en 1995, Microsoft a doublé ses capacités en Irlande. "Ce qui a eu un effet d'entraînement sur d'autres sociétés leaders". Aujourd'hui, l'Irlande compte 1.183 entreprises étrangères qui créent 115.000 emplois directs et contribuent pour 40% des exportations. Les sociétés américaines arrivent en tête avec 10 milliards de Dollars d'investissements.
    En définitive, l'Etat n'a pas eu à faire de grandes concessions. Sa mission a consisté essentiellement à créer et assurer le fonctionnement d'une agence unique de promotion des IED et d'un conseil des exportations irlandaises.

    Mouna KABLY

    (1) Cf L'Economiste n°309 du 18/12/1997

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