Economie

R&D: Immersion des scientifiques dans l'entreprise

Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

Stimuler l'esprit d'innovation. Tel est l'objectif de l'Association Recherche et Développement. Pour cela, elle lance une expérience-pilote sur 14 projets.


Pour son expérience pilote, l'Association Marocaine pour la Recherche-Développement, qui compte parmi ses membres les grands groupes, aura sélectionné pas moins de 14 projets. Ces derniers ont été choisis parmi les 32 proposés pour leur caractère particulièrement innovant.
Les projets de recherche touchent des entreprises de différents secteurs et villes. Ils seront suivis par l'Association qui apporte un appui financier à hauteur de 50% du financement total. La plafond des projets est fixé à 1 million de DH pour une durée de réalisation n'excédant pas 3 ans.
Concrètement, l'opération consiste, après l'étude et l'évaluation du projet, à créer un pont avec un établissement de recherche qui peut être un institut, une université ou une école. Le chercheur qui travaille sur le projet sera recruté par l'entreprise durant cette période.
Les entreprises ciblées par l'Association sont les PME/PMI en avance technologiquement et qui ont déjà un bon taux d'encadrement.

L'objectif de cette action est de sensibiliser les opérateurs à l'innovation et par voie de conséquence à l'absolue nécessité de la recherche et du développement. En fait, "peu de dirigeants y sont sensibles. La culture de la recherche est peu fréquente", explique M. Rachid Benyakhlef, vice-président de l'Association.
Quatre vecteurs pour réaliser cet objectif: soutenir l'innovation, introduire une activité de recherche et développement à l'intérieur de l'entreprise, amener celles-ci à garder le chercheur pour une durée déterminée et enfin établir une passerelle avec l'extérieur.
Une fois la crédibilité de cette démarche démontrée, l'Association compte généraliser l'expérience. Pour cela, il sera nécessaire de mettre en place un fonds de soutien à l'innovation. "Ce fonds pourrait être alimenté à partir des deniers publics et par la coopération», indique M. Benyakhlef.
Sur le principe, la demande en a été faite et acceptée par la Primature. Quant aux modalités pratiques, elles sont pour l'heure encore à l'étude. Ce type d'expérience existe déjà dans des pays comme Israël ou la France où le financement s'effectue à 50% par le retour des fonds avancés.

Quelques projets à la loupe


Globalement, les 14 projets concernent les secteurs de l'artisanat, les matériaux de construction, l'électromécanique, l'agro-alimentaire, les services, l'horticulture, la papeterie et l'énergie. Outre la région de Fès où il y a un gisement d'innovations, les villes de Casablanca, Tanger, Agadir et Meknès ne sont pas en reste.
- La Société des Tanneries Groupées travaille avec la Faculté des Sciences de Casablanca sur le traitement des rejets liquides des tanneries. Coût du projet 300.000 DH.
- La société Nassimo El Ourde et le Centre National de la Recherche Forestière collaborent avec l'Ecole Supérieure de Technologie de Casablanca pour valoriser les huiles essentielles. Le coût du projet est de 367.000 DH.
- A Fès, c'est l'artisanat qui est à l'honneur. L'ADER et les sociétés Mouquarnas et Miamar-Ecores développent en partenariat avec l'Ecole Supérieure de Technologie des process pour la production de plaques fines de zellij. Le coût estimatif de ce projet est de 500.000 DH.
- Ces mêmes opérateurs travaillent également sur un autre projet sur l'étanchéité des murs en maçonnerie. L'objectif est d'arrêter les montées d'humidité. Le projet est d'un coût similaire.
- La société Electromen à Fès travaille toujours avec la même école pour la conception et la réalisation d'un prototype de machine à laver et essorer économique pour usage domestique. Le coût est de 200.000 DH.
- Dans le domaine de l'éner-gie, l'entreprise de construction électrique d'appareillage de comptage développe avec ce même Institut à Fès des compteurs de mesure pour la basse tension. Le coût s'élève à 600.000 DH.
- Avec le même établis-sement, la société Safripac étudie le traitement et la valorisation des déchets solides de papeterie ainsi que l'épuration et le recyclage des eaux de rejets industriels. Le projet s'élève à 240.000 DH.
- A Berrechid, la société Union Cérame en partenariat avec la Faculté des Sciences de Casablanca étudie «la stabilité des suspensions de barbotines céramiques». Le projet est estimé à 400.000 DH.

Fatima MOSSADEQ

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