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    Le pari de la couverture des «gens de mer»

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    La campagne de sensibilisation au produit Addamane Al Bahri se poursuit dans les ports. La viabilité du régime d'assurance proposé dépendra du degré d'adhésion des «armateurs et pêcheurs». Les prochaines semaines seront décisives.


    Après les ports du Nord, la campagne de sensibilisation à la couverture Addamane Al Bahri doivent cibler les villes de Casablanca, El Jadida, Safi et Essaouira. Ces tournées revêtent une grande importance: la viabilité du régime dépendra du degré d'adhésion à cette assurance.
    Il s'agit en tout de couvrir armateurs et pêcheurs en assurance de personnes, de prêts et en assurance maritime corps de pêche. Le marché potentiel est estimé à 45.000 marins, 25.000 armateurs et plus de 2.500 navires de pêche côtière, seul secteur concerné dans une première étape, car «plus maîtrisable et mieux organisé que la pêche artisanale».
    Le financement du régime est assuré par un prélèvement de 2% sur les ventes brutes de chaque bateau. Ce prélèvement va alimenter un fonds de péréquation géré conjointement par l'Office National des Pêches (ONP) et la Confédération Nationale de la Pêche Côtière, les contractants en l'occurrence. Les assureurs sont la CNIA et la CNRA (qui n'intervient que pour la retraite, le décès et la couverture de prêts).
    La pérennité de ce fonds dépendra, et là résident à la fois l'avantage et l'inconvénient du régime, d'une double solidarité.

    D'abord entre les différents ports du pays. Les prises effectuées par chaque bateau ne sont pas uniformes et donc les cotisations aussi. Ensuite, entre les armateurs et les marins pêcheurs. Pêcheurs et armateurs ont des besoins d'assurance différents. Les premiers sont plus demandeurs de la couverture de personnes (quoiqu'ils furent un peu déçus de ne pas y voir intégrer la garantie maladie). Celle-ci constitue d'ailleurs l'ossature du produit d'Addamane Al Bahri. Les armateurs, eux, sont plus intéressés par la couverture maritime corps de pêche. Selon des estimations officielles, 20% seulement des bateaux de la pêche côtière seraient assurés. Pour pouvoir prétendre à l'assurance corps de navire, la souscription à la couverture de personne par l'armateur est une condition sine qua non. L'assurance de prêt, destinée aux armateurs, elle, est facultative.

    Trois garanties sont proposées à ce niveau: «Perte totale et délaissement» (PTD), «franc d'avaries particulières sauf» (FAP sauf) et «Tous risques». Quant aux primes, «calquées sur les tarifs européens», elles sont respectivement de 1,80 à 3,50% pour la PTD, 2,52 à 4,90% pour la FAP sauf et de 2,88 jusqu'à 3,04% pour la tous risques. Ces tarifs ont été élaborés en tenant compte des 2.500 unités potentiellement assurables. Pour la CNIA «cette garantie pourrait être viable aux alentours de 1.500 unités», l'objectif étant d'assurer 2.000 bateaux au bout de deux ans. Des attestations de navigabilité seront exigées par les assureurs de manière à favoriser une meilleure estimation des valeurs assurées (une des principales contraintes en assurance maritime). Pour M. Brahim Elakkaf, directeur général-adjoint de la CNIA, le caractère facultatif du produit Addamane al Bahri ne constitue pas réellement une contrainte: «La mobilité dans le secteur de la pêche est importante. Les marins privilégieront les armateurs qui adhèrent à ce produit».

    Résistances à Agadir


    Le port d'Agadir sera une des prochaines étapes des campagnes de sensibilisation à Addamane Al Bahri. Les discussions autour de la couverture des «gens de la mer» risquent de s'y avérer houleuses. Dans un virulent communiqué, en date du 25 septembre, le syndicat des marins de la pêche côtière à Agadir, tendance UMT, s'oppose en effet à toute souscription à cette assurance. Le syndicat, qui, au préalable, rappelle les principales composantes du produit Addamane Al Bahri, déplore, notamment «l'absence de concertation, par rapport aux marins pêcheurs principaux concernés, ayant caractérisé la signature de la convention entre les sociétés d'assurance, l'ONP et la CNPCM». Par ailleurs, le document ajoute que le prélèvement de 2% sur la valeur des ventes brutes ne tient pas compte notamment des «contraintes de mobilité qui caractérisent ce secteur». Ce qui ôte, selon le même communiqué, à la souscription tout «caractère facultatif».


    Résistances à Agadir


    Le port d'Agadir sera une des prochaines étapes des campagnes de sensibilisation à Addamane Al Bahri. Les discussions autour de la couverture des «gens de la mer» risquent de s'y avérer houleuses. Dans un virulent communiqué, en date du 25 septembre, le syndicat des marins de la pêche côtière à Agadir, tendance UMT, s'oppose en effet à toute souscription à cette assurance. Le syndicat, qui, au préalable, rappelle les principales composantes du produit Addamane Al Bahri, déplore, notamment «l'absence de concertation, par rapport aux marins pêcheurs principaux concernés, ayant caractérisé la signature de la convention entre les sociétés d'assurance, l'ONP et la CNPCM». Par ailleurs, le document ajoute que le prélèvement de 2% sur la valeur des ventes brutes ne tient pas compte notamment des «contraintes de mobilité qui caractérisent ce secteur». Ce qui ôte, selon le même communiqué, à la souscription tout «caractère facultatif».

    Mohamed BENABID

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