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    Vetma: L'ombre de la Douane planait partout

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Les top-models étaient belles, les donneurs d'ordre se sont donné la peine de faire le déplacement. Les textiliens sont contents. Que peuvent-ils demander de plus? Bien que la Douane ait été absente du salon, on la voyait partout.

    L'édition marocaine de Vetma, le salon de l'Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement (AMITH), a connu un franc succès. L'Espace Toro qui, comme à l'accoutumée, a accueilli cette manifestation les 21, 22 et 23 octobre a été entièrement occupé par les 125 entreprises exposantes.
    La nouvelle vigueur retrouvée est manifeste. En plus du nombre des exposants, la diversité des métiers représentés exprime bien l'optimisme qui règne désormais dans le secteur.
    Plus de 120 sociétés appartenant à toute la filière textile-habillement ont exposé leurs produits. Une partie représentée par les confectionneurs expose pour les visiteurs étrangers, tandis que l'autre, représentée par les sociétés situées en amont tentent de séduire les premières par les accessoires, les machines, les systèmes informatiques notamment.

    Côté visiteurs étrangers, le compte est satisfaisant, de grands noms de l'habillement ont fait le déplacement de France, d'Italie, d'Espagne et du Royaume-Uni. Toutefois, souligne M. Rachid Soulimani, le directeur général de Ménara Confection sise à Marrakech, le nombre des visiteurs n'est pas aussi important que leur qualité. Selon lui, il suffirait d'avoir un ou deux visiteurs sérieux et intéressés. La réflexion est communément partagée. Il est à rappeler que l'objet du Vetma est de mettre en contact des donneurs d'ordre et des sous-traitants. Pour atteindre cet objectif, l'Amith a mis le paquet cette fois. L'animation a été rehaussée par les différents défilés de mode organisés tout au long de l'exposition.
    Si, à première vue, les exposants donnent une image de satisfaction, leur humeur vire à 180 degrés lorsqu'ils abordent la question des conditions de travail et notamment de l'environnement de l'entreprise. Première accusée, la Douane. «J'ai envie de leur tirer dessus», éclate un confectionneur qui a préféré garder l'anonymat. Pour lui, toutes les tracasseries viennent de là. Auprès de l'Amith, la confirmation est sans appel. «Voyez les exposants, leur nombre montre bien qu'ils ont la volonté de travailler, malheureu-sement l'environnement ne les aide pas».

    Tissus humides

    Principal problème, les régimes économiques en Douane et les procédures qu'ils impliquent. La méthode des mesures n'est pas des moindres, explique M. Soulimani qui est aussi vice-président de l'Amith de Marrakech et de la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM). Alors que ses clients lui envoient des tissus au mètre, lui, il doit réexporter en poids.
    Or, Il est difficile, insiste-t-il, de faire la conversion, d'autant plus que le poids dépend même des conditions climatiques: l'humidité alourdit le tissu. «Allez dans ce cas l'expliquer aux douaniers qui ne voudront rien savoir». Plus encore, le système des contrôles des quantités réexportées pose toujours problème. Sur ce point les textiliens envient leurs homologues tunisiens qui bénéficient d'un traitement que le Maroc gagnerait à adopter. Il s'agit de «l'entreprise exercée». Par ce système, la Douane tunisienne détache à temps plein un cadre auprès de chaque entreprise. Celui-ci dispose d'un bureau et des doubles des clés des magasins. Ainsi, il suit quotidiennement le mouvement des stocks.

    La compétitivité du textile marocain est tributaire de la disposition du gouvernement à lui préparer le terrain. Le secteur représente une bonne part du tissu industriel du pays.
    Les 1.458 entreprises qu'il regroupe représentent 23% des entreprises de l'industrie de transformation, 38% des effectifs et 16% de la production. Par ailleurs, elles participent à hauteur de 17% à la valeur ajoutée et de 24% aux investissements. En fin dans un pays qui se veut toujours plus ouvert sur le marché internatinal, le textile-habillement offre des opportunités intéressantes.
    La recherche des débouchés extérieurs est d'ailleurs la raison d'être du Vetma dont les versions française, allemande et britannique sont entrées dans les moeurs des confectionneurs marocains.


    Le modèle tunisien pour doubler le chiffre d'affaires

    Les entreprises marocaines du textile qui aimeraient bénéficier du même traitement que celui appliqué par l'Administration des Douanes de Tunisie se déclarent prêtes à prendre en charge le recrutement, la formation et les salaires des cadres qui seraient détachés par la Douane. «Nous sommes prêts à le faire, d'autant que les charges mensuelles afférentes à cette mesure sont de loin inférieures à ce que coûte le système actuel», argumente un sous-traitant lié au marché anglais, soulignant que les opérations douanières lui coûtent chaque mois plus de 15.000 Dirhams.
    En attendant que ces amélio-rations soient introduites, les textiliens passent leur temps à essayer d'éviter les problèmes.

    La question lancinante qui occupe actuellement les habilleurs de l'Europe est la caution. «Quelle soit bancaire ou mutuelle, c'est du pareil au même», lance M. Robert A. Lenga, le PDG de Virgo Maroc, société à capitaux belges installée au Maroc il y a 5 ans. «Normalement, c'est le client étranger qui devrait demander cette caution, dit-il, car c'est lui qui doit être assuré de récupérer son tissu». La caution est une aberration selon un spécialiste du sportswear.
    Tous ces problèmes n'empê-chent pas les industriels de travailler. Pour preuve, «ils vont aux salons». Mais «si ces problèmes admi-nistratifs disparaissent, nous pourrons consacrer plus de temps à l'aspect commercial et doubler notre chiffre d'affaires dans un délai de 3 ans», indique M. Soulimani.
    Les opérateurs mettent toujours en avant l'intérêt de leur secteur par rapport à l'industrie marocaine. Il leur plaît de montrer ses chiffres espérant que le gouvernement prenne conscience de son importance et donc du danger de ne pas être compétitif. Le secteur employait 176.500 personnes en 1996 et a réalisé un chiffre d'affaires à l'export de 13 milliards de Dirhams sur une production de 21,5 milliards.

    Hakim ARIF

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