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    Economie

    Le développement rural intégré s'étend à un 3ème massif

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Après Bab Berrad et Bab Taza, l'UE lance avant la fin octobre le troisième projet dans le massif de Talasamtan, dans la Province de Chefchaouane. Une enveloppe de 5 millions d'Ecus (environ 55 millions de DH) est mobilisée.


    «LE succès du projet ne se mesure pas par les superficies cultivées mais par le niveau de changement des mentalités qu'il induit». Pour M. Rafaél Dotchao Moreno, chargé des programmes de coopération à la Délégation de l'Union Européenne à Rabat, cette idée est la clé de voûte des projets de développement rural intégré, particulièrement «Gef Rif» (gestion des écosystèmes forestiers dans le Rif). Pour ce projet, deux massifs touchés par la culture du kif ont été sélectionnés à titre expérimental: Bab Berrad et Bab Taza. Chaque massif comptait une centaine de douars. Dans les deux, les paysans coupaient le bois pour dégager de l'espace afin de cultiver le cannabis. Ce système de coupes graduelles dans la forêt accélérait l'érosion. Pour la réalisation de ce projet, chaque douar met sur pied un comité. Les représentants des douars se réunissent par la suite en assemblée et choisissent un comité du massif.
    L'idée essentielle est d'impliquer totale-ment les populations, depuis l'identification des projets à leur mise en oeuvre.
    Ce projet comprend une composante de vulgarisation ainsi que des études ayant abouti à l'élaboration d'un schéma-directeur de produits et de potentiels des filières à développer dans la région. Les expériences menées ont en effet montré que des produits pouvant se substituer à la culture du cannabis existaient. Leur culture augmentera les revenus des paysans, confie M. Dochao Moreno. Il s'agit des plantes aromatiques, des champignons, des caroubiers et de l'apiculture.
    Cependant, les résultats tangibles d'un tel projet ne sont visibles qu'après une période de 6 ans.

    Esprit ONG


    Dans les deux massifs, les populations ont vu pour la première fois comment leur vécu quotidien se transformait progressivement. Pour étayer sa thèse, M. Dochao Moreno donne l'exemple de la fabrication du pain et le temps que les femmes passent dans la forêt à ramasser le bois. Les femmes ont commencé à préparer du pain collectivement dans un même four. Cette nouvelle organisation au sein du douar a permis une réduction de 30% de la consommation de bois et une diminution de 80% du temps passé à faire le pain. Avantages: le temps économisé sera consacré à l'éducation des petites filles. L'environ-nement de la forêt s'en trouve protégé.
    En fait, reconnaît le responsable européen, l'objectif final est de parvenir à une meilleure gestion de la forêt, puisque les anciennes méthodes ont réduit de plus de la moitié la superficie de la forêt. Ceci a poussé les responsables à établir des bornages des limites au-delà desquelles la forêt devient intouchable. Il explique que le projet de «Gef Rif» a aménagé une piste dans chaque massif pour permettre par exemple aux camions d'accéder aux douars reculés afin de pouvoir utiliser les butanes.
    «Nous sommes arrivés à des changements de mentalités des populations. Ce changement est également visible dans leur relation avec l'Administration». Il s'agit de créer un esprit ONG, volontariste de ces types de fonctionnaires». Il affirme que le projet disposait à peine de moyens pour ne financer qu'une seule piste par massif. Les populations se sont montrées disposées à participer aux frais de l'aménagement en fonction de la distance qui sépare les propriétés de la piste et des moyens dont elles disposent.
    Pour l'eau potable, même principe: payer la consommation. Dans chaque douar, les bénéficiaires ont créé une association des usagers de l'eau et nommer une personne chargée de la maintenance.
    Il est à signaler que ce premier projet a nécessité la mobilisation de 2,5 millions d'Ecus, soit environ 28 millions de DH financés par une subvention de la Commission Européenne.
    Un projet similaire qui mobilisera la même enveloppe financière démarre vers la fin octobre. Il concerne un troisième massif de Talasamtan dans la Province de Chefchaouane. Ce projet compte créer un parc national avec une composante de tourisme rural. Les cultures alternatives dans cette région seront les pommiers, les poiriers, les avocatiers et les vignes.

    Mohamed CHAOUI

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