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    La RMA, groupe Benjelloun, rachète 14% de la BMCI au groupe ONA

    Par L'Economiste | Edition N°:117 Le 17/02/1994 | Partager

    Le groupe Benjelloun a racheté, au travers de la Royale Marocaine d'Assurances, 14% du capital de la BMCI pour un montant global de 75 millions de DH.

    Un paquet de 300.000 titres de la BMCI, représentant 14% du capital de cette banque, vient donc de passer de la Compagnie Africaine d'Assurances à la Royale Marocaine d'Assurances. La cession a été signée lundi 14 février 1994. Il ne s'agit pas d'une simple opération de vente de titres entre deux compagnies d'assurances, mais d'une redistribution financière entre deux groupes privés, autour de ce qui a été, il y a une quinzaine d'années, l'une des 4 premières banques de la place, mais qui a laissé se perdre son rang.

    Pôle bancaire dans le groupe Benjelloun

    En effet, la RMA, compagnie d'assurance moyenne mais saine, avec 350 millions de C.A. en 1993, relève du groupe de MM. Othman et Omar Benjelloun. Ce groupe détient près de 100% du capital de la RMA, dont M. Abbès Benjelloun, le père, avait été l'un des fondateurs en 1949.

    Le groupe Benjelloun, avec un C.A. consolidé d'environ 9 milliards de DH en 1993, a un pôle bancaire important à travers la RMA, avec 8% de la BCM, 5% de la Citibank, 5% de la BMCE et 3% de la BNDE. Avec l'accord de la BNP, la Royale Marocaine d'Assurances, dont le président est M. Othman Benjelloun, reprendra les deux postes d'administrateurs qu'avait la CAA. Les commentaires que fait M. Benjelloun à propos de l'acquisition donnent à penser que le groupe ne conçoit pas sa présence comme un simple placement de l'argent de ses assurés. Au contraire, il entend suivre l'augmentation de capital en préparation, être plus proche de la banque qui aborde sa restructuration.

    Selon toute apparence, l'arrivée du groupe Benjelloun, bien que soudaine agrée l'état-major parisien de la BNP et de la BNP Internationale (qui détient les parts de la BNP dans la BMCI, lesquelles sont majoritaires).

    Cession amicale

    Des contacts ont été pris, le vendredi 11 février 1994, à Paris, avec M. Vincent Deroux, PDG de la BNPI, depuis l'automne dernier. M. Othman Benjelloun indique qu'il s'agissait de ses premiers contacts avec la BNP. Les observateurs font remarquer que les rencontres ont été organisées par l'ONA, qui contrôle la CAA. Ces mêmes observateurs interprètent l'attitude de l'ONA comme une volonté de "cession en douceur" et une démonstration du "caractère amical" de la reprise des titres BMCI par le groupe Benjelloun. C'est d'ailleurs le mot "alliance" qui vient à l'esprit de M. Benjelloun quand il cherche à qualifier la nouvelle relation de la RMA avec la BNP à travers la BMCI. En outre, il n'est pas fâché de faire remarquer, au passage, la multiplicité des liens internationaux de son groupe: américains avec Westinghouse ou Général Motors, suédois avec Volvo, allemand... et dorénavant français avec la BNP.

    Pour M. Benjelloun, la BMCI "a été victime d'interprétations erronées quant à sa situation réelle". Il la considère comme une banque à "très fort potentiel" et juge la restructuration comme "naturelle". Il teinte même ses objectifs d'un élan nationaliste et estime qu'en deux ans de travail la banque peut "retrouver sa place". n considère que M. Mustapha Faris, pressenti pour être président de la BMCI à partir du printemps prochain, est un bon choix, mais ne se prononce pas sur le départ de M. Omar Akalay.

    Stratégie de consolidation à l'ONA

    Auprès de la Compagnie Africaine d'Assurances, troisième compagnie de la place et regardée comme un élément structurant dans le redressement du secteur, il est indiqué que la mise en vente du paquet BMCI est récente: "Tout au plus depuis la mi-janvier", affirme Moulay Hafid Elalamy, directeur général de la CAA . "Nous avions une préférence pour un acheteur marocain, mais nous souhaitions qu'il s 'agisse d'un opérateur capable de s'investir auprès de la BNP dans l'avenir de la BMCI", ajoute-t-il. La transaction par cession directe faite au cours de la Bourse, soit 250DH. Les observateurs boursiers indiquent que, depuis le début de l'année, il n'y a pas eu de transactions suspectes sur le titre pouvant donner à penser qu'acheteur ou vendeur aient modifié sciemment la tenue du cours.

    Il va de soi que cette transaction entre la CAA et la RMA s'est faite, sinon sur impulsion, au moins avec l'assentiment clairement marqué de l'état-major du groupe: ni l'ONA, ni le groupe Benjelloun, ni la BMCI ne sont des acteurs anodins sur le marché marocain. De son côté, la BNP, qui devient une banque privée après avoir été la première banque publique, n'est pas non plus un acteur anodin dans les relations maroco-françaises.

    Le groupe ONA considère sa présence dans la BMCI, au travers de la CAA, comme le produit d'un hasard ancien qui ne correspond plus à la stratégie actuelle, d'un holding de développement. En outre, indique M. Fouad Filali, président-directeur général de l'ONA, "nous préparons notre plan 1995-1998, qui sera un plan de consolidation" de la croissance réalisée depuis 1987. A ses yeux, ceci exclut les dispersions de participations.

    N.S.

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