×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    La MATU ouvre ses livres de comptes

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Pas facile d'assurer 3.000 cars et 800 bus, surtout que ces engins sont connus par leur forte sinistralité. Pour la première fois, le principal assureur du transport public des voyageurs dévoile ses chiffres.


    Lorsqu'au milieu des années 80, une poignée de transporteurs, et à leur tête Hadj Mohamed Hakam, président-fondateur, décidèrent de créer leur propre mutuelle d'assurances, les observateurs ne donnaient pas cher de la peau de la MATU (Mutuelle des Assurances des Transporteurs Unis). Et pour cause, il s'agissait d'assurer le TPV (transporteur public des voyageurs) un risque catastrophique, honni par toutes la compagnies de la place, et qui avait été, notamment, à l'origine des déboires des cinq sociétés en liquidation.
    Plus de 10 ans après, la MATU est toujours là. Mieux elle s'ouvre aussi à la transparence.
    La mutuelle, et il fallait s'y attendre, est déficitaire, en raison du problème de la sous-tarification automobile et des arriérés de payement et de la forte sinistralité. Le déficit technique atteint près de 15% du chiffre d'affaires, soit 110 millions de DH en 1996. Les rapports S/P varient de 90 à 120% pour les cars et de 150 à 160% pour les bus. Les réserves techniques, elles, sont de 900 millions de DH, couvertes par des valeurs admises par l'Etat à hauteur de 90% (le reliquat représente le déficit technique). Les produits financiers représentent 60% du chiffre d'affaires.
    Indépendamment même des problèmes tarifaires et de la forte sinistralité qui prévalent, la persistance des déficits chez la MATU peut paraître paradoxale. Il s'agit en effet d'une mutuelle, donc sans but lucratif. Tout déficit peut être financé, en principe, par un appel de cotisations, d'autant plus que celles-ci sont variables dans le cas de la mutuelle des transporteurs. Des contraintes sont signalées par M. Mohamed Benyamna, directeur général de la MATU. «En raison de la concurrence, nous ne pouvons pas augmenter indéfiniment nos tarifs». En revanche, la mutuelle est, selon lui, plus éligible à une aide de l'Etat qu'une entreprise commerciale. Allusion au plan de redressement que la MATU a été invitée à présenter au Ministère des Finances.

    Assurance sociale


    Alarmante la situation de la MATU? Pas tellement pour le directeur général. «Dans la mesure où ne pouvions pas atteindre l'équilibre, nous nous sommes attelés à réduire notre déficit». D'abord à travers la réduction des frais généraux qui atteignent la moitié de celles des compagnies d'assurances (performance due notamment à l'absence de frais d'intermédiation).
    Ensuite, à travers le principe de «l'assurance sociale» cher à M. Benyamna. En effet, à côté des garanties traditionnelles RC automobiles et risques accessoires (incendie auto, défenses et recours, etc), la MATU propose aussi à ses sociétaires la souscription à l'accident de travail, l'assurance maladie et l'incendie, notamment. Des branches pour lesquelles la souscription est de plus en plus rendue systématique. Il ne s'agit pas d'une obligation légale mais d'une «obligation mutualiste» (décision approuvée par l'As-semblée générale). Aujourd'hui, la part de ces risques divers reste faible dans le portefeuille de la compagnie: 15% pour l'AT et 5% pour les risques «divers» contre 80% pour les garanties automobile.

    «Autre motif de fierté»: la MATU est la première société à traiter des transactions amiables. Celles-ci représentent 30% dans les charges des sinistres alors que la moyenne du marché est de 10%.
    La MATU est le premier assureur des cars et des bus privés. Les parcs assurés sont respectivement de 3.000 véhicules pour les cars et 800 pour les bus. Ces chiffres progressent de 10 à 15% chaque année. Les bus publics ne sont en revanche pas assurés, car «ce sont de mauvais payeurs». Les taxis non plus: «Il n'ont pas compris la nécessité d'adhérer au principe de l'assurance sociale». Ils vont donc à la concurrence.

    Mohamed BENABID

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc