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Energies renouvelables: «Le Maroc possède un important gisement de ressources inexploitées»

Par L'Economiste | Edition N°:1872 Le 11/10/2004 | Partager

Martin Schöpe, chargé des énergies renouvelables au ministère fédéral allemand de l’Environnement à Berlin, livre à L’Economiste l’expérience de son pays dans ce domaine. Selon lui, le Maroc regorge de potentialités naturelles qu’il faut exploiter pour produire une énergie fiable et stable. Si le coût semble élevé aujourd’hui, l’investissement demeure le meilleur choix pour éviter de dépendre des importations dans quelques années.- L’Economiste: Comment s’est concrètement traduite la politique des énergies renouvelables en Allemagne?- Martin Schöpe: L’intérêt de l’Allemagne pour les énergies renouvelables remonte au début des années 90. Nous avons doublé la part d’électricité produite à partir des énergies renouvelables de 4,7% à presque 10% aujourd’hui en l’espace de 5 ans. Nous avons récemment décidé d’abandonner l’énergie nucléaire et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. C’est pour cette raison qu’il faut remodeler la politique énergétique en Allemagne. C’est-à-dire, d’une part, augmenter l’efficacité des énergies et d’autre part, s’engager encore plus dans les énergies renouvelables. - Quel est l’impact de ces énergies sur l’économie allemande?- Il s’agit de toute une économie qui se profile en filigrane. Ce sont plus de 120.000 emplois qui ont été créés dans ce secteur, c’est-à-dire dans la production de différentes installations, que ce soit dans l’éolien, le biomasse ou le photovoltaïque, sans oublier que l’entretien des installations crée de l’emploi indirectement. Toutes rassemblées, ces activités réalisent un chiffre d’affaires d’à peu près 10 milliards d’euros par an. - Quelles sont vos perspectives?- L’Allemagne s’est fixée pour objectif d’augmenter le volume des énergies renouvelables par rapport à la consommation à plus de 12% et à 20% d’ici 2020. Cela s’inscrit en toile de fond pour deux grands challenges : l’Allemagne abandonnera complètement la filière nucléaire d’ici à 2020 et devra se soumettre aux exigences découlant du protocole de Kyoto, à savoir la réduction des émissions du gaz à effet de serre de 21% par rapport au niveau de 1990. Et cela sur la période allant de 2008 à 2012. Aujourd’hui, je peux dire qu’en quatre ans, nous avons sensiblement diminué ces émissions de 4%, passant de 15 à 19%. Nous ne sommes plus qu’à 2% du taux sur lequel nous nous sommes engagés à l’international.- Qu’est-ce qui a motivé votre choix pour ce type d’énergie sachant son coût onéreux? Pourquoi pas le nucléaire comme en France?- La France, surtout dans le secteur électrique, a préféré suivre la piste du nucléaire. Ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne. Les investissements d’aujourd’hui doivent être valables, fiables et économiques pour les 30 à 40 années à venir. Et ce dans l’objectif de réduire la dépendance vis-à-vis des importations. C’est le cas du Maroc d’ailleurs et de nombreux pays européens à l’exception du Royaume-Uni. Nous nous trouvons dans l’obligation de chercher des alternatives qui peuvent nous garantir une livraison d’énergie stable. C’est pour cette raison que nous avons choisi d’autres sources d’énergie, que ce soit l’éolien, le biomasse, la géothermie ou l’énergie solaire.C’est vrai que pour l’instant c’est plus cher. Mais les prix baissent considérablement au fur et à mesure que le secteur se développe. Ils ont chuté de 30%, pour le secteur éolien et de 50% pour le photovoltaïque sur les 5 dernières années et vont diminuer encore plus dans les années à venir grâce à la recherche et développement technologique. - Comment voyez-vous le développement de ces énergies au Maroc?- Le potentiel au Maroc est gigantesque et surtout peu utilisé. Le Royaume dispose de bonnes conditions pour que ces technologies soient développées et mises en place. Je suis sûr qu’avec le partenariat maroco-allemand, ce type d’énergie va se frayer un chemin. Nous constatons déjà des avancées notables. Par exemple, les parcs éoliens à Tétouan et les projets d’Essaouira et Tanger qui ont bénéficié de l’assistance internationale et des investissements financés par des organismes privés qui cherchent une alternative à la livraison de l’énergie traditionnelle.- Que propose concrètement votre pays au Maroc?- L’investissement me semble important dans deux secteurs. L’éolien où la banque allemande de coopération KFW s’engage à participer au financement des projets d’Essaouira et Tanger. Et le solaire qui est utilisé au Maroc, comme d’ailleurs en Inde, en cycle combiné avec le gaz provenant de l’Algérie pour une centrale thermique. Le Maroc a lancé un avis de préqualification pour la réalisation de ce projet. Les industriels allemands, très perfectionnés dans ce domaine, s’intéressent beaucoup à cette centrale et vont essayer de décrocher le contrat.- Quel avenir préconisez-vous à ces énergies, au Maroc en particulier?- Aujourd’hui, un parc éolien revient beaucoup moins cher que la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. La prochaine étape importante sera la construction de grands parcs éoliens off-shore en vue d’accroître davantage la production d’électricité et d’en réduire les coûts. Sur ses côtes atlantiques et méditerranéennes, le Maroc dispose déjà de bonnes conditions de vent similaires à celles que nous rencontrons chez nous seulement en mer, et il faudrait exploiter ce potentiel. Propos recueillis par Nadia DREF

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