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El Hoceïma: La vie s'installe sous les tentes
De notre envoyé spécial Ali ABJIOU

Par L'Economiste | Edition N°:1727 Le 17/03/2004 | Partager

. Malgré le calme relatif, rares sont ceux qui osent rentrer chez eux . La distribution des aides s'oriente un peu plus vers le monde ruralTôt le matin, une femme et ses trois enfants ouvrent la porte de leur maison. La femme porte un bébé. Leur maison est intacte, sans la trace de la moindre fissure. Une demi-heure après, elle ressort, toujours accompagnée de ses trois enfants, le bébé a été lavé et ses couches changées. Ainsi vivent les habitants de cette ville depuis la nuit du fatidique 24 février. Au lieu de rentrer le soir, ils ne le font que le matin, juste pour se laver ou se raser, note ce garçon de café qui passe la nuit dans l'arrière-boutique du café, ouvert sur la baie d'El Hoceïma. Les habitants, encore sous le choc, n'ont pas encore réussi à vaincre leur peur du séisme. Blottis sous des couvertures, ils continuent de bivouaquer sur les places et jardins publics. La ville est jonchée de petits campements improvisés, même sur les jardins de la préfecture des tentes ont été dressées. Malgré l'inconfort, rares sont ceux qui ont osé rentrer chez eux. “Il y a quelques jours, lassés de cette vie ambulante, quelques habitants ont décidé de rentrer chez eux, mais quelques heures après, une réplique les a fait retourner à leurs tentes”, raconte un chauffeur de taxi de la région. Dès le lendemain, la surenchère des magnitudes des secousses redémarre, relayée par la rumeur publique, celle-là même qui indique les lieux de distribution des tentes et aides. Qui dit mieux, 4 ou même 5 sur l'échelle de Richter, les gens commencent à jongler avec des chiffres savants, bien avant qu'aucun communiqué officiel ne soit diffusé. Le principal souci des autorités reste la sécurité des habitants, mais comme l'indique un agent d'autorité, “il est difficile de veiller sur un campement s'étendant le long d'une ville”. Même si les risques sont bien minimes, les autorités n'ont pas encore pris la décision de faire rentrer les populations chez elles. “Nous voulons bien qu'ils rentrent, mais nous n'avons pas l'autorité morale pour les y inciter”, note Karim El Ghazi, vice-président de la commune d'El Hoceïma. En effet, selon lui, il est difficile de demander à des gens de rentrer chez eux, après ce qu'ils ont enduré. Les gens sont tellement obsédés par le tremblement que toute secousse les effraye. La peur et la tension se lisent sur presque chaque visage, une peur que chaque réplique vient ranimer. Côté équipements, le manque ne se fait pas trop ressentir, même si le besoin en tentes est encore important. L'Association Al Amal, chargée de rassembler et de distribuer les aides aux sinistrés s'est, pour sa part, arrêtée de distribuer les aides dans le milieu urbain. “Nous pensons que le besoin a été satisfait. Nous marquons une pause pour bien évaluer les besoins dans le rural, là où la demande en aide est la plus forte”, note Ahmed Al Balaichi, président d'Al Amal. Cette association a aussi envoyé une requête au ministre des Finances. Elle lui demande de bien vouloir accorder non seulement une exonération, mais plutôt un report en ce qui concerne les délais de dépôt des déclarations de l'IGR et de la TVA vu la situation actuelle. En effet, pour l'IGR, le délai de fin février pour le dépôt des déclarations ne pourra être tenu que par une infime minorité. Le reste n'ayant pas la tête pour ces formalités, note-t-on au sein de l'association. En attendant, la vie continue dans les campements. En effet, l'association Al Amal vient de distribuer un lot de seaux en plastique pour l'eau, preuve que l'attente risque de durer encore longtemps.

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