×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Communales
Casablanca-Anfa: Ali Benkirane, entrepreneur et «Ouald derb» en campagne

Par L'Economiste | Edition N°:1598 Le 10/09/2003 | Partager

. Des tournées à l'allure de fêtes… pour 350.000 DH . Le candidat tête de liste RNI veut une gestion non partisane de Casablanca «Qui a dit que les communales étaient ternes?» Ali Benkirane, tête de liste (RNI) à Anfa, vit une toute autre campagne. La mine gaie, le verbe simple, il discute avec les gens de son quartier qui l'accueillent dans une sorte de communion pour «exprimer leurs doléances mais aussi pour s'amuser». Nuance. Ses tournées, aux allures de fêtes retentissantes qui ont fait, vendredi dernier au quartier Lehjajma à Casablanca, sortir les gens en nombre sont «peut-être l'exception qui confirme la règle». Un vrai bain de foule, ou pour paraphraser Benkirane, «le désordre organisé». . Stratégie18h45, le contact avec la population se fait avant tout de manière spontanée. Musique marrakchie et chants aux noms des candidats et sigle du parti aidant: Hamama… hamama (pigeon). Benkirane est d'entrée de jeu incisif: «Les gens veulent voir le candidat tête de liste. C'est ça la proximité et non les discours pompeux derrière une tribune». A travers les petites ruelles de ce quartier déshérité, les modestes gens apprécient l'ambiance. Elles semblent presque fondre dans ce déluge électoral qui est allé ce soir aux moindres recoins de leur quartier. Un militant n'a pas hésité à escalader un mur pour aller rejoindre une femme en train de faire sécher son linge. La distribution de tracts semble respecter une stratégie de communication. A côté de la photo du candidat tête de liste, on trouve pour chaque région les quatre photos des candidats qui s'y présentent. Dans chaque arrondissement de la circonscription d'Anfa, «on a choisi l'homme-clé». Parmi les photos des tracts, les habitants reconnaissent par exemple le doyen du souk de Lehjajma et d'autres responsables communaux. Le désabusement se dilue presque dans le tintamarre. Il est vrai que la campagne que Benkirane mène coupe court avec le reste. Pour ça, il a mis les moyens: «Les dépenses varient entre 300 et 350.000 dirhams. On a loué des voitures et une dizaine de locaux dans tout Anfa. L'aide du parti est stratégique et se fait plutôt en matière de planification des idées». . A bas la politique politicienne A 42 ans, Benkirane, aujourd'hui membre élu du comité central du RNI, a déjà une quinzaine d'années de militantisme derrière lui. Pourtant, il ne s'en vante pas et préfère se présenter comme un entrepreneur voulant mettre son expérience au profit de sa ville. Son credo: «gérer Casablanca de manière non partisane. Pas pour gérer des comptes politiques». Ce fondateur et dirigeant d'un groupe de sociétés opérant dans l'hôtellerie, la pêche industrielle, l'agriculture et l'immobilier, affirme ne pas aspirer à la moindre ascension sociale. «Je veux appliquer les principes de gestion rationnelle d'entreprise à la commune». Et en tant que vice-président du Conseil de la région du Grand Casablanca, Benkirane estime en avoir l'expérience requise. Avec la nouvelle charte communale et le principe de l'unicité de la ville, il estime avoir aussi la terre fertile pour faire pousser les projets. Dans la circonscription d'Anfa qui compte 220.000 habitants et 50.000 électeurs, Benkirane a l'ambition de faire passer trois candidats de sa liste au Conseil de la ville. C'est désormais le compte à rebours. A Lehjajma, quartier Bourgogne, El Hank ou Sidi Abderrahmane et à deux jours seulement des élections, Benkirane et les autres candidats de sa liste carburent. Il s'agit de convaincre le plus grand nombre d'électeurs potentiels. «Pas en leur promettant des châteaux ou le plein emploi». Benkirane a bien les pieds sur terre. Il décèle quatre priorités qui selon lui sont plus en rapport avec les besoins urgents de la ville. D'abord privatiser le ramassage des ordures en gardant «une surveillance accrue» sur les sociétés concessionnaires, résorber l'habitat insalubre, créer de nouvelles zones industrielles pour encourager l'emploi, construire des centres de loisirs et enfin la mise en place d'un plan de déplacement urbain de la ville de Casablanca. Concernant cette dernière priorité, Benkirane dit avoir profité de son amitié avec le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, «ancien camarade de Science Po», pour le financement de l'étude de faisabilité. Parler de Casablanca la métropole, de ce gigantesque chantier en attente, se termine toujours et au-delà des chiffres par des émotions. Une discussion très terre-à-terre s'engage alors avec Benkirane, le natif d'Anfa, «Ouald derb (fils du quartier)» comme il se reconnaît lui-même. Il est alors question de la dignité d'une large frange de Casablancais. «Longtemps considérés comme des citoyens de seconde zone». Ceux-là même qui tendent, mais difficilement, à un meilleur quotidien. Au lendemain des événements du 16 mai, plusieurs sont sortis sans pour autant avoir des convictions partisanes, pour dénoncer l'extrémisme et la barbarie. Benkirane veut qu'ils aillent aussi aux urnes le 12 septembre pour affirmer une fois de plus leur engagement «pour un Maroc moderne et ouvert à l'autre».


Cursus

A deux jours du rendez-vous électoral, Ali Benkirane a des cernes bien visibles. «Je vais faire un somme d'une demi-heure pour entamer ensuite la tournée à Sidi Abderrahmane». Il ne veut surtout pas rater la dernière ligne droite et reste confiant. En faisant du porte-à-porte, il essaie de présenter le CV le plus complet: après un baccalauréat sciences math en 1979, il s'inscrit à l'université Paris-Dauphine et réussit une maîtrise en sciences de gestion. Une année à Paris-Sorbonne lui permettra d'avoir un diplôme d'études approfondies. Et en 1987, un doctorat en sciences de gestion après un passage d'une année à l'Université Georgetown à Washington DC.Mostafa BENTAK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc