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Casablanca: Les petits taxis voient rouge

Par L'Economiste | Edition N°:1811 Le 14/07/2004 | Partager

. Un seul petit taxi peut nourrir jusqu’à 5 familles. Le “racolage”, bouée de sauvetage! Devant la gare Casa-Port, un agent de police surveille la circulation. De main de maître. En même temps, il garde un œil sur les chauffeurs des petits taxis, stationnés juste à côté de cette gare. La raison de cet intérêt est toute simple. L’agent l’explique lui-même quand il affirme qu’il leur est interdit de quitter leurs taxis pour racoler des clients. “Les usagers se plaignent très souvent des mauvaises habitudes des chauffeurs et cela je n’en veux pas dans mon secteur”, ajoute-t-il, entre deux coups de sifflet bien appuyés. Apparemment motivé, l’agent n’arrête pas de bouger dans tous les sens. Dès qu’un chauffeur de taxi s’apprête à quitter son véhicule, le rappel à l’ordre est immédiat. Et quand le client monte dans le taxi, l’agent somme le chauffeur de démarrer immédiatement.De l’intérieur de leurs taxis, les chauffeurs font grise mine. Ils regardent l’agent d’un mauvais œil. Cet “intrus” les prive de pratiquer leur activité habituelle. En effet, les chauffeurs des petits taxis “choisissent” leurs clients et les destinations. Une pratique répréhensible qui fait beaucoup de mécontents. “Ce n’est pas normal. Je passe cinq minutes à attendre dans le taxi pendant que le chauffeur cherche d’autres clients et je n’ai pas le droit de protester”, se plaint une cliente. “L’ordre qui règne aujourd’hui grâce à la vigilance de l’agent de police ne doit pas vous leurrer. D’habitude, c’est l’anarchie totale”, ajoute-t-elle toute contente d’avoir trouvé un taxi.L’attente n’est pas le problème majeur auquel se heurtent les clients. C’est surtout la destination qui les fait enrager. Les taximen refusent, en effet, de conduire les clients vers les proches destinations parce que “la course ne va pas rapporter gros”. Ils estiment que “le déplacement pour les petites courses n’en vaut pas la peine”. Ils préfèrent les destinations lointaines où la facture est assez salée. “Mon travail est à cinq minutes de la gare. Le trajet me coûte 5 DH en taxi. Mais les chauffeurs habitués de la gare me connaissent. Du coup, ils refusent de m’y conduire. Ils préfèrent les longues distances”, proteste un client.Les chauffeurs de taxi ont d’autres arguments. Selon eux, “le travail dans un taxi n’est plus rentable. A force d’être morcelée, la recette ne couvrirait même pas les charges”. Casablanca compte quelque 14.000 taxis, dont 8.000 petits taxis. Selon Abdelilah Touri, taximan et membre du bureau central de l’Association Afak des chauffeurs de taxi, “un seul taxi nourrit directement jusqu’à 5 familles. Trois chauffeurs, le propriétaire du taxi et le titulaire de l’agrément”. En effet, ces derniers louent généralement leurs agréments en moyenne à 2.500 DH par mois. Mais si le locataire donne une avance, “Lhlawa”, d’environ 6.000 DH sur cinq ans, le loyer mensuel baisse à 1.500 DH. De son côté, le propriétaire du taxi doit amortir son véhicule, payer l’assurance, les impôts, assurer l’entretien du taxi et finalement garder de quoi vivre.Pour faire des bénéfices, un taxi doit impérativement tourner 24 heures sur 24. Deux ou trois chauffeurs se relaient à cette tâche. “Un premier chauffeur travaille de 6 heures jusqu’à treize heures. Le second travaille jusqu’à 22 heures et le dernier de 22 heures à 6 heures du matin”, explique Abdelilah Touri. “Les tranches horaires de l’après-midi et de la nuit sont les plus chères. C’est à ce moment que l’activité est intense. Elles sont payées entre 120 et 150 DH. Celle du matin, plus calme, est rémunérée de 100 à 120 DH”, explique-t-il. Le carburant est à la charge des chauffeurs non propriétaires. Devant de telles circonstances, le chauffeur est contraint de faire du racolage particulièrement devant les gares et faire des “panachés” (prendre plusieurs clients à la fois mais vers des destinations différentes). «Nous craignons de n’avoir plus de quoi vivre si la situation ne s’améliore pas. Entre carburant et frais de location, le chauffeur sera obligé de “bidouiller” le conteur», affirme un chauffeur. Pourtant, un autre est d’un avis tout à fait différent. “Les chauffeurs qui font du racolage devant les gares sont des faignants. Ils salissent le métier. Ils doublent, voire triplent leurs recettes en arnaquant les gens”, avance-t-il furieux.


L’hécatombe

Selon les statistiques de la CAT (Compagnie d’assurance transport), de l’année 2003, le parc des seuls petits taxis assurés par la compagnie compte au total 22.762 petits taxis. Casablanca arrive en tête avec 6.981 taxis. Suivi de Rabat avec 5.594 taxis. Marrakech occupe la troisième place avec 1.642 taxis et Fès 1.640 taxis. Le nombre total des victimes des accidents causés par les petits taxis s’est élevé, entre 1993 et 2002, à 34.556 victimes dont 303 morts. Les piétons sont les plus touchés par cette hécatombe avec 10.629 blessés et 155 morts. Parmi les passagers des taxis on compte 29 morts et 6.301 blessés. Le nombre total des victimes des accidents des grands taxis pour la même période est 58.060 dont 2.856 morts et 55.204 blessés. Les piétons sont toujours en tête en termes de décès avec 1.116 morts. Le nombre de blessés est de 21.746. Un bilan égal à une petite guerre civile et qui suscite plus d’une question.


Pas de stationnement

Abderrahmane Nouhaili, président de l’association Afak des chauffeurs de taxi, explique que les 14.000 taxis de Casablanca consomment en moyenne 766 millions de DH en carburant et plus de 5.000.000 en huile de vidange. “Les chauffeurs de taxi payent également la somme de 14.000.000 de DH en taxe de stationnement. Il n’y a pas plus qu’une cinquantaine de plaques officielles pour stationner. Mohamed AKISRA

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