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    Politique Internationale

    Bilbao veut se relancer par le musée Guggenheim

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Le dimanche 19 octobre s'est ouvert au public à Bilbao la nouvelle Fondation Guggenheim, un bâtiment conçu par l'architecte nord-américain Frank O. Gehry. Les fonds de la Fondation Guggenheim -environ 10.000 oeuvres- seront complétés par des acquisitions propres, essentiellement des oeuvres de la deuxième moitié du XXème siècle.


    La nouvelle Fondation Gug-genheim, un musée comparable par son architecture et la qualité artistique de ses expositions au siège nord-américain de la Fondation. A l'origine de ce projet né en 1991, ont coïncidé deux désirs: celui, d'une part, de la Fondation Guggenheim de New York de trouver de nouveaux espaces pour sa collection d'oeuvre d'art et, d'autre part, le désir des autorités basques de revitaliser, économiquement et culturellement, cette région espagnole. Six ans plus tard, le musée est prêt à présenter au public un parcours hétérodoxe à travers les manifestations les plus significatives de l'art du XXème siècle.
    Si à New York le Musée Gug-genheim s'identifie au bâtiment en spirale de Frank Lloyd Wright, à Bilbao le nom de Guggenheim sera lié à celui de l'architecte nord-américain Frank O. Gehry. Au bord du fleuve qui traverse la ville, le Nervion, sur des terrains jadis occupés par des bâtiments industriels, se dresse la construction monumentale conçue par Gehry. Une série de modules en pierre calcaire et un toit sinueux en métal composent un bâtiment singulier de plus 20.000 mètres carrés.

    90 millions de Dollars investis


    Les institutions basques -le Gouvernement Autonome et le Conseil Provincial de Biscaye- ont pris des risques en pariant sur le musée comme agent de revitalisation d'une zone frappée par le déclin de l'industrie lourde. La culture, conçue comme un investissement d'avenir, devrait prendre la relève en ce qui concerne la création de richesses. Pour mener ce projet à bien, il a fallu d'importants investissements publics. Pour commencer, l'accord avec la Fondation Guggenheim a entraîné le paiement à l'institution nord-américaine d'une somme de 20 millions de Dollars (soit environ 2 milliards de Pesetas au taux de change de l'époque) en échange du prestige de son nom et de la possibilité de disposer de sa collection d'oeuvres d'art, pour une période de 20 ans- automatiquement renouvelée à 75 ans. De plus, le musée devra créer sa propre collection.

    La part la plus importante des dépenses a été consacrée à la construction du bâtiment et à un aménagement de l'environnement, en attendant que soit mené à bien le remodelage prévu par les plans d'urbanisme de Bilbao. Les investissements effectués dans la construction du musée dépasseront 12 milliards de Pesetas (90 millions de Dollars). L'ouverture de la pinacothèque ne marquera pas la fin des apports d'origine insti-tutionnelle. Même si les prévisions les plus optimistes -environ 450.000 visiteurs en 1998 et des sommes importantes versées par des sponsors privés se concrétisent, le musée perdra de l'argent. L'Administra-tion, le Gouvernement Basque et le Conseil Provincial de Biscaye devront couvrir à parts égales un déficit de 4 milliards de Pesetas au cours des quatre premières années de fonctionnement.

    Des artistes espagnols aussi


    Le projet de Bilbao n'est que le troisième musée d'art signé par Gehry. Le premier s'est limité au remodelage d'un ancien dépôt; le deuxième, le Musée Frederick R. Weismann de Minneapolis est un bâtiment de petite taille dont la construction devrait respecter un budget serré. Ainsi donc, le Musée Guggenheim a permis à Gehry de donner libre cours à sa façon de comprendre les espaces consacrés à l'art.
    «Pour moi, le musée parfait est celui qui va parfaitement avec le temps et l'endroit où il est construit et qui, de plus, crée un espace où s'unissent les artistes du passé et
    les contemporains», explique l'architecte. «Les artistes veulent se retrouver dans des bâtiments imposants».
    Compte tenu de ces paramètres, Gehry s'est efforcé de créer un icône pour la ville. «Il est possible d'y parvenir et d'être, en même temps, plein d'attentions pour l'art», proclame-t-il. Et pour que le mobilier ne vienne pas dénaturer l'architecture, c'est Gehry lui-même qui a été chargé de le concevoir.

    Les fonds de la Fondation Guggenheim -environ 10.000 oeuvres, dont seule une petite partie peut être exposée à cause du manque d'espace- seront complétés à Bilbao par des acquisitions propres, essentiellement des oeuvres de la deuxième moitié du XXème
    siècle. Les institutions basques consacreront 6 milliards de Pesetas (110 millions de Dollars) en quatre ans. Les premières acquisitions, une vingtaine de pièces, ont fait entrer dans le musée des oeuvres de trois représentants de l'expressionnisme abstrait (Willem de Kooning, Mark Rothko et Clifford Still), une série monographique du néo-expres-sionniste allemand Anselm Kiefer et une sculpture de grandes dimen-sions commandée au sculpteur américain Richard Serra.
    Les jeunes artistes espagnols auront également leur place dans la collection propre, dans le souci d'équilibrer la présence de créateurs européens et américains et d'englober les différentes formes d'expression artistique.
    Avec l'inauguration du musée de Bilbao s'ouvrira une série d'expositions d'art contemporain d'un niveau garanti par la «marque» Guggenheim, dans un bâtiment qui aspire à devenir l'emblème de la ville. «Le titane est garanti 100 ans», déclare Gehry. «Et je ne sais pas si l'on verra un jour quelqu'un se prévaloir de cette garantie».

    Eva Larrauri, El Pais (Espagne) pour World Media


    Cinquante mètres de haut


    Le musée présente des formes inquiétantes. Le bâtiment regroupe de façon capricieuse plusieurs volumes recouverts de milliers de pièces rectangulaires en titane, qui reflètent doucement la lumière. A l'intérieur, l'atrium central, de 50 mètres de haut et entouré de verrières, constituera le coeur du musée. Tout autour, trois niveaux d'espaces d'exposition sont reliés entre eux par des passerelles aux lignes courbes, tandis que des tours abritent des escaliers et des ascenseurs transparents. Ces salles, de forme et de taille variables, mais de proportions classiques, abriteront la collection permanente du musée et les expositions monographiques. Au rez-de-chaussée, une galerie aux dimensions énormes -une seule pièce, sans aucune colonne, de 130 mètres de long sur 25 de large- accueillera des expositions temporaires et des oeuvres qui trouvent difficilement leur place dans des musées aux caractéristiques classiques.

    Plus de 10.000 mètres carrés seront consacrés à l'exposition d'oeuvres d'art. Le musée ouvrira ses portes avec une sélection de chefs-d'oeuvre du musée Guggenheim de New York, complétée par des oeuvres provenant de la collection Peggy Guggenheim de Venise. La collection sera organisée selon un ordre chronologique, avec un parcours qui ira des avant-gardes historiques à la fin du XXème siècle.

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