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Le plan d'attaque du secteur

Par L'Economiste | Edition N°:1626 Le 20/10/2003 | Partager

. L'étude stratégique du secteur dévoile les grandes lignes à suivre pour son redéploiement. Un véritable travail de fond qui doit être entamé par les professionnelsAu placard, les vieux chiffons. Le textile-habillement marocain va désormais renouveler sa garde-robe et se tailler de beaux habits surmesure. Ce n'est qu'ainsi vêtu qu'il pourra parader dans la cour des grands. C'est en tout cas ce qui ressort de l'étude stratégique du secteur, qui a été menée par des experts internationaux, grâce au partenariat Amith-EME (Euro-Maroc-Entreprise). Rappelons que cet accord avec la profession est destiné à définir et mettre en place les stratégies selon lesquelles le secteur devra amorcer sa mise à niveau. C'est aujourd'hui chose faite. Vendredi 17 octobre, les experts étrangers ont remis leur copie à Marrakech, lors des assises nationales du textile. Aussi faut-il souligner que contrairement aux études antérieures, celles-ci ont la particularité de déboucher sur des plans d'actions pratiques. Ces dernières ayant pour objectif d'aider la profession à se redéployer grâce à des plans d'accompagnement pour les entreprises. Dans le volet stratégie, une question récurrente: les spécialistes s'interrogent sur l'avenir de l'industrie textile marocaine, face aux menaces de la conjoncture internationale. En 2005, est programmée la fin des quotas à l'importation. L'abaissement des barrières douanières est irréversiblement en marche, quoique retardé ici et là par des mesures non tarifaires. En outre, la zone Euromed se met progressivement en place et les donneurs d'ordres requièrent de plus en plus de services de leurs partenaires confectionneurs (passage à la cotraitance et au produit fini). Dans ce contexte mouvementé, “la mondialisation fait de la Chine un acteur dominant du textile-habillement, la distribution organisée exerce une pression croissante sur les prix et les variations monétaires erratiques amplifient les déséquilibres”, estiment les spécialistes. Face à cette incontournable nouvelle donne des marchés mondiaux, le Maroc, placé historiquement dans la position d'un façonnier peu coûteux, puissant, multiproduits, qualitativement fiable, tourné vers une clientèle très majoritairement européenne et surtout française, se trouve aujourd'hui mis en question. Et cela, car ses minutes sont maintenant cinq fois plus chères que celles de certains pays de l'Est dits Peco, et bien évidemment de l'Asie. Du côté de l'industrie textile proprement dite, l'abaissement inévitable des barrières douanières (obstacle de plus en plus gênant pour les confectionneurs qui ont besoin de s'approvisionner largement dans le monde) constitue aussi une menace certaine. Et cela, en raison du caractère déterminant du coût de la main-d'oeuvre, surtout si l'activité est orientée vers des produits dits basiques. . DangerSelon le rapport, les conséquences de cet état du monde sur l'activité exportatrice du Maroc sont déjà à l'oeuvre avec une diminution de 1,35 à 1,20% de la part du Royaume dans le commerce mondial entre 1999 et 2001. Et même si les exportations ont globalement augmenté entre 1998 et 2002 (+27%), elles demeurent plus faibles que celles des pays concurrents comme les Peco (34%), les pays méditerranéens hors Maroc (+40%), et la Chine (+65%). Le début de l'année 2003 empire la situation au niveau mondial. Une chute significative de la demande de tissus fabriqués dans l'Union européenne de la part de la grande distribution signifie un appel brutalement croissant à des importations de produits finis directement sourcés d'Asie (Chine prioritairement) et par la suite, une moindre demande de sous ou cotraitance adressée au Maroc. Aussi, l'étude indique qu'au regard de ces faits incontournables, le pays est en grand danger. “Une seule et véritable opportunité lui est offerte, c'est de passer résolument du côté de l'acquisition de valeur ajoutée créative, réactive et qualitative”.En résumé, sans une prise de conscience de l'urgence de la situation et de décisions immédiates de changements dans tous les domaines, le Maroc risque de se voir marginalisé dans le commerce du textile mondial. Il est à souligner à cet effet que l'industrie de textile-habillement est déjà mondialisée et que son évolution anticipe celle de tous les secteurs économiques dans un proche avenir.Aussi, les experts estiment “qu'il faut trois ans à l'industrie pour rebondir”. Surtout, est-il ajouté, qu'il a accumulé beaucoup de retard. En commençant à agir tout de suite et sur tous les fronts, explique le rapport, le Maroc peut espérer que ses atouts lui permettront, une fois ses principales faiblesses réduites, de retrouver une place attractive dans le marché. Sans oublier que les concurrents se déchaînent pour accroître leur part au détriment “des moins rapides, moins volontaires ou plus faibles”. Ainsi, la stratégie consiste à se repositionner au coeur du partenariat avec les donneurs d'ordres en les accompagnant dans leur quête de valeur ajoutée. Et cela, même si la globalisation des marchés détruit peu à peu l'avantage des coûts salariaux bas dont disposait le Maroc et sur lequel était basée une production de vêtements majoritairement exercée en sous-traitance pour des clients européens. . La conquête de l'AmériqueA cette incontournable stratégie de base, doit également s'ajouter un effort particulier d'extension de la couverture des marchés mondiaux et en premier lieu, la destination américaine. Pour y parvenir, préconisent les experts, le textile-habillement marocain doit s'appuyer sur ses forces, en particulier sa proximité culturelle et géographique vis-à-vis des clients européens, et sa puissance de production tous produits. Au menu des priorités, le secteur doit corriger ses faiblesses parmi lesquelles figurent, en bonne place, le déficit de productivité et de rigueur, l'insuffisance d'offre de fils et de tissus, un manque de capacité et de savoir-faire en ennoblissement, une faible formation du personnel ouvrier, des zones industrielles déficientes, un management trop traditionnel et des pratiques bancaires décourageantes.L'industrie textile d'amont (filature, tissage, tricotage, ennoblissement) doit participer à l'amélioration de l'offre locale de fils et tissus par des investissements sélectifs et la recherche constante d'une productivité de niveau “mondial” qui permettra à cette industrie non seulement d'approvisionner son aval, mais encore de se mettre en position résolument exportatrice. Le Maroc devrait penser à se constituer comme pivot d'une distribution structurée, qui pourra par la suite essaimer sur les marchés européens, un facteur supplémentaire de crédibilité d'une offre marocaine tournée vers la création. Laquelle contribuera au positionnement identitaire du Maroc en matière de mode.


Les actions à entreprendre

- Accompagner les chefs d'entreprise avec des programmes de formation visant à renforcer leurs capacités stratégiques et à mettre en place une politique axée sur les services. Les cycles courts de séminaires sont également cités comme moyen de formation et destinés aussi aux responsables des différents services.- Acquérir de nouvelles compétences liées aux mutations de leurs métiers qui se traduisent par l'intégration dans les entreprises de nouvelles fonctions (compétences tissus, sourcing, marketing, construction de collection, mise au point de modèles).- Mettre en oeuvre la mise à niveau technique et organisationnelle qui nécessite une formation intensive de techniciens, notamment en ennoblissement.- Nourrir la compétence des structures de formation et de recherche. Ce volet fait mention de l'importance de l'expertise et la nécessité de la cultiver en permanence. Les experts estiment que l'Esith doit devenir un pôle de référence et doit nourrir la compétence de l'OFPPT.- Combler les manques en formation technico-créative de manière à améliorer sa performance en mise au point des produits et en production proprement dite.- Mettre en place une vraie école de mode. Pour ce faire, il serait opportun, est-il précisé, de se rapprocher de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts, sachant qu'il faut pour cela une bonne culture générale artistique.- Installer un observatoire du textile et de la mode, l'outil indispensable à une bonne connaissance des marchés et de leur évolution.- Faire de l'Amith une plaque tournante des débats conceptuels et opérationnels (charte de communication, site Internet, plaquette institutionnelle…).. Risques et enjeuxUne telle stratégie suppose une mobilisation, un volontarisme et une constance de la part des acteurs publics et privés. Les changements opérés sont considérables et devraient permettre à terme au Maroc de se replacer dans la compétition mondiale. Dans l'immédiat, des heures difficiles attendent toute la profession, prévient le rapport. Des difficultés et pertes d'emplois qui ne manqueront pas d'advenir ne seront pas tant le reflet d'une dégradation inéluctable du secteur qu'elles ne marqueront la transition vers son indispensable redéploiement.Radia LAHLOU

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