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    Economie

    Benkirane devant les députés
    Tirs croisés sur les maux de la santé

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4760 Le 27/04/2016 | Partager
    Résultats insuffisants dans ce domaine, selon les groupes parlementaires
    Les déficits d’infrastructures et de ressources humaines, les plus pointés
    Plaidoirie pour une approche régionale pour résorber le gap
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    Mohamed Chrourou, député PAM, a remis sa démission au président de la Chambre des représentants, pour «dégager sa responsabilité vis-à-vis des électeurs, après avoir été incapable de favoriser la résolution des problèmes de santé dans sa circonscription». Ici, à l’entrée de l’hémicycle, il écoute la réponse de Abdelilah Benkirane, qui a perdu son calme et a tenu des propos virulents à l’encontre du groupe du PAM
    (Ph. Bziouat)

    Abdelilah Benkirane était attendu de pied ferme par les députés, lors de la séance mensuelle des questions des politiques publiques, tenue hier à la Chambre des représentants. Le chef du gouvernement a été interpellé sur le dossier sensible des prestations de Santé. Un domaine dans lequel il a reconnu la persistance de manquements et de dysfonctionnements, résultant, selon lui, «d’un cumul depuis les années 80». Globalement, majorité et opposition ont été unanimes sur l’urgence d’accélérer la mise à niveau du secteur. A l’instar des précédents passages de Benkirane au Parlement, les échanges ont été virulents avec les élus, surtout de l’opposition. Mohamed Chrourou, député du PAM, n’a pas hésité à remettre sa démission au président de la première Chambre, Rachid Talbi Alami, à l’issue de son intervention. Pour lui, «c’est une manière de protester contre les dysfonctionnements du système de santé, notamment à Oulmès, où un hôpital construit depuis quelques années, continue de fonctionner comme un simple centre de Santé. Résultat: un accident de la circulation s’est soldé par une dizaine de morts, qui n’ont pas pu être secourus à temps». Le député PAM a pris cette décision pour «dégager sa responsabilité vis-à-vis des électeurs». Une démarche qui a suscité des sourires amusés de Abdelilah Benkirane et de Lhoussaine Louardi. Le chef du gouvernement n’a pas hésité à attaquer le groupe parlementaire du PAM, en les appelant à présenter également leurs démissions s’ils soutiennent les propos de Chrourou. Il a dû s’excuser après les propos virulents qu’il a tenus. Au moment où le chef du gouvernement présentait ce qu’il considère comme des «réalisations importantes», députés de la majorité et de l’opposition ont estimé que «les résultats restent peu palpables». Ils ont notamment pointé des dysfonctionnements en matière de généralisation du Ramed. «La procédure est compliquée et empêche plusieurs personnes de bénéficier de ce système, notamment dans le monde rural», selon Fatna Kahil, député MP. Les députés de l’Istiqlal ont interpellé le chef du gouvernement sur le nombre élevé des bénéficiaires du Ramed, qui a atteint 9,2 millions de personnes, alors que la population cible est de 8,5 millions de personnes. Pour eux, cela constitue une menace pour la viabilité du régime. Autre problème pointé par les députés, la faiblesse des infrastructures sanitaires, limitant la portée de la généralisation de l’accès aux prestations de santé. Sur ce point, le chef du gouvernement a rappelé la mise en marche de 74 établissements de santé durant les dernières années, dont les CHU d’Oujda et de Marrakech et le lancement prochain de celui de Laâyoune, parallèlement à l’ouverture de nouveaux services dans d’autres CHU, notamment celui de Casablanca. Mais cela reste insuffisant, selon plusieurs députés, qui ont brandi la carte de l’équité spatiale en termes d’accès à ce service de base. Cela concerne les structures sanitaires mais également les ressources humaines qui restent loin de répondre aux besoins. Les députés du MP et du RNI ont plaidé pour une approche régionale pour améliorer la prise en charge de ce dossier. Noureddine Lazrak, député RNI, a appelé à la création de 12 facultés de médecine et de 12 CHU au niveau des différentes régions, au moment où Fatna Kahil a proposé une nouvelle approche de redéploiement des ressources humaines. Rappelons concernant ce point que le gouvernement a mené un bras de fer tendu avec les étudiants en médecine durant plusieurs mois. Un dossier qui n’est pas encore clos, dans la mesure où Benkirane a indiqué que «le ministre de la Santé continue de coordonner avec les représentants des étudiants pour trouver une issue à ce dossier». Mais il a reproché aux députés et aux ONG d’avoir appuyé les protestations de ces étudiants en médecine, lorsqu’ils protestaient contre la décision du ministère de la Santé, relative au service obligatoire, notamment dans les zones reculées.

    Quid des jeunes?

    Pour Abdelilah Benkirane, «les jeunes doivent prendre leurs responsabilités, et comprendre que les manifestations ne sont pas le seul moyen pour réaliser leurs objectifs». Le chef du gouvernement a fait face, durant ces dernières années, à une vague de protestations menées par les jeunes, notamment les étudiants de médecine, les enseignants stagiaires… Au-delà de la réalisation des structures socioéducatives et socio-sportives, mise en avant par Abdelilah Benkirane lors de cette séance, les députés l’ont appelé à favoriser une plus grande implication des jeunes dans l’élaboration des politiques publiques, notamment à travers l’accélération de l’adoption de la loi organique relative au Conseil consultatif de la jeunesse.

     

     

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