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Reportage: Les petits métiers reviennent mais sans l'hygiène

Par L'Economiste | Edition N°:661 Le 16/12/1999 | Partager

· Principalement dans les quartiers populaires, des activités propres au mois sacré voient le jour

· Des familles entières en tirent leurs revenus


C'est toute une économie informelle qui prend naissance avec l'avènement du mois sacré de Ramadan. Pratiquement dans tous les quartiers populaires de Casablanca, de nouveaux métiers propres à cette période apparaissent. Les ménages y trouvent une occasion pour améliorer leurs ressources financières et par conséquent leurs conditions de vie. A la tête de ces entreprises individuelles non patentées, des femmes chef de famille, dont le mari est malade, retraité ou au chômage et de jeunes filles sans travail. Ces personnes sont un peu partout, peuplant les galeries populaires, parfois sur les bordures des avenues et ruelles, exposant leurs produits aux passants et à la pollution. Le problème de l'hygiène alimentaire prend une ampleur avec la vente et l'exposition de produits sans protection, avec un contrôle quasi-absent. "Je profite du mois de Ramadan pour me faire un peu d'argent de poche", explique Hassan, la trentaine et au chômage. Cette période lui permet d'être sur la place publique pour gagner sa vie. Le reste de l'année, il est sans travail. Avec un camarade, il expose des dattes de différentes qualités. A Hay Mohammedi à Casablanca, des dizaines de jeunes vivent la même situation que Hassan. Ils proposent d'autres produits tels que des petits pains ou du "jban". "Notre journée démarre entre 9 et 10 heures du matin et nous réalisons par jour entre trente à quarante Dirhams", expliquent-ils. Les femmes, quant à elles, constituent un véritable rempart devant les galeries marchandes. De tous âges, elles pratiquent une action commerciale agressive. "Lalla, Moulay, cherif, des "ch'hiouates" pour les enfants", ainsi interpellent-elles les passants. Elles proposent, pour la majorité d'entre elles, du "baghrir" (des crêpes marocaines) préparé sur place ou à la maison. Les prix sont unifiés. Une véritable concurrence pure et parfaite est alors observée.

Phénomène économique très rare de nos jours. A six dirhams, le client à droit à dix crêpes. "Je viens après l'école remplacer ma mère souffrante", explique timidement Hayat, 16 ans, accompagnée de sa jeune soeur, 10 ans. Aussi les passants s'arrêtent-ils souvent sous l'effet du gargouillis des estomacs, attirés par les odeurs des gâteaux, des épices étalées sur le sol et de la soupe bouillante proposée par d'autres vendeuses. Ces dernières ont leur propre clientèle. Des femmes au travail et des célibataires. "Je ne termine ma journée qu'à 16 heures. Je n'ai plus alors le temps de préparer le f'tour", indique Salma, une jeune mariée. Pour ceux qui rompent leur jeûne sur place, la somme de 10 DH est largement suffisante pour s'offrir un f'tour. Mi Mbarka leur propose un menu complet: un bol de Harira à 2,5 DH, un verre de café ou de thé à 1,5 DH, des crêpes à 1,5 DH ou encore des oeufs au même prix. Mère de dix enfants, Mi Mbarka s'est mise au "fast-food" depuis le mois de juillet dernier. "Auparavant, je vendais des babouches. Je me suis convertie à la harira en espérant améliorer mes revenus. Aujourd'hui, je gagne quotidiennement entre 30 et 100 DH, selon les jours. Mais parfois, c'est à peine si les ventes couvrent les charges". L'époux de Mi Mbarka est au chômage depuis que l'usine qui l'employait a fermé ses portes.
Autre métier fleurissant durant ce mois sacré, la vente du matériel de cuisine.
Mais Ramadan ne fait pas que des heureux. D'autres "commerçants" y voient une menace pour leurs "affaires". Il s'agit notamment des vendeurs d'eau (garraba) dont l'activité est totalement gelée durant ce mois et sont souvent forcés de tendre la main. D'autres, comme Sabra, se reconvertissent vers d'autres métiers. Elle, par exemple, a délaissé la couture qu'elle pratique durant toute l'année au profit des gâteaux. "Ramadan constitue la basse saison pour les produits textile", explique-t-elle.

Aniss MAGHRI

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