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    Privatisation : Sonasid bientôt à la vente

    Par L'Economiste | Edition N°:145 Le 15/09/1994 | Partager

    Le déclenchement du processus de privatisation de la Sonasid est imminent. Les acquéreurs devront souscrire à un programme d'investissement pour l'intégration du laminoir"

    L'appel d'offres de la privatisation de la Sonasid sera lancé dans quelques jours pour 51 C, des actions. L'acquéreur dispose en outre d'une option d'achat de 19 % d'actions supplémentaires s'il veut éviter la constitution d'une minorité de blocage lors de la mise en bourse. L'adjudication de l'appel d'offres est prévue pour fin novembre.

    En fonction de la solution choisie par l'acquéreur le reste des actions représentant 30 ou 41C/ du capital devraient être mises en bourse juste après l'adjudication de l'appel d'offres.

    Des candidats à l'achat se seraient déjà présentés Il s'agirait de deux entreprises, l'une espagnole et l'autre italienne La Sonasid peut, en effet, représenter un pied-à-terre pour ces sidérurgistes.

    L'analyse des dossiers de réponses prendra en compte le programme d'investissement de l'acheteur. En effet, dans le programme originel d'investissement de la Sonasid figure l'intégration du laminoir. Initialement, le projet de la Sonasid était un complexe sidérurgique intégré de I million de tonnes d'acier. Mais les difficultés financières rencontrées par le Maroc à partir de 1978 n'ont pas permis la réalisation du projet. Le coût de l'Investissement était également déconcertant puis qu'il était estimé. en 1977 à 6 milliards de DH.

    Ainsi, la première étape a été la réalisation d'un laminoir de ronds à béton et de fils à machine. Le pro jet de l'intégration du laminoir consiste en la réalisation d'une aciérie de production de billettes.

    Rompre la dépendance des approvisionnements

    Aussi bien les experts de la Ban que Mondiale (1988) que ceux du Bureau d'Etudes britannique WS Atkis, qui avaient réalisé une étude de faisabilité complète, recommandent une intégration dans les plus brefs délais. L'investissement permettra de couvrir les besoins en billettes du laminoir. Le coût de 1' investissement est estimé à milliard de DH (prix 1993).

    L'objet de cet investissement est de rompre la dépendance à 100 % des billettes importées des marchés inter nationaux.

    Bien que les billettes soient toujours disponibles. les prix et les quantités ne peuvent être fixés que pour des périodes très courtes! au maximum pour un trimestre. Pour se pré munir d'une flambée des cours. la Sonasid achète de temps à autre des quantités importantes pouvant couvrir deux mois de besoins, profitant généralement des prix spot. Cette stratégie pèse sur les prix de revient de l'entreprise.

    Plusieurs procédés ont été envisagés afin de garantir l'intégration du laminoir. Le projet jugé le plus probant est la réalisation d'une aciérie électrique avec un ou deux fours électriques à arc pour la fusion de la ferraille en utilisant de l'énergie électrique.

    L'avantage de ce procédé est qu'il permet de varier sa capacité qui peut aller de 60.000 à 600.000 tonnes. En effet, la voie classique haut-fourneau aciérie à l'oxygène, qui était envisageable durant les années 1970 n'est plus compétitive puisque sa capacité minimale est de 1 million de tonnes.

    La protection assurée pour cinq ans

    La Sonasid a été juridiquement créée en 1974 et a mis dix ans pour commencer réellement à tourner. Le capital de l'entreprise s'élève à 390 millions de DH, subdivisé en action de 1.000DH. Il est détenu jusqu'à présent par le Trésor Public (97%), le BRPM (1%), l'ODI (1%) et l'entre prise Séfirif (1%). L'usine de Nador est implantée sur une superficie de 135 hectares dont 4 couverts. Outre le laminoir, elle comprend une unité annexe appelée "parachèvement" équipée de machines de redressage et de coupe. Cette unité transforme environ 25% de la production de ronds à béton en barres de 12 mètres de long.

    La capacité du laminoir est de 420.000 tonnes/ans en trois équipes. Cette capacité a déjà été atteinte en 1989. Elle a même été portée à 480.000 tonnes/an avec une marche continue a quatre équipes. En 1993, la Sonasid a produit 373.000 tonnes et a vendu localement 404.684. Le reliquat. soit 77.000 tonnes. provient de l'importation. En outre. les importations directes des professionnels ont porté sur 100.000 tonnes. Le marché intérieur est donc de l'ordre de 500.000 tonnes.

    La protection tarifaire de la Sonasid n est assurée que par un taux de 35 % plus PFI. Le prix plancher qui était fixé à 3.800 DH/tonne a été supprimé en juillet 1993. Le prix sortie usine de la Sonasid est de 3.850DH/tonne. Le Ministère de la Privatisation précise que la protection douanière sera préservée pour les cinq premières années qui suivront la cession. Par ailleurs, l'état-major de l'entreprise tient à souligner que les trais de transport de Nadorvers la région du Centre, grande consommatrice, s'élèvent à 230DH/ tonne. "Ceci biaise la concurrence par rapport aux importations par le port de Casablanca", estiment les responsables de l'entreprise, qui ré clament également un contrôle des normes des produits importés qui peu vent être de deuxième choix.

    L.T.

    "L'option d'achat", nouveauté des schémas. de transfert

    La cadence s'accélère du côté du Ministère de la Privatisation même si SNI et BMCE, les deux gros morceaux, sont toujours entre les mains de l'organisme d'évaluation. Les appels d'offres lancés ou en cours de lancement concernent Fertima, les sucreries du Tadla, la Sonasid. les 19 hôtels et diverses autres unités.

    Les schémas de transfert retenus introduisent une nouveauté: l'option d'achat. "Aucune affaire ne sera cédée en un bloc de 100 % sauf cas exceptionnel", lance M. Saaïdi, ministre en charge du dossier. "cependant, les blocs de 51% mis en oeuvre seront assortis d'une clause d'option d'achat à hauteur de 70 % que l'acquéreur devra lever dans un délai de 3 mois", ajoute-t-il. Dans le cas des sucreries, l'appel d'offres restreint porte sur 100%. Conformément à l'es prit de la loi, le Département de la Privatisation les propose d'abord aux coopératives agricoles dont les membres approvisionnent les sucreries en question. Sans trop d'illusions apparemment, "cela aurait été une solution idéale, mais vu la faibles se des coopératives, nous n'y croyons pas beaucoup".

    L'appel d'offres ouvert qui sera lancé incessamment, mais dont bien sûr les résultats ne seront mis en oeuvre que si le premier se révèle infructueux, adopte l'option d'achat. Le bloc mis en vente portera sur 51% des 3 sucreries avec option d'achat pour 19 % complémentaires. Selon toute probabilité, le prix de cession fixé est supérieur à celui offert aux sucreries.

    L'éventuel acquéreur devra lever l'option dans 3 mois, c'est-à-dire acheter aux mêmes conditions pour atteindre 70% ou abandonner ce droit. Mais dans le cas des sucreries, les cahiers des charges comprennent une contrainte: l'acquéreur doit fusionner les 3 unités dans un délai de 12 mois pour permettre "l'introduction en bourse". Le texte de l'annonce faite pour l'appel d'offres de Fertima ne le mentionne pas, mais il comporte aussi cette option d'achat, de même que la Sonasid.

    "70%, c'est le niveau de contrôle absolu et nous laissons aux acquéreurs qui le désirent la possibilité d'y accéder".

    "Les 30% restants iront systématiquement à la bourse et aux salariés", annonce M: Saaïdi. Fertima et Sonasid pourraient donc être proposées aux petits épargnants dans un avenir proche. Les sucreries ne le seront qu'une fois fusionnées juridiquement. Mais pour la dynamisation du marché boursier, les opérateurs fondent plus d'espoirs sur la BMCE et la SNI pour des questions de taille.

    J. B.

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