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    Le risque de change freine l'utilisation d'une ligne de crédit portugaise ouverte au Crédit du Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:145 Le 15/09/1994 | Partager

    La consommation des lignes de crédit libellées en devises se heurte à l'absence de moyens de couverture. Au "Crédit du Maroc, la ligne à moyen et long termes ouverte par la banque portugaise Banco de Fomento E Exterior (BFE) attend toujours les investisseurs.

    Une année après sa mise en place par la BFE auprès du Crédit du Maroc, la ligne de crédit à moyen et long termes, d'un montant de 200 millions de Dirhams, n'a pas encore été utilisée. Ouverte aux entreprises marocaines, elle est destinée aux financements des importations de produits d'origine portugaise pour un montant équivalent à 85 % du marché. Outre le Dollars les transactions peuvent être réglées en Francs français, Marks, Livres Sterling, Escudos ou Pesetas.

    Risques de change

    Pour M. Mounir Lahlou, de la Direction des Affaires internationales, deux raisons sont à l'origine de la non-utilisation de cette ligne.

    Première explication: le courant d'échanges entre le Portugal et le Maroc n'a pas, pour l'heure, atteint un niveau très élevé. En effet, ce pays est très loin derrière la France, l'Espagne et l'ltalie qui constituent en 1993 les trois premiers partenaires commerciaux du Maroc. En 1990, les importations en provenance du Portugal n'atteignaient que 0,74 % du montant global et 0,63 % en 1991. En ce qui concerne les exportations vers ce même pays, elles arrivaient, respectivement pour 1990 et 1991, à hauteur de 0,75 et 0,95%.

    Second aspect du problème: la couverture des risques de change de meure encore posée. Depuis la libéralisation des financements extérieurs, les entreprises locales peuvent s'endetter en devises tout en prenant en charge les risques de change. Mais, paradoxalement, il n'existe pas encore de produits de couverture, les quels dépendent directement de la mise en place d'un marché des changes. Celui-ci entre dans le cadre global de la réforme du système de financement de l'économie. Au même titre que le marché monétaire, il se fait toujours attendre.

    La conséquence est que les lignes de crédit existent, mais les entreprises craignent d'emprunter en monnaies dont elles ne maîtrisent pas le comportement. Auparavant, les lignes de crédit étrangères destinées aux investissements étaient libellées en Dirhams. C'est le cas des lignes BEI, SFI, BIRD I, Il et III. En fait, le Trésor assurait directement la couverture des risques de change. L'utilisation était donc plus rapide du fait que, pour une entreprise, la question de la gestion des risques était dès le départ transférée sur une autre entité. Mais, depuis que l'Etat s'est désengagé de ce volet, le problème reste entier.

    Il est vrai que les taux d'intérêt sur la plupart des monnaies étrangères sont bien en dessous des taux domestiques. L'emprunt en devises peut donc être très intéressant.

    A court terme, l'opération s'avère moins dangereuse. Une ligne de crédit ouverte en même temps par la banque portugaise au profit du Crédit du Maroc est en train d'être utilisée. Cette ligne porte sur un montant de 10 millions de Dollars. Elle est destinée au financement des importations de produits de consommation d'origine portugaise pour une valeur d'au moins 50.000 Dollars. Le coût du crédit est basé sur le Libor de la devise de financement augmenté de 0,625 % par an. S'y ajoute une commission d'aval prélevée par le Crédit du Maroc.

    Crédit acheteur

    Certes le risque de change n'est pas le seul facteur explicatif de la différence d'utilisation des deux lignes. Mais force est de noter que, sur un horizon plus ou moins long, l'incertitude devient plus importante. Du coup, l'emprunteur éprouve, dès le départ, le besoin d'estimer les pertes éventuelles afin de s'en prémunir si toutefois les moyens existent.

    Autre problème, le recours aux financements en devises nécessite une certaine expertise que la plupart des entreprises n'ont pas encore acquise.

    En attendant que le marché des changes se mette en place, les banques sont déjà en train de développer des compétences en la matière pour mieux s'impliquer dans le nouveau paysage financier dont les contours définitifs tardent à se faire jour. De même, elles négocient des lignes étrangères directement consommables en devises pour le compte des entreprises marocaines.

    Dans ce domaine, le Crédit du Maroc a conclu plusieurs conventions de crédit acheteur avec des institutions financières étrangères. A noter la convention de crédit acheteur multi-devises d'un montant de 5 millions de Livres conclue avec Paribas Londres et le crédit acheteur d'un montant de 10 millions de Dollars accordé par le Crédit Lyonnais New-York et garanti par l'Eximbank. Par ailleurs, le Crédit du Maroc a renouvelé avec la Cobank (National Bank for Cooperatives de Denver aux Etats-Unis) l'accord portant sur la ligne de crédit GSM 102 destinée aux financements d'importations de coton et de céréales fourra gères d'origine américaine.

    A.D.N.

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