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«Mettre en place une politique de proximité...»Entretien avec Najat M'jid, présidente de l'association Bayti

Par L'Economiste | Edition N°:1445 Le 27/01/2003 | Partager

. L'Economiste: Le phénomène des sans-abri prend de plus en plus d'ampleur ces derniers temps. Nombreux sont ceux qui préfèrent la rue aux centres d'accueil. Cela révèle-t-il les failles du dispositif mis en place?- Dr Najat M'jid: Les sans-abri reflètent le dysfonctionnement d'une société de plus en plus excluante: pauvreté, chômage, exode rural, mégapolisation anarchique, éclatement familial... Il sera appelé à croître tant qu'en amont, les déterminants de cette exclusion ne seront pas traités et qu'en aval, des alternatives dûment étudiées ne seront pas mises en place. Il n'existe pas à proprement parler de dispositif pour sans-abri. Les centres d'accueil pour adultes sont quasiment inexistants. Par ailleurs, ils ne doivent pas représenter l'unique solution. En ce qui concerne les enfants, les centres de sauvegarde (Jeunesse et Sports) accueillent les enfants errants saisis par la police. Les ONG disposant de centres d'accueil permanents pour enfants sont peu nombreuses. Leur capacité est largement dépassée. A titre d'exemple, Bayti dispose d'un refuge et de 7 appartements et cela ne suffit pas. Mais nombreux sont ceux qui préfèrent la rue, car elle représente des alternatives, à savoir liberté, économie informelle, solidarité... Par ailleurs, le vécu institutionnel (nombreux passages par divers centres) n'a pas laissé de souvenirs mémorables de par les conditions de vie, le déficit d'encadrement et l'absence de perspectives futures.. Quelles sont les solutions que vous préconisez dans l'immédiat pour améliorer le dispositif d'accueil des ONG et des pouvoirs publics?- Le centre d'accueil doit être vécu comme une étape transitoire en vue d'une préparation à la réintégration sociale. Donc, cela suppose une mise en place de structures complémentaires: actions ambulatoires, centres jour, centres nuit, ateliers... Pour passer de l'exclusion à l'intégration, plusieurs étapes sont nécessaires: identification précise de la problématique, adhésion du bénéficiaire, réhabilitation, élaboration et mise en oeuvre du projet de vie. Cela suppose donc l'existence d'une politique de proximité (communes, collectivités locales), basée sur la médiation sociale (travailleurs sociaux formés à l'approche psycho-sociale), de structures d'accueil adaptées (centres jour, refuges de programmes innovants en matière de formation, d'éducation et de réhabilitation, basés sur l'approche par compétences, des services sociaux de base accessibles.... Par ailleurs, une politique nationale de lutte contre la précarité et l'exclusion, basée sur une approche transversale, incluant tous les départements étatiques concernés, les ONG et le secteur privé reste nécessaire. S'y ajoute le suivi régulier avec indicateurs mesurant l'impact des actions menées.. Vous avez beaucoup travaillé sur le dossier des enfants de la rue. Pensez-vous que cette problématique nécessite un traitement particulier?Les enfants en situation de rue nécessitent une approche spécifique, imposant une méthodologie particulière (voir encadré). Parallèlement à cela, le travail avec les familles est capital. Il faut, au lieu de créer des ghettos dans lesquels ces enfants seront parqués, plutôt construire avec eux leurs projets de vie, les accompagner, les protéger, les éduquer, les guider et surtout les projeter.


«Sas-rue»

La situation des enfants de la rue nécessite un traitement particulier, précise Dr Najat M'jid. Au préalable, il faut passer par l'approche enfant: aller vers le jeune, gagner sa confiance, identifier sa problématique, déterminer sa typologie... Cette étape déterminante est portée par des éducateurs-rue ayant une parfaite maîtrise de la problématique de la rue. Des ateliers-rue, un sas-jour doivent être mis à la disposition de ces jeunes errants. Une analyse systémique de la situation et de la typologie de la famille (dimensions affective, éducative et économique...) devrait être établie. Même le quartier d'origine, le vécu scolaire, le passé du jeune (apprentissages, exploitation économique, institutions, prison...) devraient être étudiés. Le vécu-rue à son tour est analysé: degré de dépendance à la rue et à la colle, usage de la rue, statut-rue... Pour Najat M'jid, la réhabilitation du jeune passerait d'abord par l'extraction de la rue (foyers, appartements), le renforcement des compétences (ateliers divers et variés: pédago-éducatifs, ludiques, initiation et formation professionnelle). Sans oublier, le traitement des troubles du comportement (focus groupe, entretiens, psychothérapie, ateliers...). Viennent ensuite l'actorisation et la non-stigmatisation des jeunes. Une élaboration du projet de vie adapté à chaque enfant et à chaque situation passe par la réintégration familiale, la scolarisation, l'initiation, la formation professionnelle et l'autoemploi. Bien entendu, ces différentes étapes nécessitent un suivi pour la consolidation du projet de vie et la prévention d'éventuelles rechutes. Parallèlement à cela, une assistance administrative et juridique reste requise. Par ailleurs, l'accompagnement parental est indispensable. Le travail avec les familles reste capital dans l'implication et la sensibilisation.

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