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    Economie

    Maroc -CEE : Un accord "new look" se dessine

    Par L'Economiste | Edition N°:48 Le 08/10/1992 | Partager

    Le troisième et dernier round des conversations exploratoires entre le Maroc et la CEE vient de s'achever sur des accents optimistes des deux cotés. Ceci ne veut pas dire, précisent les deux parties, que l'on passe à la réalisation tout de suite.

    De retour à Bruxelles, la délégation communautaire doit préparer un rapport à la Commission, qui à son tour fera une proposition au Conseil, lequel fixera les termes du mandat de négociation.

    Les procédures européennes sont telles que l'essentiel des enjeux se mettent en place au moment des conversations exploratoires: le Maroc en fait l'expérience par le passé, expérience pas toujours agréable. C'est pourquoi l'énergie est concentrée sur les travaux "exploratoires".

    Les deux parties sont d'accord sur l'obligation de rénover de fond en comble les relations et d'aller plus loin. Les calendriers, les rythmes ou l'ordre des priorités divergent, mais pas de manière fondamentale. "Le modèle de ce que nous proposons n'existe pas, inventons-le", dit la partie marocaine. Imagination, innovation et détermination sont les trois mots que l'on rencontre le plus souvent chez les négociateurs marocains. "Ne faisons pas la révolution, évoluons plutôt", dit la partie européenne, mais par rapport aux deux précédents rounds, l'écoute est plus attentive. Bruxelles lance l'idée d'accord à la manière de ceux des pays de l'Est, mais pour Rabat, "le Maroc a déjà l'essentiel du contenu, donc il faut un peu plus".

    Les "piliers" politiques ou de coopération ne posent pas vraiment de problème. Par contre, les points chauds sont les produits agricoles dits sensibles, les reliquats textiles, et les communautés marocaines en Europe.

    "Ce n'est pas le moment de soulever les éléments pratiques du régime agricole", déclare M. Pratt, le Chef de la Délégation Européenne, à L'Economiste, "mais nous sommes déterminés à aller aussi loin que possible pour faire des offres intéressantes". "Il serait navrant de buter sur quelques kilos de tomates", note M. Sasson, Directeur au Ministère de l'Agriculture et négociateur redoutable sur les points agricoles. La phrase a un double sens: ne pas ralentir l'avance des travaux mais aussi sortir définitivement du mécanisme. Côté européen, les membres de la délégation annoncent avoir "connaissance d'une volonté américaine de reprendre et résoudre avant début Novembre les questions agricoles au GATT". Si cela se fait, alors des pans entiers de la Politique Agricole Commune devront être désarmés, notamment les mécanismes de protection. "Nous n'avons pas eu vent de cette volonté, indiquent les Marocains, mais ce serait une bonne chose, qui permettra d'aller au-delà de la question des prix des mécanismes de protection". Il faudra reparler de la préférence sur la tarification", glissent-ils montant ainsi la barre d'un cran.

    "La conjoncture politique interne, notamment en France et en Espagne, est-elle bonne pour tous ces bouleversements", s'interroge Rabat, qui rappelle le "canulard de l'été "où "alors que pas une de nos tomates ne pouvait entrer en Europe, les producteurs communautaires se sont mobilisés contre l'invasion de la tomate marocaine". Est-ce une farce ou un message, s'interroge Rabat. Chez la Délégation Européenne, l'impression est que le remue-ménage politique et social qu'apporteront toutes les modifications à naître du GATT finiront par se résorber et que demeure inchangée la volonté politique, "clairement exprimée et maintes fois réitérée" de maintenir la position des offres marocaines: "C'est un espace stable dans l'environnement immédiat de la communauté et nous parions dessus", rappelle-t-on sur tous lestons.

    M. Pratt souligne pour sa part que la Communauté comme le Maroc sont déjà engagées dans le pari: "nous n'avons pas attendu pour nous engager dans des collaborations comme les canaux d'affaires, les relations scientifiques, universitaires..."

    Côté industrie, la balle est plutôt dans le camp marocain, où l'idée de zone de libre échange implique des préparations de structures productives. "Une grande partie du travail est faite, il faudra continuer", souligne Rabat qui annonce que le principe d'un Fonds revolving de Soutien à la Reconversion est d'ores et déjà inscrit sur l'agenda de travail. "Nous ne voudrions pas qu'il soit conçu comme de la charité ou de l'assistance", insistent les négociateurs marocains.

    En matière sociale, Rabat aimerait que l'on perçoive davantage les flux migratoires comme des "flux d'êtres humains" et soutient vivement l'idée que l'on croit apercevoir d'une communautarisation partielle des questions de l'immigration, "pour les personnes légalement installées" Visiblement, les fonctionnaires de Bruxelles goûtent ce soutien, mais sont assez désarmés dans les travaux qui se déroulent entre la Commission et les gouvernements des Etats membres.

    N.S.

    Intégration de l'Espagne

    probablement pour Janvier

    Quid du statut du Maroc?

    Aucune proposition de la Commission au Conseil n'a encore été faite pour accélérer le processus d'intégration de l'Espagne à la Communauté Européenne. Néanmoins, de sources concordantes, on s'attend à ce que, proposition soit faite de manière à ce que, pour le 1er Janvier 1993, la restrictions d'entrée des produits espagnols sur le marché communautaire soient désarmées. Ce désarmement concernera tout ou du moins la plus grande partie des restrictions, en particulier les prix dits "d'entrée" sur les produit agricoles.

    Dans la foulée, c'est un terme de l'accord d'adaptation conclu entre le Maroc et la CEE qui se trouve en jeu.

    En effet, cet arrangement prévoit le "maintien des courants d'échange traditionnels". Cette disposition avait fait l'objet de négociations très serrées au milieu des années 80, sur la manière de mettre en pratique le principe politique ainsi énoncé.

    Le principe demeure, Européens et Marocains sont d'accord sur ce point.

    Sa pérennité va obliger à réviser le mécanisme des prix de référence. Du côté marocain, leur suppression ne devrait pas faire de doute. Ce qui gène surtout dans les mécanismes des prix de référence, c'est le côté pénalisation de l'origine tout entière. Du côté européen, on reste très discret sur la solution de remplacement, tout en indiquant que le statut auquel on pense "ne sera pas une nouveauté" et qu'il existe déjà parmi l'arsenal des régulations, sans donner de précisions supplémentaires. On laisse cependant entendre que le mécanisme de la pénalisation par origine vit ses derniers mois, si effectivement, la proposition d'accélérer l'intégration espagnole est faite puis appliquée.

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