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    Economie

    L'état de la flottille handicape la conserve de poisson

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager



    La farine de poisson n'est pas responsable de la pénurie des captures. Celle-ci est plutôt liée au retard de la modernisation de la flottille et aux perturbations climatiques. Une solution: l'affrètement de bateaux par les industriels.

    L'INDUSTRIE de la conserve de poisson est en proie à une pénurie de poissons pélagiques. Depuis quelques mois, les prises sont irrégulières. Cependant, la situation n'est pas jugée dramatique par les industriels. Quant à l'industrie de la farine de poisson, elle continue de jouer son rôle de régulateur. A en croire les conserveurs, elle n'est pas responsable de la rareté de la matière première survenue entre juillet et août. Les raisons invoquées concernent davantage les conditions climatiques qualifiées d'anormales et la lenteur de la modernisation de la flottille. Les perturbations climatiques auraient eu des répercussions néfastes sur les zones de pêche traditionnelles.
    De plus, le retard du réchauf-fement des eaux explique les écloseries tardives et l'abondance de petits poissons observée actuel-lement. Enfin, le déplacement des bancs de poissons rend la pêche dif-ficile pour les bateaux traditionnels.
    Pour les opérateurs, la situation présente s'explique surtout par le retard de la mise en oeuvre du programme de restructuration arrêté par l'Office National des Pêches (ONP) en début d'année, même s'ils reconnaissent le mérite de la politique d'ouverture adoptée par l'Administration. "Les instruments sont là, aux intervenants de les utiliser", déclare un responsable.
    Les actions préconisées par le programme n'ont pas été suffisamment diffusées. Ce qui freine la mise à niveau des petits bateaux et confine les pêcheries traditionnelles dans les mêmes difficultés depuis plusieurs années.
    Pour autant, la pénurie de matière première ne handicape pas toutes les unités de conserve. Il en est ainsi des trois groupes de conserveurs détenteur, depuis octobre 1996, de licences d'affrètement provisoires pour une durée de deux ans. Les quatre bateaux affrétés opèrent de façon satisfaisante au Sud de Boujdour. "Ils pêchent dans des zones suffisamment éloignées pour ne pas gêner la flottille tradition-nelle et sont dotés d'une capacité de réfrigération importante", explique un directeur de conser-verie. Les quatre bateaux fournis-sent en moyenne 250 tonnes par débarquement. A ce jour, ils auraient livré près de 11.000 tonnes de poissons pélagiques de bonne qualité et dans des conditions optimales. "De plus, selon les estimations de l'Institut des Pêches Maritimes, le stock actuel de poisson dans la zone sud est évalué à près d'un million de tonnes", tient à préciser l'industriel.
    Il apparaît que le problème de l'approvisionnement découle davantage de l'irrégularité que de la qualité. Selon les opérateurs, il serait en partie résolu par l'augmentation du nombre de bateaux affrétés opérant dans des zones hors pêche traditionnelle. Un handicap toutefois. Compte tenu de la taille limitée de leur capacité de traitement, plusieurs unités de conserves ne pourront faire face aux apports massifs de ces bateaux. A l'instar des trois premiers groupes, les industriels devront opter pour des pools susceptibles d'absorber les tonnages débarqués et de "digérer" l'investissement.
    Toutefois, certains d'entre eux pourraient hésiter à s'engager dans cette voie. D'abord, l'obtention de la licence provisoire limite la visibilité sur deux ans. De plus, le contrat d'affrètement est renouvelable tous les deux mois. "Autrement dit, nous risquons le tout pour le tout tous les deux mois", est-il indiqué.
    Les industriels détenteurs de licences provisoires reconnaissent unanimes qu'une période d'essai était nécessaire. D'une part, il fallait prouver aux armateurs traditionnels qu'il était possible d'approvisionner les usines en poisson de qualité sans empiéter sur leurs intérêts et tout en préservant la ressource halieutique. D'autre part, les industriels ont absorbé les déchargements sans difficulté tout en assumant financièrement l'opération.
    A présent, il est temps, estiment-ils, d'aller au bout de la logique en délivrant des licences définitives. Si la pérennité de l'exploitation des bateaux est assurée, il sera possible par exemple d'acheminer du poisson de qualité vers les usines de Safi et d'aider l'industrie locale à renaître de ses cendres.o

    Bonne tenue des exportations


    Les sous-produits ne sont pas responsables de la pénurie de poissons pélagiques. Les conser-veurs eux-mêmes reconnaissent que la concurrence n'émane pas des producteurs de farine de poisson.
    Bien au contraire, ces derniers régulent le marché en absorbant le poisson non utilisable par les conserveries.
    Ce constat est d'ailleurs confirmé par les chiffres diffusés par l'Office National des Pêches. Ainsi, entre janvier et juin 1997, la conserve de poisson a traité quelque 45.000 tonnes de poissons pélagiques contre 37.000 tonnes, soit une hausse de 21% par rapport à la même période de l'année dernière.
    Les tonnages absorbés par les sous-produits sont pour leur part restés stables durant les deux périodes, à 49.000 tonnes. Les tendances sont donc maintenues et la mise en cause de la montée en puissance des fariniers est sans fondement.

    En revanche, un fléchissement des captures de sardines est relevé au terme du premier semestre 1997. Celles-ci sont ainsi tombées de 99.000 à 83.000 tonnes. Les prises de maquereaux et des anchois connaissent un mouvement inverse. De 4.000 tonnes, les captures de maquereaux ont bondi à 14.000. Celles des anchois ont grimpé de 4.000 à 17.000 tonnes.
    Les autres types de poissons pélagiques (chinchard et thonides notamment) ont maintenu leurs tonnages respectifs.
    Pour leur part, les exportations de conserves et semi-conserves ont généré à fin juin une recette de 719 millions de DH contre

    646 millions, l'année précé-dente. Les ventes de conserves de sardines arrivent en tête avec 426 millions de DH contre 402 millions en 1996. Elles sont suivies par la conserve de maquereau qui a drainé 49 millions de DH contre 34 millions.
    La demande mondiale est jugée exceptionnellement élevée cette année. Plusieurs explications sont avancées: raréfaction de la sardine au Portugal, le principal concurrent européen; la baisse des ventes de sardines congelées par la Russie suite à la raréfaction de bateaux viables...
    Dans un contexte de demande forte, les conserveurs subissent de plein fouet la pénurie de matières premières des mois de juillet et août. Ce qui ne manquera pas de tirer à la hausse les prix à l'export.

    Mouna KABLY

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