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    Economie

    Les grands chantiers de la décentralisation

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Gestion saine des affaires publiques, assistance technique de l'Administration centrale, amendement de la Charte communale en perspective... Autant de points abordés lors des journées d'étude sur les entités décentralisées.


    A peine installés, les responsables des collectivités locales se sont mis au travail. Les présidents des conseils communaux, des assemblées élues ont été conviés à Casablanca pour participer activement les 8 et 9 septembre aux journées d'étude consacrées à la décentralisation. Objectif: mieux appréhender le système de la décentralisation. Le chef d'orchestre de la rencontre ayant réuni également les walis et les gouverneurs n'est autre que M. Driss Basri, ministre d'Etat à l'Intérieur. Pour lui, le but de ces journées est de permettre aux collectivités locales de faire preuve de performance et de transparence dans la gestion des affaires publiques. Ces orientations n'excluent pas le contrôle a priori et posteriori. D'ailleurs, le ministre a également annoncé un prochain amendement de la Charte communale datant de 1976 et l'élaboration d'une loi organique relative à la décentralisation et à la déconcentration. Autre nouveauté: la région et les autres collectivités locales auront prochainement leur Bulletin Officiel.

    Dans un point de presse (avec un retard de plus d'une heure et demie sur l'horaire prévu), M. Driss Basri a affiché la couleur: la décentralisation n'était pas un emblème mais une réalité. Les erreurs commises par des élus au cours de leur précédent mandat ne doivent pas pousser à la généralisation. La plupart d'entre eux n'obéissent pas à cette image négative. «Un poisson pourri empeste le panier», lancera-t-il avant de nuancer en dressant quelques profils colorés des présidents des conseils: boucher, instituteur, chômeur notamment. «On ne peut pas attendre de pareils présidents, des performances d'un ingénieur rompu à la chose publique», dit en substance le ministre, tout en confirmant l'assistance que l'Administration est prête à apporter, au niveau de l'étude, la conception, la planification, le financement et la réalisation des projets. Sur ce registre, il a déclaré en substance que «le Ministère de l'Intérieur est devenu le frère des Ministères.

    Son statut de mère a pris fin».
    Il a stigmatisé également «les ennemis de la décentralisation» qui torpillent ce processus. Pour M. Basri, il s'agit d'anoblir ce système quelles que soient les défaillances passées de la décentralisation.
    Pourtant la veille, dans son discours d'ouverture, le ministre avait reconnu que «la qualité de la gestion locale passée n'a pas toujours été à la hauteur des efforts déployés par les pouvoirs publics pour améliorer les ressources financières des collectivités locales». D'ailleurs, de nombreuses anomalies de gestion graves ont été relevées par l'Inspection des Finances Locales et des auditeurs internationaux. L'analyse avait porté sur un échantillon de 155 collectivités locales. Des poursuites ont été engagées envers les gestionnaires indélicats.
    M. Basri, s'appuyant sur son autre métier de professeur, cite l'écrivain et homme politique français, Alexis Charles de Tocqueville: «Seul un Etat fort peut se libéraliser, se démocratiser et se décentraliser».

    L'homme de Jerrada


    Juste avant la fin des travaux de cette manifestation, M. Basri appelle à la tribune le président de la Commune de Jerrada, qualifiée de ville déprimée. L'homme de l'Oriental est diplômé, chômeur et président de cette commune pour un second mandat. Le ministre rappelle les faits: lors d'une précédente rencontre avec les élus de la région de l'Oriental à Nador, il y a de cela quatre ans, M. Basri avait demandé à MM. Mohamed Hajjaj et Driss Toulali de faire le nécessaire pour trouver au jeune «quelque chose à faire». Plusieurs années écoulées, à l'image des électeurs qui ont renouvelé leur confiance dans l'élu de Jerrada, le ministre a réitéré la demande à ses deux collaborateurs. Séquence publique où l'émotion atteint son comble. Tocqueville revient à l'esprit, sauf cette fois pour dire que «la première tâche d'un Etat est d'apprendre aux citoyens de se passer de lui».

    Mohamed CHAOUI


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