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Le crédit-bail se rapproche de l’âge adulte

Par L'Economiste | Edition N°:2208 Le 07/02/2006 | Partager

. L’activité en est encore à la première génération d’emplois. Les professions libérales plébiscitent le financement par leasing. La marge de croissance de l’immobilier est énormeSaviez-vous que plus des 2/3 de la flotte aérienne dans le monde est financé par leasing. Cette proportion est de 80% dans le transport maritime mondial. Transporteurs aériens et armateurs sont de gros pourvoyeurs de la demande de leasing à l’échelle internationale. Les deux secteurs profitent de l’ingénierie développée en matière de leasing opérationnel et financier par les grands groupes internationaux. Même les monopoles de chemin de fer en Europe renforcent leur parc de locomotives en recourant massivement à cette technique de financement. Plus près de nous, Royal Air Maroc utilise le leasing pour financer le développement de sa flotte. La compagnie aurait même obtenu une dérogation exceptionnelle pour faire passer dans son bilan fiscal, le traitement de ses avions selon l’interprétation de normes comptables et financières internationales (IFRS). Contrairement à la doctrine comptable marocaine qui privilégie l’apparence juridique sur la réalité économique, une comptabilité aux standards IFRS assimile les biens acquis par crédit-bail aux actifs appartenant à l’entreprise. Ce qui compte c’est l’usage que l’on fait du bien et non la forme du financement. De ce fait, ces actifs sont portés au bilan et non dans les engagements hors bilan. Ce ne sont pas les redevances leasing que l’entreprise impute dans sa base d’imposition mais des dotations aux amortissements. C’est cette petite dérogation qu’aurait décrochée Royal Air Maroc, probablement pour lui permettre d’être en phase avec ses concurrents. A l’échelle nationale, nos leaseurs ne traitent pas encore de contrats d’acquisition d’avions ou achat de navires malgré la brèche ouverte par le groupe maritime marocain IMTC, pour l’une de ses toutes dernières acquisitions. Sogelease, filiale du groupe Société Générale, a pris une longueur d’avance sur la concurrence. Selon les experts de Drewry Shippings Consultants(1), la société avait acquis des navires porte-conteneurs loués à IMTC.Le crédit-bail en est encore à la première génération d’emplois. Les bailleurs de fonds focalisent essentiellement sur le mobilier et un peu moins sur l’immobilier, ce dernier se heurtant encore aux blocages psychologiques (voir article en page intérieure). Dans les marchés les plus évolués, le leasing peut toucher jusqu’au système d’information de l’entreprise, notamment le parc informatique, les applications et la maintenance favorisé par la politique d’externalisation de grandes multinationales.Pour le reste, le potentiel du leasing, mobilier et surtout immobilier, est énorme si l’on en juge par les chiffres émanant de professionnels. A fin septembre 2005, la croissance de l’activité a été de près de 30% (29,6%) comparé à la même période un an auparavant. Le rythme de progression est encore plus impressionnant que celui des crédits immobiliers, jadis champions toutes catégories du financement bancaire. Pour les neuf premiers mois de l’année dernière, la production du crédit-bail s’est établie à 5,8 milliards de dirhams, à 700 millions de dirhams de la performance de l’exercice précédent. C’est essentiellement le financement de l’équipement mobilier qui entretient la demande de leasing, si l’on excepte le formidable boom de la location avec option d’achat (LOA), qui accélère la croissance du marché automobile et peut-être la motorisation du pays. Le crédit-bail mobilier représente 87% de la production globale du leasing et près de 78% de l’encours global (source APSF).La LOA enregistre une croissance telle qu’à un certain moment, les sociétés de leasing en sont venues à se demander si les organismes de crédit à la consommation ne leur faisaient pas une concurrence déloyale. Les discussions ont dû être chaudes au sein de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) où cohabitent les deux branches. A l’évidence, le crédit-bail est plébiscité par les professions libérales, médecins, avocats, notaires, architectes, etc. qui y apprécient le caractère flexible de ce mode de financement et surtout, la rapidité du traitement des dossiers, pour s’équiper ou suivre l’évolution technologique (médecins). Il se raconte d’ailleurs qu’à chaque fois qu’un dossier de crédit est rejeté par la banque, il est souvent réorienté vers la filiale de leasing de l’établissement. Ce qui ne veut pas dire que l’analyse du risque soit plus laxiste dans ce dernier cas. Par rapport au «crédit classique», notamment au niveau des garanties du souscripteur, le leasing présente plus de souplesse. Il peut constituer un instrument très intéressant dans le cadre de la gestion financière et de la gestion de bilan (capacité d’endettement préservée, libération des ressources financières), sans compter les avantages fiscaux.C’est le développement du leasing immobilier (838 millions de dirhams en 2004) qui recèle le plus fort potentiel de progression vu la faible part qu’il représente sur le marché (un peu moins de 13% des engagements). Son développement se heurte en partie à une barrière psychologique difficile à franchir chez les entreprises, analyse Youssef Ammor, directeur administratif et financier de Maroc Leasing. Pour beaucoup de sociétés, investir en immobilier sans être propriétaire n’est pas concevable, ajoute-t-il. Par ailleurs, les avantages associés au crédit-bail immobilier ne sont pas toujours perceptibles par les opérateurs économiques. Il y a donc là un gros effort de pédagogie de la part des opérateurs.De même, le fait que la durée moyenne du crédit soit plus courte, selon les pratiques professionnelles, dix ans, pose un problème de refinancement pour les sociétés de crédit-bail. Cette situation crée la rupture du principe d’équilibre financier de la correspondance entre la nature des emplois et des ressources. Dans le cas d’espèce, ce sont des ressources longues qui sont adossées aux emplois courts, ce qui peut avoir un impact sur le prix de sortie du crédit.


Les contraintes des armateurs marocains

Très peu de transporteurs dans le monde détiennent en propre leur tonnage. La règle est de se tourner vers les opérateurs de société de leasing de manière à profiter de la flexibilité. Selon les experts de Drewry Shippings Consultants, 80% des lignes de conteneurs exploitent des flottes en crédit-bail (financier ou opérationnel) via des contrats d’une durée minimale de 5 ans avec option d’extension. A côté de ces formules de court terme, des montages de longue durée sont de plus en plus la règle. Cette possibilité de se financer par leasing lève la contrainte financière qui pèse sur les transporteurs maritimes. Le marché local offre peu de possibilités, les opérateurs de crédit-bail ne souhaitant pas trop s’exposer aux risques dans le maritime. Rien sur le papier n’empêche les armateurs marocains de s’adresser au marché international. Mais la réalité serait tout autre, notamment à cause de la complexité, voire des barrières administratives. Contrairement aux facilités accordées au transport aérien (pas de clause de domiciliation du propriétaire de l’avion), le propriétaire étranger d’un navire loué à une compagnie marocaine doit obligatoirement être domicilié au Maroc, sinon impossible de faire transférer le paiement de redevances. Abashi SHAMAMBA-------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) A la demande du gouvernement, le cabinet anglais avait réalisé une étude sur le développement stratégique et institutionnel du transport maritime. Le rapport intitulé «Etude institutionnelle et stratégique du secteur du transport maritime au Maroc», a été rendu à l’automne 2005 au gouvernement. Ce dernier devrait s’appuyer sur ses conclusions pour la réforme du secteur.

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