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Le lease-back rétablit la situation bilancielle, mais…

Par L'Economiste | Edition N°:2208 Le 07/02/2006 | Partager

. Ce mode de financement représenterait 5 à 10% du marché. Un très bon levier économique mais peut masquer de grosses difficultés «Opération lease-back». Et non, ce n’est pas la dernière superproduction de Steven Spielberg mais une technique de financement ou plutôt de refinancement, de plus en plus convoitée par le monde de l’entreprise. Cette formule permet de dégager rapidement du cash en cas de difficulté financière. En effet, le lease-back est un montage d’ingénierie financière qui permet à l’entreprise de vendre un actif qu’elle détient dans ses comptes à un crédit bailleur (société de leasing), qui lui loue par l’intermédiaire d’un contrat de crédit-bail. L’entreprise devient donc locataire d’un actif dont elle était précédemment propriétaire mais bénéficie néanmoins d’une option d’achat sur cet actif. “Le lease-back a cette particularité d’avoir deux intervenants au lieu de trois, à savoir le fournisseur du bien qui est lui-même le bénéficiaire du leasing et la société du crédit-bail qui achète le bien au preneur lui-même et le lui propose en location sous forme de crédit”, indique Abdelkader Rahy, président du directoire de Crédit du Maroc Leasing. Il est entendu que cette technique de financement obéit à un certain nombre de règles. “La réussite d’une opération de lease-back repose principalement sur sa justification économique et sur une bonne utilisation du cash généré par la cession de l’actif. Une utilisation à bon escient du lease-back constitue un levier de développement pour l’entreprise”, ajoute-t-il. Cependant, même si l’utilisation des sommes dégagées est un critère de sélection, celui-ci peut-être détourné de sa finalité par un simple jeu d’écriture, et tout à fait légalement. Le lease-back permet dans certains cas, de conforter la santé de l’entreprise dans les comptes annuels alors que sa réalité économique est tout autre. Si on prend l’exemple d’une entreprise qui traverse une période difficile, possède un siège d’une valeur marchande importante, et qui, en même temps, est complètement amortie. En cédant le bien à la société de financement, celle-ci le sort de fait de son actif. Sur un plan purement financier, le lease-back lui permet, via le produit de la vente, d’améliorer significativement sa trésorerie. De même, sa capacité d’endettement s’accroît ainsi que sa solvabilité. En apparence, la situation financière de la société est nettement confortée par l’opération. De grandes entreprises ont eu recours à cette technique de financement pour rééquilibrer leurs comptes. La Comanav en fait partie. L’armateur marocain a développé un montage de lease-back en 2003. Cette opération devait permettre à la compagnie de libérer immédiatement des ressources propres immobilisées dans les actifs par le renflouement de la trésorerie, d’améliorer sa situation bilancielle et de contribuer au financement de la croissance”, explique Jamal Moukrim, responsable Planification stratégique à la Comanav. Dans ce cas précis, les sommes dégagées grâce au lease-back ont été plus assujetties à assainir une situation financière qu’à contribuer au développement de l’entreprise. Le lease-back peut-il masquer la réalité économique de l’entreprise? D’après un analyste financier, le lease-back en soi n’est pas signe de mauvaise santé financière. Cependant, dans les comptes sociaux, il est indétectable puisqu’il ne fait que baisser la valeur des actifs sans qu’il y ait au niveau du passif une contrepartie. D’autant plus que dans le compte résultat, il apparaît comme une simple charge de crédit-bail, ce qui correspond au loyer mensuel payé par l’entreprise à la société de crédit-bail. Le lease-back peut donc parvenir à masquer les déboires de l’entreprise lorsque celle-ci ne présente pas de comptes consolidés. C’est pour accroître la transparence et la crédibilité de l’information financière, les normes comptables et financières internationales (IFRS) imposent une approche différente et une analyse globale de la situation. Or, très peu d’entreprises ou groupes marocains (pour les groupes cotés, les IFRS sont obligatoires en Europe depuis le 1er janvier 2005) optent pour les référentiels comptables et financiers internationaux. En tout état de cause, lorsque l’entreprise n’utilise pas les normes comptables internationales, le lease-back apparaît comme une charge de location alors qu’elle constitue un actif inscrit au bilan selon les normes internationales. Ainsi, si une entreprise fait face à des difficultés financières et qu’elle utilise le cash dégagé pour éponger ses dettes ou augmenter son résultat net, il est impossible de s’en apercevoir dans les comptes sociaux. Si ce sont les normes internationales qui sont prises en compte, le lease-back est neutralisé de manière à refléter la réalité économique et non juridique de l’entreprise. En outre, cette opération de crédit-bail présente un intérêt fiscal étant donné que l’opération pèse sur le compte de résultat en augmentant les charges, elle réduit ainsi l’assiette imposable. “En cas d’engagement de réinvestir le produit global de cession, les plus-values réalisées sont totalement exonérées de l’impôt. De plus, pendant la durée du contrat, les loyers facturés par le leaseur constituent des charges déductibles pour l’entreprise (voir aussi avis d’expert en page XII).Rachid HALLAOUY

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