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La LOA, principal accélérateur du marché automobile

Par L'Economiste | Edition N°:2208 Le 07/02/2006 | Partager

. 2/3 d’achats de voitures financés par la location avec option d’achat . La hausse de la TVA à 10% pourrait ralentir cette dynamique LE marché automobile contraste avec les chiffres de la conjoncture. Quand la croissance du produit intérieur brut (PIB) atteint au mieux 3-4%, les ventes des véhicules progressent en moyenne de 20, voire 25%, soit six à sept fois le rythme de l’économie. La crise est un mot exclu du jargon des concessionnaires automobiles. Et pour cause, les ventes explosent littéralement grâce au levier de la location avec option d’achat, la LOA qui s’est avérée être le principal accélérateur (rien à voir avec l’accélérateur keynésien) de la croissance du marché automobile. Les professionnels du secteur sont eux-mêmes surpris par la vigueur de la demande (63.655 unités vendues en 2005) malgré la hausse du pétrole et une croissance du PIB plutôt molle. Si la souplesse d’acheter sa voiture par LOA a été décisive, il est très difficile de sortir une seule explication à cette embellie, concède Aziz Rochdi, chef de Ventes chez SMEIA, importateur de BMW. «Il ne faut pas négliger l’effet de la baisse progressive des droits d’importation», complète-t-il. Mais pour nombre d’opérateurs cependant, la location avec option d’achat a été le facteur le plus déterminant. Ce que confirment aussi les organismes de financement -Salafin et Sofac Crédit- l’automobile étant devenue le principal produit d’appel du crédit à la consommation et représente dans certains cas, plus des 2/3 du volume de la production annuelle. L’extension de la motorisation dans les grands centres urbains profite donc directement aux sociétés de crédit à la consommation.. Paiement par anticipationLa formule de la LOA la plus courante est un contrat d’une durée comprise entre deux et cinq ans, au terme duquel le locataire peut acheter sa voiture pour un prix convenu à l’avance ou la restituer et souscrire un nouveau leasing. A en croire les professionnels, cette formule présente l’avantage de pouvoir financer jusqu’à 80% l’acquisition du véhicule (avance 20 à 40%). Mais tous se gardent bien de dévoiler le coût du crédit réel que supporte le consommateur.«Par ailleurs, l’exercice anticipé de l’option d’achat n’est assorti d’aucune pénalité même si le client doit néanmoins régler une partie de la TVA qui n’est déductible qu’après cinq ans», explique Mohamed Bencheikh, responsable Crédit automobile chez Salafin. Il s’agit d’une régularisation de TVA prévue par la loi fiscale. Si le client décide par exemple de payer par anticipation au bout de la deuxième année, il doit payer 60% de la TVA. Cette option est toutefois fortement déconseillée par les organismes de crédit «car elle vide la LOA de son contenu», font-ils remarquer. «Certes, le remboursement par anticipation offre plus de souplesse au client mais on le lui déconseille car il remet en cause l’avantage que la LOA offre par rapport au crédit classique», affirme un responsable de Sofac Crédit. Les sociétés de financement ont placé la location avec option d’achat au cœur de leurs campagnes de promotion en partenariat avec les importateurs. Les promesses vont du taux préférentiel au crédit gratuit. Aujourd’hui, la plupart des clients fondent leur décision d’achat sur l’existence des promotions», avance un responsable de la Scama, importateur de Ford. Ce choix n’est pas sans risque. Comme dans l’électroménager, ces promotions récurrentes finissent par s’ancrer dans le marché en accentuant la saisonnalité des ventes. Elles ne sont pas non plus sans conséquence sur l’image de marque du produit. Beaucoup de clients sont plus sensibles à l’argument du crédit gratuit qu’à celui de la remise. C’est pourquoi, les importateurs proposent aujourd’hui les deux alternativement, explique un professionnel.Si la LOA constitue aujourd’hui le principal moteur de la croissance du marché automobile, elle risque cependant de perdre un peu de son attrait suite à la récente augmentation de la TVA sur les opérations financières de 7 à 10 %. La colère des clients, qui n’a pas tardé à se manifester, a visé les organismes de financement. «Nous avons fourni beaucoup d’efforts pour convaincre nos clients que l’augmentation de leurs mensualités n’est pas de notre faute, mais c’est une décision du législateur», assure Bencheikh. Mais ont-ils besoin d’informer le client alors que le contrat précise expressément que chaque augmentation des charges prévue par la loi ou la réglementation est répercutée sur le client? Le problème est que ce dernier ne lit pas le contrat et se contente de quelques explications expresses au guichet. Ce dont les sociétés se défendent car «le client a toute latitude de lire minutieusement son contrat de location avant de le signer et de solliciter tout complément d’information». Si elle est pénalisante pour la clientèle à pouvoir d’achat moyen, la TVA à 10% sur les intérêts ne devrait pas déséquilibrer radicalement le marché, ni remettre en cause l’attrait pour la LOA, ajoute Bencheikh. Un responsable chez Sofac est beaucoup moins optimiste. Il considère que l’augmentation de la TVA est de nature à ralentir la cadence des ventes. Pereirra Dos Santos, président de Renault Maroc, fait la même analyse: «La hausse de la TVA va certainement pénaliser la LOA et ressusciter l’intérêt pour le crédit classique». Cela pourrait présenter un risque potentiel d’augmentation des impayés. Pour l’instant, le succès de la LOA est une croissance saine pour les sociétés de financement. Par rapport au «crédit classique», le niveau de sinistralité reste dans une fourchette normale. «Le risque est toujours présent dans toute opération de crédit. Pour le minimiser, nous procédons à une sélection rigoureuse des dossiers», souligne un responsable de la Sofac.


La monte locale est moins adaptée

LES véhicules montés localement, à savoir la Logan et les utilitaires Berlingo, Kangoo et Partner ne sont pas financés par la LOA. «Bénéficiant d’une TVA avantageuse (de 7 à 17% selon les modèles), les CKD demeurent financés par le crédit classique, car le montage Loa n’est pas adapté», précise un responsable de la Sofac. La raison en est que la LOA, qui mise sur une TVA avantageuse, ne peut pas s’appliquer à des produits qui sont déjà allégés d’une partie de cette taxe. Le segment des voitures de luxe reste également peu touché par la LOA. Pour BMW par exemple, le leasing conventionnel reste très dominant alors que les demandes d’achat par LOA est peu significative. «La plupart de nos clients contractent les crédits au nom de leurs entreprises. Le reste préfère payer au comptant, car cela lui permet de devenir propriétaire du véhicule sur le champ. Seuls les professions libérales et les petits commerces recourent à la LOA», précise le chef des ventes de la SMEIA.Morad EL KHEZZARI

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