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    La Samir a lancé un programme d'investissement décennal

    Par L'Economiste | Edition N°:54 Le 19/11/1992 | Partager

    Après une période de restructuration, la Samir a élaboré un plan de développement décennal courant jusqu'en l'an 2000. Le montant des investissements prévus est de l'ordre de 5 milliards de DH. Ces investissements accompagnent l'accroissement de la demande, mais aussi les changements structurels que cette dernière va connaître.

    La Samir a élaboré un plan de développement décennal 1990-2000. Le montant prévu de l'investissement est de l'ordre de 5 milliards de DH. M. Menjour, Directeur général de la Samir, note que
    "la Samir, entreprise publique qui ne fait pas partie des privatisables, ne peut garder son activité figée. Au contraire, elle doit contribuer à la croissance et continuer de jouer son rôle de pôle de développement, suivre l'évolution de la demande, valoriser le capital confiance qu'elle a acquis au niveau international". Le Directeur général souligne que "les activités doivent respecter les critères d'une gestion privée performante". Pour lui, il y a un avantage manifeste à être en même temps une entreprise à capitaux publics, et être soumise à la gestion privée.

    Le plan de développement sera financé par cash flow à hauteur de 40% et par des crédits sur la place financière internationale, auprès des banques commerciales à hauteur de 60%. "Nous n'avons pas besoin de financements concessionnels, car notre raffinerie a un bon renom sur la place internationale" , fait remarquer M. Bakkar, Directeur des Etudes et Développement de la Samir.
    Plusieurs projets sont déjà lancés ou devraient l'être très prochainement: économie d'énergie, traitement des eaux usées, désulfuration du gazoil, traitement du fuel en gazoil, augmentation de la capacité de production de l'essence sans plomb, et construction d'une centrale électrique.
    Le plan de développement 1990-2000 est en fait un "plan glissant, et chaque investissement sera décidé en temps opportun avec les instances concernées", explique M. Bakkar. Ce plan s'appuie sur les observations et prévisions d'évolution de la demande, quantitativement mais aussi qualitativement, expliquent les experts de la raffinerie.
    La consommation du gazoil a repris. Son évolution actuelle est de 10% en moyenne. En vitesse de croisière, les raffineurs s'attendent à un taux de croissance annuel de 5%. Le gazoil occupe une place importante de la production de la Samir, puisqu'il représente plus d'un tiers de la production.

    Augmentation de la production des huiles de bases

    Après l'extension de la raffinerie en 1978 et la réalisation, en 1984, de complexe d'huiles lubrifiantes, la Samir a connu une période de pause "mise à profit pour sa restructuration", explique M. Bakkar. La stagnation de la demande du gazoil et du fuel (les trois quarts de la production de la Samir) et la rareté des financements extérieurs ont été les principales raisons de la réduction des investissements de la Samir en cette période.
    Néanmoins, plusieurs actions avaient été menées pour améliorer les performances techniques et économiques des installations, fait remarquer l'état major de la raffinerie. Il y a eu, entre autres, augmentation de la capacité de production annuelle des huiles de base(1). Celle-ci est passée de 100 à 125.000 tonnes, depuis 1988, avec un investissement additionnel de seulement 2% de l'investissement initial.
    De même, des actions d'économie d'énergie ont été réalisées. Actuellement, pour 100 tonnes de brut raffiné, la Samir consomme en fuel oil 7,5 tonnes. La norme internationale est de 7 tonnes.

    Economie d'énergie

    Dans le plan décennal de développement 1990-2000, l'économie d'énergie est toujours d'actualité et fait partie du premier volet d'investissement. "C'est un domaine parmi d'autres où la raffinerie joue un rôle de leader technologique", souligne l'état major.
    Ce volet, au coût estimatif de 680 millions de Dirhams, inclut, outre les investissements ayant pour objectif l'économie d'énergie, l'amélioration fonctionnelle des installations et les infrastructures de base.
    Un traitement des eaux usées par voie biologique est également présent et nécessitera un investissement de 60 millions de Dirhams.
    Ce premier volet concerne aussi le traitement de la pollution atmosphérique. Une étude sur l'environnement de la ville de Mohammédia est en phase de réalisation sur demande d'un comité présidé par la Préfecture. "Nous faisons partie de ce comité, explique le Directeur d'Etudes et Développement de la Samir, nous appliquons déjà les normes européennes". Les techniciens de la Samir sont persuadés que l'audit confirmera le caractère "propre" des activités de leur entreprise.
    Enfin, la Samir compte augmenter sa capacité de production d'électricité afin d'éviter les risques de délestage. "Nos équipements y sont très sensibles. Il nous faut une journée pour arrêter nos machines et une autre pour les faire redémarrer", explique-t-il. Le coût des nouvelles installations est estimé à 120 millions de DH.
    Le nouveau turbogénérateur, qui sera opérationnel à fin 1994, sera d'une capacité de 8 mégawatts. La Samir dispose déjà d'une centrale de 19 mégawatts. "Avec cette nouvelle unité, nous assurerons l'alimentation électrique de l'ensemble de nos équipements sensibles", ajoute-t-il.

    Augmentation de la capacité de stockage

    Toujours dans ce premier volet du plan décennal s'inscrit l'augmentation de la capacité de stockage de la raffinerie. "Les possibilités de stockage doivent suivre l'augmentation du volume du marché", précise M. Bakkar.
    L'investissement dotera la Samir d'une capacité de stockage supplémentaire de 300.000 tonnes de pétrole brut. L'augmentation de la capacité de stockage sera réalisée tout d'abord afin qu'elle soit conforme au cadre législatif: le stock doit être d'un mois de production. Ensuite, cette augmentation de la capacité de stockage répond à des considérations économiques, puisqu'elle offre une plus grande liberté d'approvisionnement sur les marchés internationaux.
    Aujourd'hui, la capacité de stockage de la raffinerie est de l'ordre de 450.000 tonnes qui répondent juste aux besoins de la présente production.

    Les travaux de construction de nouvelles cuves ont démarré fin 1991. Près de 60% des travaux ont déjà été réalisés. Les nouveaux modules devront être opérationnels en Avril 1994. La capacité de stockage sera alors d'un mois et demi et correspondra à la capacité de raffinage qui sera atteinte vers 1996-98.
    Le coût de l'investissement est de 320 millions de Dirhams. Les travaux sont effectués en un consortium d'entreprises. La société Périni apporte son expérience de la stabilisation du terrain, celui-ci se trouvant dans une zone marécageuse. Delattre Levivier Maroc se charge de la construction, et Stam du Génie Civil. Globalement, la participation des entreprises marocaines s'élève à 70% du montant de l'investissement.

    Diminution de la pollution urbaine

    Le deuxième volet du plan de développement de la Samir concerne l'hydro-désulfuration du gazoil. La raffinerie est au stade de la sélection du procédé économiquement et techniquement rentable.
    Le taux légal du soufre dans le gazoil est au Maroc de 1%, mais la pollution dans les principales agglomérations du pays a poussé la Samir à penser à la réduction du taux du soufre.
    La raffinerie se prépare pour une diminution graduelle du taux du soufre dans le gazoil de 1% à 0,5% dans cinq ans, et de 0,5 à 0,2% dans les dix prochaines années(2). Environ 40.000 tonnes de soufre seront ainsi récupérées.
    Les nouvelles installations seront réalisées en deux tranches de chacune des trois unités. Il s'agit de l'unité de désulfuration, l'unité des gaz acides et de celle de la production du soufre. La première tranche des travaux débutera au deuxième semestre 1993 pour être opérationnelle vers la mi-95. Le coût de cet investissement est de l'ordre de 400 millions de DH pour la première tranche. Une deuxième tranche, d'un montant équivalent, est programmée.

    Essence sans plomb

    Le troisième volet du plan de développement est relatif à l'essence sans plomb. "Dans les cinq prochaines années, le Maroc s'intéressera beaucoup à cette question", prévoient les cadres de la Samir. L'augmentation de la capacité de production de l'essence sans plomb répondra à la demande prévisible du marché national tout en renforçant la qualité des exportations de la Samir, puisque la raffinerie exporte des "bases de l'essence" sans plomb et de l'essence à usage pétrochimique.
    Actuellement, la Samir étudie l'intégration de la nouvelle unité dans l'architecture de la raffinerie.
    Cette nouvelle unité permettra de disposer de "bases essence" plus riches en indice d'octane, et d'ajouter, au lieu du plomb, un additif, le MTBE, qui dotera l'essence sans plomb des mêmes performances que l'essence avec plomb. Le coût estimatif de ces nouvelles installations serait de 150 millions de Dirhams.

    Changement structurel de la demande

    Le quatrième volet du plan de développement de la Samir vise la conversion du fuel au gazoil.
    Cette conversion portera sur un volume de 1 million de tonnes. En effet, le passage du gazoduc Maghreb-Europe suppose qu'il sera dû un droit de transit au Maroc. Ce droit de transit pourrait être payable en nature, en l'occurrence en gaz naturel. Comme l'ont déjà déclaré des professionnels marocains, lors du World Forum LPG de Marrakech, le gaz naturel du gazoduc Maghreb-Europe pourrait alimenter les cimenteries et les centrales thermiques. Une perte de marché étant prévisible, les raffineurs pourraient être amenés à convertir une partie de la production du fuel en gazoil.
    Le coût estimatif de cet investissement est de l'ordre de 1,5 milliard de DH. Les études de pré-faisabilité ont déjà été réalisées.

    Enfin, dans son cinquième volet, le plan décennal prévoit le développement d'un pôle pétrochimique, car, jusqu'ici l'activité quasi-unique de la Samir était le raffinage du pétrole brut.
    La production de l'ammoniac (1.500 tonnes/jour), de l'urée pour les besoins de l'agriculture marocaine et des engrais composés pour l'exportation, envisagée depuis plusieurs années, devient économiquement rentable avec l'introduction du gaz naturel. A la fin de la décennie 1990, le marché marocain des matières plastiques permettra d'envisager la production locale des polymères tels que le polyéthylène et le polypropylène qui sont importés actuellement.
    Un plan de recrutement et de formation accompagne évidemment le plan décennal. "La Samir décide des recrutements bien avant le démarrage des projets", souligne l'état major. Elle se base sur la formation et la promotion interne pour disposer du personnel compétent pour la conduite d'installations complexes.

    Laïla TRIKI

    (1)
    Ces installations pour la production de huiles de base ont été réalisées en 1985 pour un coût de 1,1 Milliard de Dirhams

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