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    La mission française à guichet fermé

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Pour 12 demandes d'admissions, une seule est satisfaite. Victime de son succès, la mission française refuse tous les ans de nombreux enfants. Pour répondre à une demande sans cesse galopante, des établissements entièrement financés par les droits d'inscription des élèves ont été créés.


    DES bambins de 4 ou 5 ans, les visages défaits, essayant tant bien que mal de retenir leurs larmes: scénario annuel à l'occasion de chaque rentrée des classes dans les bureaux des examinateurs des établissements français. Les demandes d'admission étant devenues tellement supérieures au nombre de places disponibles ( de l'ordre de 1pour12), les écoles ont été contraintes d'organiser des tests. "On ne peut contenter tout le monde. Les établissements français fonctionnent à guichet fermé et refusent de nombreux enfants tous les ans", affirme M. Jean-Claude Cassier, coordinateur des établissements français.

    Des frais exorbitants

    Les déséquilibres entre l'offre et la demande posent un certain nombre de problèmes qu'il faut résoudre à chaque rentrée scolaire. "Cela suscite des passions et occasionne des incompréhensions de la part des parents. Nous souffrons d'un retour d'image négatif", regrette pour sa part M. René Roudaut, conseiller culturel, scientifique et de coopération à l'Ambassade de France.
    L'enseignement de "type français" au Maroc, largement prisé par les parents, est donc victime de son succès et ce n'est pas un hasard si c'est au Maroc que l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Etranger (AEFE) possède le plus grand réseau d'établissements français au monde. 30 établissements scolaires sont implantés au Maroc: 20 écoles primaires, 5 collèges et 5 lycées qui scolarisent 17.000 élèves dont près de 12.000 marocains. Le taux de réussite est de 77% au brevet et de 88% au baccalauréat. De l'avis de M. Cassier, bien des lycées en France ne peuvent afficher de telles performances.
    La qualité ça se paye. L'enseignement de "type français" n'est pas à la portée de toutes les bourses. Les frais de scolarité des enfants français et marocains ont été fixés dans une fourchette de 11.600DH et 18.192DH par an, soit une moyenne de 15.000 DH/an. "C'est cher, mais ça ne couvre que le tiers du coût réel de cette scolarité", précise M. Roudaut. Bien que placée sous la triple tutelle des ministères français des Affaires étrangères, de l'Education Nationale et du budget, l'AEFE ne prend en charge que 67% du coût total. Le reste revient à la charge de la famille à hauteur de 160 millions de DH, soit 32,4% du coût total.

    Ces frais ont connu une hausse vertigineuse depuis 10 ans. Ils ont été multipliés par deux (inflation non comprise). Cette augmentation va se poursuivre dans les années à venir. "Nous allons augmenter le taux d'autofinancement des établissements. Notre objectif est de tendre vers la moyenne mondiale qui est de 50%", indique M. Roudaut tout en précisant que l'en-seignement français n'est pas le plus cher du marché. L'école amé-ricaine exige des frais d'inscription de 75.000DH par an.
    Compte tenu des contraintes budgétaires, l'AEFE a opté pour deux me-sures. D'abord, il s'agit de maintenir stables les effectifs des établis-sements. Le nombre de places n'augmentera plus. Ensuite, il faut créer des établissements scolaires entièrement financés par les droits d'inscription des élèves. Le premier prototype de ces établissements autofinancés, "Louis Massignon", a ouvert ses portes à Casablanca en 1996.
    Les frais d'inscription sont de 25.000 DH/an, soit 60% plus chers. 300 élèves se sont inscrits cette année dans cet établissement contre 200 l'année dernière. Un succès remarquable, de l'avis de M. Roudaut.

    Trois nouveaux établissements autofinancés viennent d'être créés cette année à Rabat (André Malraux), à Agadir et à El Jadida (Charcot). "L'établissement d'El Jadida était menacé de fermer ses portes. C'est cette formule d'autofinancement qui nous a permis de le maintenir en activité". Ces établissements ont l'avantage d'augmenter leur capacité d'accueil en fonction de la demande qui ne cesse de croître.
    Le succès des établissements autofinancés doit être modéré par les appréhensions de certains parents quant à la qualité des enseignements dispensés. A ce propos, M. Roudaut précise que ces établissements ont les mêmes programmes, le même corps enseignant et la même qualité pédagogique que ceux de la mission. "D'ailleurs, ils sont sous la tutelle de la mission".

    Salim LAHJOMRI

     

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