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Economie

Insuline humaine, une avancée médicale hors de portée

Par L'Economiste | Edition N°:668 Le 27/12/1999 | Partager



· Le Maroc figure parmi les derniers pays à utiliser l'insuline animale pour le traitement du diabète
· L'insuline d'origine humaine, importée d'Europe et d'Amérique, coûte 115 DH contre 42 DH pour l'insuline animale


La fabrication au Maroc d'insuline humaine est techniquement possible. Les milieux pharmacologiques s'accordent à qualifier l'insuline humaine de produit idéal pour les diabétiques insulino-dépendants (pancréas improductif). En tête des avantages physiologiques qu'ils lui reconnaissent, son pouvoir non allergisant, car issue du génie génétique (l'insuline bovine ou porcine est extraite de glandes animales et nécessite un processus de purification). Deuxième atout, elle est hypodistrophique, et engendre moins de tuméfaction après l'injection. De plus, elle est plus active que l'insuline d'origine animale. A quantités égales, son effet en terme d'intensité est supérieur de 20% à l'insuline bovine ou porcine, plus fréquemment utilisée dans le traitement du diabète au Maroc. Cette faculté, toutefois, ne va pas sans poser de problèmes, notamment en matière de rééducation du malade à des doses plus réduites et de réadaptation des instruments utilisés (seringues) à la nouvelle molécule. Une tâche de sensibilisation et d'éducation incombe aux médecins et aux infirmiers. Car "qui dit changement, suppose un risque d'accident", soulignent des responsables du Ministère de la Santé.
Actuellement, le Maroc figure parmi les derniers pays à utiliser l'insuline animale pour le traitement du diabète. Les milieux pharmacologiques expliquent cette situation par la cherté de l'insuline humaine: "la majorité des diabétiques, insulino-dépendants ont un faible revenu et les médecins hésitent à leur prescrire ce type de produit". L'insuline animale coûte environ 42 DH contre 115 DH pour celle d'origine humaine.
Deux laboratoires assurent les approvisionnements du marché en insuline humaine. Le premier, Sothema, fabrique l'insuline animale et importe le médicament d'origine humaine des Etats-Unis. Le second, Laprophan, importe les deux types d'insuline. Son insuline humaine provient du Danemark. En s'orientant vers la fabrication de ce produit, au lieu de l'importer, les industries pharmaceutiques locales permettront aux malades de bénéficier à moindre prix d'une avancée médicale. Mais il reste à résoudre le problème des locaux de fabrication, car les deux produits ne peuvent être fabriqués au sein d'un même laboratoire. En effet, l'insuline d'origine animale est toujours susceptible de porter des germes (le risque 0 n'existe pas même si les manipulations se font dans un milieu stérile) et de contaminer un autre produit.
En attendant, la fabrication à l'échelle locale du produit le plus performant, un abattement des droits de douanes et de TVA sur les importations d'insuline et de lecteurs de glycémie s'impose. Même si 50% de l'insuline utilisée est distribuée par les délégations du ministère de tutelle, elle reste plus chère qu'en Egypte ou en Tunisie. Par ailleurs, près de 80% des diabétiques n'adaptent pas leur dose d'insuline, "vitale", à leur taux de glycémie faute de moyens pour l'achat d'un lecteur. Or, un diabétique doit quotidiennement mesurer ce taux.


La standardisation des dosages


Dans un avenir très proche, le Maroc devra lui aussi adapter le dosage de ses produits aux normes internationales en vigueur.
Actuellement les ampoules d'insuline sont dosées à raison de 40 unités/ml. Or, sur le plan international, la tendance va vers les 100 unités/ml. Aussi les professionnels de la santé estiment-ils qu'il faudra presqu'une année aux milieux médicaux et aux patients pour passer à ces normes. Tout changement de graduation des flacons induit celui des seringues et doit être accompagné de formation du personnel et de l'utilisateur.
L'enquête sur la prévalence du diabète, menée auprès d'une population âgée de plus de 20 ans, originaire de la région du Nord-Ouest (selon l'ancien découpage, 10 provinces allant de Rabat à Tanger) fait état de 10,7% de personnes atteintes de diabète, avec une prédominance (plus de 15%) en milieu urbain. Des chiffres jugés élevés par rapport aux pays occidentaux, mais similaires à d'autres pays du pourtour méditerranéen. Les habitudes alimentaires y sont pour beaucoup.

Nadia EL ASRI

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