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Economie

Fès-effondrement: Les architectes rendent leur verdict

Par L'Economiste | Edition N°:661 Le 16/12/1999 | Partager

· Les procédures sont si compliquées que les gens ont recours à la clandestinité

· 1.781 bâtiments abritant plus de 6.110 ménages menacent de s'écrouler à Fès

· 5.672 familles doivent être évacuées d'urgence


Traumatisés, tel a été le terme utilisé par M. Azzeddine Ahmed Nekmouche, architecte et président du Conseil régional du centre de l'Ordre National des Architectes, pour décrire la réaction des vingt architectes qui se sont déplacés, samedi 11 décembre, sur les lieux de la catastrophe qui a secoué la ville de Fès.
«Voir un bâtiment qui s'écroule de telle manière prouve qu'il n'y a pas d'études faites au préalable pour la construction. Le comble, c'est qu'il y a plus de 20.000 personnes qui habitent dans ce quartier qui est devenu une petite ville dans la ville», ajoute-t-il.
Pour ces architectes, ce n'est pas la première catastrophe au Maroc et «sans être alarmistes», il y en aura d'autres. «Dans chaque ville du Royaume, il y a au moins un quartier clandestin qui risque de s'effondrer du jour au lendemain», souligne M. Chakib Lahrichi, architecte.
Toutefois, comment faire face à cette situation? «Pour arriver à résorber toutes ces constructions clandestines, plusieurs actions parallèles peuvent être réalisées», ajoute-t-il. D'abord, sensibiliser et faire prendre conscience aux populations de la nécessité de s'entourer de professionnels. «Jusqu'à présent, les gens pensent que payer un ingénieur, un architecte ou un topographe est une dépense inutile».

Néanmoins, des terrains aussi dangereux, en pente, argileux et sujets à l'érosion nécessitent obligatoirement l'intervention des professionnels. Selon M. Lahrichi, l'allégement des procédures serait aussi de nature à diminuer l'habitat insalubre. «Ces procédures sont tellement compliquées qu'elles poussent les gens à construire clandestinement».
Dans l'immédiat, il faut d'abord évacuer les gens et créer une poche vide au sein de la ville pour permettre une sorte d'opération tiroir. Il serait aussi nécessaire de ceinturer le quartier sinistré afin de faire un diagnostic immeuble par immeuble.
«Un déblais a été mis sur la parcelle à côté de l'immeuble qui vient de s'effondrer aux premières fortes pluies. Ce déblai risque de dégouliner sur le bâtiment mitoyen et c'est le château de cartes», constate M. Nekmouche.
«Nous demandons à l'Etat d'éveiller les consciences et de mettre en place des garde-fous, donner aux gens qui veulent construire des plans de béton armé ainsi que des plans d'architectes.
A l'origine de cet état de choses, il y a l'exode rural.
Une revalorisation du milieu rural est essentielle à ce stade. «Pourquoi ne pas recréer des centres ruraux avec un chef-lieu, des petites unités industrielles, pour chaque région suivant sa spécificité. Des éléments qui peuvent servir de noyaux et permettraient de garder la population sur place. L'artisanat, les circuits touristiques, par exemple», propose pour sa part M. Nekmouch.
«Il faut prendre des mesures d'urgence avant qu'il n'y ait d'autres hécatombes», ajoute-t-il, «d'autant plus que près de 1.780 bâtiments, abritant plus de 6.000 ménages, risquent de s'effondrer et 5.672 ménages doivent être évacués dans l'immédiat».


16 millions de DH pour le recasement


Lors de la visite qu'il a effectuée lundi 13 décembre à Fès, M. Abderrahman Youssoufi a précisé que l'opération de recasement de ces ménages nécessitera une enveloppe budgétaire de 16 millions de DH, allouée par le Secrétariat d'Etat chargé de l'Habitat. Cette enveloppe est destinée à la réalisation de projets d'habitat au profit des ménages concernés.
Le nombre des ménages concernés par l'évacuation a atteint 1.683 ménages en dehors de ceux qui habitent dans l'ancienne médina. «Les personnes qui seront évacuées bénéficieront des mêmes avantages que les 360 ménages sinistrés et recevront notamment des lots de terrain équipés au secteur de Bensouda», a souligné M. Youssoufi.
Le gouvernement apportera, par ailleurs, son soutien aux collectivités locales pour le parachèvement des études techniques visant la consolidation des bâtiments fragiles et contribuera à hauteur de 4 millions de DH à la construction de chaussées de voies à Hay Hassani.

Fadoua TOUNASSI

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