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Emballage: la condition des nouveaux produits

Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

Une étude réalisée par le Centre du Commerce International a montré une perte de 30% des produits exportés des pays en voie de développement vers les pays développés. La FAO a avancé 40 à 50% de perte dans la production agricole entre la récolte et le consommateur. Au Maroc, l'IMEC en étudiant l'emballage de la farine pour le passage du sac en jute au sac en papier Kraft, a démontré que chaque sac de pite de 50 kg perd en moyenne 0,5 kg de farine durant la manipulation usuelle, soit 1 kg par quintal. Sachant que le Maroc écrase annuellement en moyenne 35 millions de quintaux uniquement dans les minoteries industrielles, il se perdrait chaque année 350.000 quintaux !

LE colloque "Conservation, technologie et emballage des aliments" organisé par le Centre de Recherche et du Développement Agricole (CRDA) et par l'Institut(1) Marocain d'Essais et de Conseils (IMEC) au profits des pays africains francophones s'est tenu à Casablanca du 6 au 10 Avril. Durant ce colloque différents sujets ont été traités relatifs aux propriétés de l'emballage, aux mesures d'amélioration de sa qualité ainsi qu'à son utilisation dans les différents pays francophones.

M. Ahmed Khamlichi, cadre de l'IMEC, a déclaré que dans les pays développés, les techniques d'emballage ont connu un grand essor, et ont même imprimé une grande révolution dans les techniques de conservation et de distribution des produits alimentaires. Par contre, dans les pays sous-développés, si les grandes agglomérations n'ont rien à envier aux pays industrialisés concernant les techniques d'emballage, leur généralisation est encore loin d'être satisfaite en particulier sur le plan qualitatif. A cette défaillance plusieurs insuffisances ont été relevées au niveau des moyens de communication et de transport, des moyens techniques de conservation, de l'industrie de fabrication de transformation des matières premières d'emballage, de l'information et de la formation des opérateurs dans le secteur du conditionnement et d'emballage et des consommateurs.

Ainsi, pour M. Zaki Directeur de l'IMEC, les conditions de développement de l'emballage résident dans une "volonté politique de considérer la qualité comme une priorité dans la production, un environnement juridique pour la santé, l'hygiène et la sécurité des consommateurs, un marché concurrentiel et un soutien financier réel aux laboratoires de recherche et d'essais".

Alimentaire, entre le prix et les nouveaux produits

Le CRDA considère pour sa part que la maîtrise de la fabrication des récipients, à partir de matériaux naturels permet de développer des produits sophistiqués. Mais le choix de l'emballage devient de plus en plus difficile. Les critères les plus importants pour la sélection d'un emballage sont selon le centre:
- les conditions environnantes lors du transport des aliments,
- le degré de protection nécessaire contre les dommages mécaniques,
- la compatibilité du matériel d'emballage avec l'aliment en regard de son inertie chimique et de sa stabilité,
- les contraintes associées à la conservation de l'aliment et aux éventuels traitements subséquents, comme la pasteurisation, la strérilisation et l'irradiation...
- les contraintes imposées par les réglementations de sécurité et d'hygiène alimentaire en vigueur dans les différents pays d'utilisation,
- et enfin, les contraintes de la mise sur le marché. Les emballages doivent être facilement identifiables, faciles à manipuler et à ouvrir, bien se prêter au marquage et à la mécanisation du conditionnement.
La perméabilité est également un facteur à considérer au moment du choix d'emballage. Il importe de bien mesurer la perméabilité en utilisant des méthodes approuvées afin de connaître la perméabilité "réelle du film dans les conditions normales d'utilisation de l'emballage".

Aussi, la sélection d'un film pour une application spécifique ne garantit pas la performance de l'emballage. Plusieurs problèmes peuvent encore surgir lors de la mise en application de ce nouvel emballage, qui sont reliés de près ou de loin à la perméabilité. Le verre et le métal ont des perméabilités infinies qui nous permettent de les considérer comme des matériaux étanches. Il arrive tout de même que certains problèmes reliés par exemple à des infiltrations d'oxygène. Dans le cas des conserves métalliques, ces problèmes sont souvent causés par des défectuosités au niveau des sertis ou des soudures et dans le cas des contenants de verre par manque d'étanchéité du bouchon.

Trois types d'emballage

Les emballages plastiques sont classés en trois groupes, soit les emballages souples (ou sachets), les contenants flexibles et les contenants rigides. Les faiblesses des emballages flexibles sont liées à des variations de la qualité initiale et/ou de l'épaisseur des films, ou encore, à des dommages, causés par de mauvaises manipulations qui provoquent des micro-perforations ou des fissures souvent invisibles à l'il nu. Les scellés font souvent défaut dans ce type d'emballage. "En effet, des scellés trop étroits ou comportant des plis sont souvent rencontrés", soulignent les experts de l'IMEC.
Les contenants flexibles sont, quant à eux, fabriqués à partir de films plus épais, auxquels on donne une forme en les forçant dans une matrice chauffée. Ceci a pour effet de réduire l'épaisseur du film de façon substantielle, et de modifier ses propriétés transmissibles. C'est principalement dans les coins et les arêtes que ces problèmes se posent. La solution réside dans l'utilisation d'un film plus épais.

Les contenants rigides ou barquettes sont souvent utilisés pour des produits qui ont une durée de vie assez longue. En général, les barquettes elles-mêmes ont des perméabilités assez faibles et sont rarement la cause des problèmes liés à la perméabilité. Le choix de l'operculant est très important dans ce cas parce que souvent ce dernier fait défaut. Le scellé operculant-barquette est aussi une cause assez fréquente de fuites de même que les mauvais traitements qui peuvent affecter la qualité du film.

Température: contraintes parfois contradictoires

Les conférenciers ont également analysé le contrôle de la température dans le système de distribution des aliments. Les fruits et légumes frais se détériorent rapidement après la récolte puisqu'ils continuent à respirer et ainsi consomment leurs réserves internes.
Le taux de respiration, qui dépend du type de fruit ou de légume, varie en fonction de la température du produit.
La réduction la plus marquée du taux de respiration et du métabolisme général peut être obtenue en maintenant les fruits et légumes juste au-dessus de leur point de congélation, entraînant ainsi une plus longue durée de conservation.
Ceci implique une température idéale d'entreposage entre -1 et 4°C pour la majorité des fruits et légumes.
Par contre, certains fruits et légumes sont très sensibles aux blessures causées par le froid.
Dans ce cas, la température du produit ne devrait pas être inférieure à 10°C (banane, pamplemousse, citron, tomate, citrouille, patate sucrée).

Les aliments surgelés doivent être quant à eux maintenus à une température maximale de -18°C tout au long du système de distribution. Une exception à cette règle serait les produits de pêche, qui doivent être entreposés à -26°C, et maintenus à une température d'au plus -18°C chez le détaillant. Ainsi, un contrôle de la température est conseillé durant toutes les étapes de conception de la production, transformation, sans omettre le transport et le dépôt chez le grossiste ou le détaillant.

Matériaux à maîtriser

- La céramique: il est nécessaire de surveiller le plomb et le cadmium. Les directives de la CEE du 15.10.1984 fixent pour les emballages d'une capacité supérieure à 3 litres les taux maximes: 1,5mg/l pour le plomb, 0,1mg/l pour le cadmium.
- Pour le fer il n'y a pas de problème sauf si la teneur est supérieure à 20mg de fer/kg, d'où les problèmes organoleptiques pour les aliments.
- La teneur limite de l'étain est de 250mg/kg pour les fruits et légumes et 150 mg/kg pour les jus de fruits.
- Les boîtes de conserve en fer blanc élaborées avec un étain insuffisamment purifié peuvent contenir beaucoup de plomb. Le codex alimentaire a fixé à 0,3 ppm la limite maximale dans les jus de fruits.
- Les composés de chrome (Cr) sont très dangereux. La limite est fixée à 0,05 mg Cr 6/kg à 60 mg Cr 3/kg. La directive CEE a fixé la teneur totale en chrome qui doit être inférieure à 0,05 mg/l.

- Concernant les matières plastiques et élastomères, les directives CEE du 10.10.1982 sont re-latives aux "matières plastiques: les composés macromoléculaires organiques obtenus par polyméri-sation, polycondensation et polyaddition".

Les techniques d'impression

L'Emballage regroupe les propriétés de design. Aussi les procédés d'impression comme la typographie, la flexographie, l'héliographie, l'offset et la sérigraphie, sont-ils une composante importante du "packaging".
La typographie est un procédé qui consiste à déposer la couleur sur le relief des caractères ou des clichés. Les blancs n'entreront pas en contact avec les rouleaux encrés. C'est un procédé négatif car la feuille de papier sera directement en contact avec les caractères encrés, qui eux seront à l'envers. Ce procédé est sévèrement attaqué par beaucoup d'autres procédés, mais il permet de faire le numérotage. Etant en relief, les numéros changent à chaque tour.
La flexographie est une variante de la typographie où l'on imprime par cliché en relief, mais sur machines rotatives à l'aide des clichés cylindriques en caoutchouc ou en plastique. Au niveau de ce procédé, des encres très fluides à séchage rapide qui permettent de façonner en même temps que l'on imprime sont utilisées.
L'héliographie est un procédé qui consiste à avoir un cylindre gravé en creux qui est généralement trempé dans un encrier contenant des encres liquides.

Les encres se déposent dans les creux du cylindre gravé, creux plus ou moins profonds selon l'intensité de couleur du travail. Bien que les cylindres soient onéreux et couteux, ce procédé est l'un des meilleurs pour les grands tirages, mais par le perfectionnement d'autres procédés qui peuvent faire des tirages de plus en plus longs, il devient lui aussi de plus en plus attaqué.
L'offset est le principe de la lithographe qui repose sur le mélange de l'eau aux corps gras. La composition provient, soit d'une photo d'un texte typographique ou d'une photocomposeuse. La qualité de l'impression de l'offset est le juste milieu entre l'eau et l'encre. Sur la machine, le nombre de passages sera en rapport avec le nombre de couleurs à faire et de la possibilité de la machine.

La sérigraphie est un procédé où l'encre sérigraphique est passé en aplat à l'aide d'une raclette en caoutchouc ou plastique, sur un écran de soie ou de nylon, tergal ou polyester où la couleur passe à travers les mailles de la soie, les parties non obstruées. Le principe sérigraphique consiste à tendre sur un cadre de bois, ou de métal, un tissu en soie ou autres qui sera enduit d'un produit photosensible et exposé sous films positifs aux ultraviolets.
Les parties non protégées sont les seules à résister, et empêchent le passage de l'encre non désirée sur certaines de ses parties. Ce procédé est recommandé pour de petits tirages. Il est utilisé davantage dans l'impression des corps creux, tels que les bouteilles en verre ou en plastique rigide.

La qualité de l'emballage au Maroc

AU Maroc, le contrôle qualité des emballages métalliques et de la conserve se fait à 3 niveaux:
- de la réception de la matière première,
- de la fabrication,
- et du produit fini.
Les fabriquants d'emballage sont au nombre de quatre par contre le nombre des usines de la conserve (végétale et animale) est de l'ordre de 200.
Les exportations des produits marocains de la conserve représentent 90% de la production du secteur. Elles sont orientées vers l'Europe, les Etats Unis, le Canada, le Moyen Orient et l'Afrique. L'exportation marocaine est donc exposée à la concurrence des autres pays. Ainsi "les fabriquants et les conserveurs marocains ont-ils intérêt à produire de la qualité et à contrôler cette qualité", souligne l'IMEC.
Les problèmes d'emballage au Maroc, relatifs aux emballages industriels concernent le coût économique des matériaux, l'inappropria-tion par rapport à certaines conditions d'entreposage, d'étiquetage et de lavage pour les bouteilles et verre consignées et réutilisées. Ceux relatifs aux emballages pour produits en vrac sont liés à l'hygiène en cas d'utilisation ou de réutilisation de papiers pour les produits secs, réutilisation des sacs en plastique, des bouteilles, bidons et autres récipients sans désinfection préalable et l'environnement lorsque les sacs en plastique jonchent les rues et les champs.
Les solutions proposées à ces problèmes sont l'information et la formation, la réglementation et le contrôle de qualité, la recherche et le développement. Des établissements comme l'IMEC, l'Institut Agronomique et Vétérinaire HassanII, l'INRA et d'autres écoles d'ingénieurs peuvent apporter une contribution importante à ces solutions pour l'industrie.

Laïla TRIKI

(1) L'IMEC a été transformé récemment pour être ré-orienté vers l'essai et le conseil.

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