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El Jadida: Attention, la rage canine sévit toujours!

Par L'Economiste | Edition N°:1813 Le 16/07/2004 | Partager

. Une commission de surveillance de la rage créée récemment . Elle dispose d’un budget de 400.000 DH pour circonscrire le phénomèneIl avait près de 23 ans. Il vient de mourir. Dans son douar natal, on raconte que la rage est la cause du décès. Le jeune homme avait été mordu, un mois auparavant, par un chien dans une localité de la commune rurale d’Ouled Ghanem. Il s’était fait “soigner” à la manière traditionnelle par des “chorfa” appelés “Maachat”. Une grande majorité des ruraux croient beaucoup en leur pouvoir de guérisseurs. Les Maachat habitent entre la commune Ouled Hcine et la commune Moulay Abdellah. Incantations, crachats sur la plaie et isolation des malades dans des pièces sombres constituent leur “thérapie”. Une de leurs principales recommandations à la famille des victimes de morsures de chiens enragés, est de ne consulter en aucun cas un médecin. “Ces croyances nous empêchent de faire efficacement notre travail”, se désole un médecin. Quand une famille se décide à amener un malade, passé entre les mains d’un Maachat, il est souvent trop tard. Personne ne doit mourir de la rage au XXIe siècle, car le vaccin antirabique est très efficace. Le vaccin disponible au Maroc est le Verorab distribué par l’institut Pasteur du Maroc. Mais, malgré tout, la rage constitue encore un problème majeur de santé publique humaine et vétérinaire. Elle sévit à l’état endémique. Aucune province n’est épargnée. C’est une rage essentiellement rurale et suburbaine transmise par le chien et accessoirement par le chat et d’autres animaux. L’incubation de la rage chez l’homme est totalement silencieuse et dure en moyenne de 10 à 90 jours. Ses limites connues varient d’une semaine à plus d’un an. Les incubations les plus courtes s’observent chez l’enfant en cas de lésions sévères près du système nerveux central ou dans des régions riches en terminaisons nerveuses (tête, cou, face, mains). “Depuis que l’institut (Pasteur) a institué le payement pour les analyses de dépistage de la rage, il n’existe pas de cas biologiques déclarés dans la région depuis quelques années”, confie un médecin. Dans la province d’El Jadida, deux cas ont été pourtant déclarés en 2002 et aucun au cours de l’année 2003. Pourtant, des  chiens errants sont recensés par centaines. Ils se déplacent, solitaires ou en meutes sur des kilomètres dans la campagne et viennent aussi en ville en quête de nourriture. Les chiens errants se rassemblent également autour des hangars d’élevage de poulets. En ville, les chiens ont à 95% des maîtres et sont gardés généralement dans les maisons. Selon la loi en vigueur, tous les propriétaires doivent vacciner leurs chiens. Ce n’est hélas malheureusement pas le cas, même dans les campagnes, indique un vétérinaire. A El Jadida, une commission provinciale de lutte contre la rage vient d’être créée. Un budget de 400.000 DH a été débloqué à cet effet. Il est prévu l’achat d’un véhicule qui sera aménagé avec des cages pour le ramassage des chiens errants. De même que l’acquisition d’autres matériels comme des lassos, un fusil anesthésiant, de la strychnine (poison violent) ainsi que des sérums et des vaccins antirabiques. Mais pour lutter efficacement contre la rage, les communes doivent aussi participer. Seulement, certaines se disent trop pauvres pour s’engager dans des actions prophylactiques. En mémoire encore, durant les années 80, un homme armé de lassos et de filets suivi d’une charrette aménagée avec des cages et tirée par un âne. L’homme sillonnait la ville et capturait les chiens sans maître. Il était payé à la pièce. Cette pratique était très efficace, a jugé une vétérinaire. Il est à signaler qu’il n’existe aucune fourrière pour chiens dans toute la province. Les chiens sont plus agressifs pendant leur période de rut, au printemps-automne. Actuellement, 6 centres antirabiques existent et 5 autres sont en cours d’installation dans différentes communes d’El Jadida.


Diagnostic clinique

LE chien est le principal vecteur de la maladie chez l’homme. Tout animal dont le comportement est inhabituel doit être suspecté. Chez l’animal, la rage peut être furieuse (cas habituel chez le chien, le chat, le renard) ou paralytique (cas habituel chez les bovins et les ovins). Chez l’animal sauvage, le premier signe est la perte de l’instinct de conservation, ce qui fait que l’animal approche l’homme sans crainte.


Incidence élevée

Un programme national de lutte contre la rage (PNLR) a bien été institué depuis 1986. Selon des sources officielles, malgré les efforts déployés par les départements impliqués dans ce programme, les résultats des évaluations annuelles montrent que l’incidence de la maladie est restée élevée aussi bien chez l’homme que chez l’animal. En effet, depuis 1992, l’incidence chez l’homme a été en moyenne d’une vingtaine de cas chaque année au niveau national. La couverture vaccinale des chiens à propriétaire est restée bien en deçà des taux nécessaires au contrôle de la maladie. La prophylaxie sanitaire, qui visait l’abattage de la frange errante de la population canine, est restée elle aussi faible. De même, la prophylaxie antirabique chez l’homme a montré des faiblesses notables. Ce sont ainsi 132 personnes qui sont décédées de la rage entre 1995 et 2000. Un chiffre qui fait peur en ce début du XXIe siècle. Au niveau mondial, la rage humaine est responsable d’au moins 50.000 décès chaque année, selon des estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mohamed RAMDANI

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