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Economie

Casablanca: Un chantier non autorisé en plein coeur de Zenata

Par L'Economiste | Edition N°:1580 Le 12/08/2003 | Partager

. Sans autorisation, des maisons sont en cours de construction sur le domaine maritime. Les administrations concernées se disent impuissantesQuelques jours suffisent pour monter des fondations et des murs sans autorisation. Et ça devient un chantier au vrai sens du terme. «Vous ne pouvez pas nous empêcher de construire. Allez écrire ce que vous voulez«… C'est Saïd, le chef de chantier qui répond à L'Economiste, suite à un appel téléphonique. L'enquête ne fait que commencer à la plage du grand Zenata (nord de Casablanca sur la route côtière) où depuis plus d'une semaine, un chantier est lancé sur un site non autorisé. Les maçons ont creusé un fossé et des tonnes de sable ont été dégagées. Les travaux se poursuivent de jour comme de nuit à l'aide de projecteurs. Jouxtant le chantier non autorisé, des maisons forment une rangée. Leurs propriétaires viennent y passer les vacances. Deux véhicules étrangers sont stationnés. Ils appartiennent aux propriétaires des cabanons déjà existants. Ces habitants ne prêtent pas attention aux va-et-vient des ouvriers. Aucune pancarte n'est affichée sur place. «C'est un parlementaire qui a lancé les travaux«, indique un gardien de voitures. Visiblement, il s'agit de 6 maisons en cours de construction. «Interdit de prendre des photos«, lance un gardien sur place. Après un temps d'hésitation, il explique: «les autorités locales sont venues nous voir. Tout est dans l'ordre, sinon, elles auraient arrêté le chantier. Les consignes viennent d'en haut. Aussi bien les terrains que les constructions appartiennent au Makhzen«. Pourtant, il n'y a aucune pancarte qui indique le numéro de l'autorisation… Un peu plus loin, longeant la ligne des maisons déjà habitées, un gendarme fait sa tournée quotidienne. Il n'hésite pas à qualifier ce chantier comme non réglementaire sans pour autant avoir la compétence d'intervenir. C'est la commune de Aïn Harouda-Zenata qui couvre cette zone balnéaire. «Je n'ai donné aucune autorisation verbale, ni écrite«, indique Abdellatif Jirari, président de cette commune. Et d'ajouter: «Supposons que je délivre une autorisation sur une zone interdite à la construction, croyez-vous que le pacha laissera passer une telle aberration sans procéder à la démolition des murs«. Selon Jirari, le chantier non autorisé avance sans que les autorités puissent intervenir, car il bénéficierait «d'une protection venant d'une personnalité très influente«. Le nom d'un certain Reddad est souvent cité comme étant le propriétaire du chantier. Mais selon des responsables à la commune, «il ne serait qu'un pion«. De son côté, le pacha renvoie la balle à la préfecture de Mohammédia. Pour le moment, je n'ai reçu aucun ordre de la part de mes supérieurs pour démolir«. A Mohammédia, un responsable à la préfecture affirme qu'«aucune autorisation n'est délivrée aux constructions sur les plages et par conséquent, tout chantier sur place ne peut être que clandestin«. A noter que les documents d'urbanisme exigent une superficie d'au moins 10.000 m2, pour les projets touristiques au bord de mer, mais selon des procédures bien déterminées. Aucune maison individuelle ne peut être autorisée sur cette zone, selon la loi. «A la plage de la grande Zenata, le foncier est loin d'être assaini«, résume le même responsable.


Matériaux légers

Le site balnéaire de Zenata a vu le jour au début des années 70 quand des lots ont été concédés à des estivants. En location, ces lots ont été utilisés pour aménager des petites maisons de plage en matériaux légers (cabanons en bois). Au fur et à mesure, des locataires ont commencé à construire en dur sans autorisation sur une zone non couverte par le plan d'aménagement. Pour être conforme, il faut disposer d'un plan avec l'avis de l'Agence urbaine et la signature de la commune. Mais ce n'est pas le cas aussi bien pour des maisons déjà existantes que pour le chantier de Zenata. Actuellement, si la construction est finie, on ne peut plus démolir, note un responsable à la préfecture. Il faudrait alors engager une procédure judiciaire et avoir un jugement du tribunal pour intervenir. Généralement à ce stade, le tribunal ne prévoit qu'une amende contre le promoteur en infraction, sans procéder à la démolition des constructions. «Ce qui n'est pas de nature à dissuader les gens«, ajoute-t-il. Autrement dit, la démolition des maisons clandestines doit se faire au moment du démarrage du chantier pour protéger les sites balnéaires. Ali JAFRY

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