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Economie

Diabète: Plus de 2 millions de Marocains touchés

Par L'Economiste | Edition N°:1580 Le 12/08/2003 | Partager

. Un véritable enjeu de santé publique, entouré par une kyrielle d'idées reçues. Il devient urgent de sensibiliser la population, selon les praticiensTous les spécialistes s'accordent aujourd'hui à le reconnaître: le diabète est devenu un véritable problème de santé publique. Et la situation va en s'empirant, notamment en raison des nombreuses idées reçues qui circulent autour de la maladie. La première d'entre elles est que le diabète serait une maladie rare. Faux! A l'heure actuelle, plus de 150 millions de personnes sont atteintes de diabète dans le monde. Et ce nombre pourrait doubler au cours des vingt-cinq prochaines années, d'après les estimations de l'OMS. Cette maladie est loin d'épargner le Maroc, où, d'après une enquête menée en 2000 par le ministère de la Santé, au moins 6,6% de la population seraient diabétiques, sans compter les personnes qui ignorent leur mal. Lesquelles, d'après Khaled Dembri, endocrinologue à Casablanca, constitueraient 20 à 40% des malades. Un taux inquiétant dû notamment à un «très grand retard en matière de dépistage». Cela s'explique par le fait que les personnes atteintes ne relèvent pas toutes les premiers symptômes. Des symptômes de toute manière qui ne sont pas très spectaculaires. Ainsi, comme l'indique le Dr Dembri, une tendance à boire ou à uriner plus que de coutume, une fatigue ou un amaigrissement anormal constituent autant de raisons pour se faire consulter. Car le diabète est une maladie grave. Beaucoup croient à tort qu'il ne consiste qu'en une glycémie trop importante, alors qu'il affecte en réalité toute une série de vaisseaux dans le coeur, les reins, les yeux, les nerfs ou le cerveau. Il peut ainsi déboucher sur un grand nombre de complications: hypertension, arthrose, stérilité, cécité ou encore accidents cardiaques ou cérébraux. D'où l'importance de dépister la maladie le plus tôt possible. Un enjeu auquel la population, mais aussi les pouvoirs publics, devraient être davantage sensibilisés. Le coût des complications liées au diabète est en effet très élevé, alors que, comme le souligne le Dr Dembri, il ne faut débourser que 60 DH pour effectuer 2 glycémies.Mais la prévention ne se limite pas au dépistage. Ainsi, contrairement à une croyance largement répandue, le diabète n'est pas seulement dû à une production d'insuline insuffisante (diabète de type I). Il existe une seconde forme de diabète, le type II ou «diabète gras», qui concerne tout de même 90% des malades. Contrairement aux diabétiques de type I, ces personnes produisent en fait une quantité d'insuline suffisante, mais développent une résistance à celle-ci, due dans 80% des cas à un excès de graisse. Pour ces obèses diabétiques, selon le Dr Dembri, un régime hypocalorique suivi associé à la prise de Xenical se révèle indispensable. Celui-ci contient en effet une molécule, l'Orlistat, qui permet une perte de poids une fois et demie plus conséquente qu'un régime «normal» en empêchant une partie des lipides, les triglycérides, d'être assimilés par l'organisme. Pourtant, d'après le laboratoire qui le commercialise, à peine 3.000 patients marocains seraient actuellement traités avec le Xenical. Un nombre très faible qui s'explique par le coût élevé du traitement, -1.178 DH par mois-, mais également par la crainte persistante liée à d'éventuels effets secondaires. Et ce, en dépit de récentes études ayant démontré l'absence d'effets secondaires sur le système nerveux.Faire reculer l'obésité pour freiner le diabète n'est cependant pas une mince affaire dans un pays où, selon les statistiques officielles, 13,3% de la population sont obèses. Peut-être faut-il avant tout réformer les mentalités?... Nous sommes certes inégaux devant l'excès de poids, puisque les facteurs héréditaires ou hormonaux jouent un rôle indéniable, mais encore difficilement identifiable, en la matière. Néanmoins, l'augmentation du nombre d'obèses en tant que telle est avant tout liée aux éléments environnementaux, comme la culture culinaire ou l'analphabétisme. Selon le Dr Dembri, «être gros et avoir un bon coup de fourchette sont encore trop souvent considérés au Maroc comme un signe de bonne santé». Et quand bien même, certains seraient sensibles aux conséquences néfastes de l'excès de poids, ils considèrent «qu'il faut prendre le temps de maigrir comme ils ont pris celui de grossir». Pourtant, en cas de diabète, l'amaigrissement doit être le plus rapide possible pour éviter les complications. Enfin, la population se faisant de plus en plus sédentaire, une vraie culture sportive tarde à se développer au Maroc, ce qui rend le manque d'exercice physique de plus en plus préoccupant. Alors même que la recherche continue de progresser quant au traitement du diabète (des chercheurs américains ont ainsi annoncé à la mi-juillet avoir isolé une nouvelle molécule), le plus sûr moyen d'enrayer ce mal reste sans nul doute de bousculer les habitudes.


Equilibre

Nombreux sont ceux qui croient rendre leur régime plus efficace en supprimant radicalement le sucre ou la graisse de leur alimentation. Or, le métabolisme a ses besoins, et, si la charge calorique doit bien entendu être diminuée, il est indispensable de conserver une alimentation équilibrée, c'est-à-dire contenant environ 30% de lipides, 55% de glucides et 15% de protides. . «Diabésité»aL'augmentation exponentielle du nombre de diabétiques comme celui des obèses a conduit un professeur américain, George Bray, à créer le terme «diabésité». Lequel souligne avant tout le fait que les deux maladies chroniques, diabète et obésité, ne doivent désormais plus être diagnostiquées, et le cas échéant traitées, séparément.

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