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    Bilan du Salon du Livre : Le SIEL a reçu plus de 500000 visiteurs

    Par L'Economiste | Edition N°:155 Le 24/11/1994 | Partager

    En dehors des désagréments causés par les vols de livres, le Salon a connu une forte affluence et une intense activité commerciale. Il a suscité des réflexions intéressantes, comme celles sur la circulation du livre marocain dans le monde arabe ou les possibilités de partenariat avec l'édition française.

    Le nombre des visiteurs au SIEL (Salon International de l'Edition et du Livre) s'est élevé cette année à 520.000 dont 83.000 enfants, alors qu'il n'était en 1992 que de 150.000, dont 20.000 enfants. La gratuité d'entrée a été considérée comme un point positif aussi bien par les professionnels que par le Ministère. Mais ses principaux inconvénients ont été, d'une part, une absence totale de filtrage, si bien que même des mendiants ont visité le Salon, d'autre part un nombre important de vols estimés entre 10 et 15% des livres exposés. Les plus touchés par ces vols sont surtout les libraires représentants d'éditions françaises. Malgré tout, le Salon s'est soldé par une intense activité commerciale, bien qu'impossible a évaluer à cause du refus d'informations de la part des exposants.

    Le SIEL a été clôturé, le 20 novembre, par un discours de M. Mohamed Allal-Sinaceur où perçait un sentiment de satisfaction. Les statistiques étant très parlantes, il s'est largement étendu sur une comparaison chiffrée entre cette édition et celle de 1992. La surface d'exposition s'est accrue de 32%, passant de 4.082m2 en 1992 à 6.000m2 en 1994, avec un nombre de 186 exposants de 58 pays contre 72 de 30 pays en 1992. Le nombre de maisons d'édition et de groupes de presse représentés est passé de 300 en 1992 à 485 en 1994. L'accroissement de l'espace d'animation de 46% (8.000m2) est encore plus important, avec un nombre de 19.300 personnes ayant assisté aux conférences, contre 3.200 en 1992. Le programme d'animation culturelle était aussi dense que varié, avec des signatures de livres, des tables rondes (12 pour l'édition de 94 contre 2 pour celle de 1992) sur divers thèmes comme la technologie au service du livre, l'expérience de l'écriture chez les jeunes écrivains, la poésie africaine, le théâtre marocain... Pour la 1ère fois, le SIEL a abrité des expositions sur la mosquée Hassan II, sur la reliure traditionnelle, sur les manuscrits anciens et enfin une exposition de la collection de tableaux du Ministère de la Culture.

    Parmi les différentes impressions générales dégagées par le SIEL revient comme une litanie la cherté du livre. Mais M. Jawad Bounouar, commissaire au SIEL attaché au Ministère de la Culture, estime que par rapport à d'autres produits de consommation le livre n'est pas si cher. M. Bounouar justifie d'une expérience de 20 ans dans la distribution et de 8 ans en tant que libraire-éditeur: "Au café Chateaubriant, en face de la librairie Agdal que je gérais de 1979 à 1987, les étudiants consommaient des bières et des paquets de Marlboro, mais achetaient rarement des livres. Quant aux enseignants, la plupart d'entre eux n'achètent plus de livres parce qu'ils sont en train de construire".

    Concernant le problème du prix du livre, la solution de réédition au Maroc de certains livres d'édition française, à des prix plus accessibles, sera envisagée avec le concours du Bureau du livre de l'ambassade de France. Le SIEL aura été aussi l'occasion d'ouvrir le dialogue avec les professionnels du livre du Moyen-Orient, suscitant des débats sur la circulation du livre arabe au Maroc et réciproquement. "Le Moyen-Orient et particulièrement l'Egypte ont toujours considéré le Maroc comme un marché tout en pensant que ce pays n'a pas de livres à leur vendre, explique M. Bounouar. Mais aujourd'hui il faut bien se rendre compte que le Maroc, par sa situation de carrefour de civilisations, pourrait devenir un lieu de rayonnement de la pensée et de la culture. L'esprit marocain est aujourd'hui exportable dans le monde arabe". Mais, tandis que le Maroc présente l'avantage d'un système libéral permettant l'importation libre du livre, dans la plupart des pays arabes se pose un problème de transfert de devises, d'absence de garantie de l'Etat, ce qui en fait des marchés à risque. Bien que le SIEL ait confirmé la suprématie de la concurrence étrangère, il atteste aussi d'un indéniable progrès du livre marocain. "Dans les années 60 paraissaient une soixantaine de titres en moyenne par an (à part le livre scolaire). Aujourd'hui ce sont entre 400 et 500 titres qui sont publiés chaque année, affirme M. Bounouar, en dehors du SIEL, qui est un excellent moyen de promotion du livre, le Ministère de la Culture a déployé un grand effort pour créer dans son organigramme, depuis deux mois, une Direction du livre" dont le rôle est de prendre en charge le SIEL, les bibliothèques et les archives du pays, ainsi que d'encourager la production du livre. Le Ministère travaille aussi à développer la formation dans le domaine du livre, notamment avec la coopération étrangère pour l'organisation de stages.

    B.L.

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