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    Economie

    Affaire des déchets italiens
    Les cimentiers rassurent

    Par Amin RBOUB | Edition N°:4809 Le 05/07/2016 | Partager
    Ce n’est pas la première opération du genre
    L’incinération permet de réduire de moitié le coût des combustibles importés
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    La cargaison qui fait l’objet de polémique transporte des sous-produits, dérivés de déchets ménagers et industriels, qui ont subi des contrôles au pays d’origine et au Maroc (Ph. L’Economiste)

    LA polémique enfle de plus en plus au sujet de l’importation de 2.500 tonnes de déchets en provenance de l’Italie. Depuis une semaine, les commentaires vont bon train autour d’une cargaison de déchets qui a accosté au port de Jorf Lasfar. Certains parlent «d’un Maroc en passe de devenir la décharge de l’Europe»… D’autres de «déchets toxiques, d’ordures de métaux lourds, voire de substances cancérigènes…». Mais à y voir de plus près, il n’y a rien de tout cela et ces importations n’ont absolument rien d’inquiétant. «Il ne s’agit nullement de produits toxiques. Ce sont des déchets de type RDF. En clair, des produits dérivés et des sous-produits issus de déchets industriels et ménagers.  Généralement, ce sont des morceaux de plastique, bois, papier, carton… qui proviennent de stations européennes de traitement de déchets», tient à préciser Mohamed Chaïbi, président de l’Association professionnelle des cimentiers, qui plus est président de la Coalition pour une meilleure valorisation des déchets (Covac). Cette coalition internationale a été, rappelons-le, créée dans l’esprit de la COP22.
    Selon Chaïbi, «il n’y a aucune toxicité à craindre. Ce sont des déchets non dangereux utilisés en tant que combustible de substitution à l’énergie fossile classique». Cette opération d’importation de déchets d’un port italien a été réalisée dans le respect de la Convention de Bâle, est-il ajouté.  Elle a été effectuée sous le contrôle et le suivi des autorités compétentes tant en Italie qu’au Maroc. Le contrôle a pour objectif de vérifier le respect de la conformité et la nature et caractéristiques physio-chimiques des substances importées. D’autant plus que ce type de déchets est traçabilisé depuis son origine ainsi que les stations de traitement, signale le président de la filière des cimentiers. D’ailleurs, le ministère en charge de l’Environnement  a mis en place  une série de procédures et analyses en continu qui attestent que les produits en question sont conformes aux caractéristiques chimiques et physiques. «Les grands groupes cimentiers en Europe procèdent  tous de la même manière. Ils utilisent tous des déchets de type RDF.

    Atténuation dans l’esprit de la COP22

    Des sous-produits énergétiques valorisés», signale le président de l’APC. En fait, la technique consiste à incinérer des déchets en substitution de produits fossiles. «En les brûlant, nous atténuons considérablement les rejets. Ce qui rentre dans l’esprit de l’atténuation et de la COP22», tient à préciser le président de la Covac. Derrière ces opérations-test, il y a aussi une logique économique dans le sens où ce type de déchets permet de réduire de moitié le coût des combustibles importés. L’enjeu est que le Maroc puisse développer, à l’instar des pays européens, des filières de récupération, d’autres de valorisation ainsi que la limitation de l’enfouissement dans les décharges. «Cette opération de valorisation énergétique est réalisée en tant que test industriel préliminaire de co-incinération en vue de développer une filière de production de RDF locaux à partir de déchets ménagers et industriels non dangereux tout en limitant leur enfouissement», précise-t-on auprès du ministère en charge de l’Environnement. A rappeler que ce n’est pas la première fois que des cimenteries importent des déchets pour incinération. Holcim le fait via sa filiale Ecoval, Ciment de l’Atlas, Lafarge… «Tout est parfaitement aux normes internationales. C’est plutôt un transfert de savoir-faire avec les mêmes techniques de valorisation développées par les cimenteries européennes», rassure le président de l’Association des cimentiers.

     

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