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    Analyse

    Akhannouch au Club de L’Economiste
    L’investissement agricole garde le rythme

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4767 Le 06/05/2016 | Partager
    Les dossiers de subvention à l’achat de matériel affluent au ministère
    Les prévisions de la campagne céréalière dévoilées le 10 mai
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    «Dans les années quatre-vingt-dix, la sécheresse entraînait une chute du PIB agricole de 40%. Dans les mêmes conditions aujourd’hui, le même PIB recule de 7-10%» (Ph. Khalifa)

    Le ministère de l’Agriculture annoncera les prévisions de la récolte céréalière mardi 10 mai. Ces données sont attendues par tous les opérateurs économiques tant elles influencent le comportement et le moral des chefs d’entreprise. Invité au Club de L’Economiste, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime précise que la campagne céréalière «ne sera ni  bonne, ni moyenne» (Voir aussi encadré). Les pluies du mois de mars n’ont pas comblé tout le déficit, nous sommes toujours à 50% de déficit par rapport à une année «normale».
    Pour soutenir les opérateurs les plus touchés, un programme ciblant l’orge a été rapidement déployé sur le terrain «car par le passé, on perdait beaucoup d’énergies et de temps dans les commissions. On a adopté un dispositif de « guichet ouvert » qui commercialise de l’orge subventionnée avec un maximum de 20 sacs par personne et par jour. «Nous souhaitions créer des conditions d’abondance afin que les agriculteurs ne stressent pas», justifie le ministre. La pression de départ a été largement neutralisée, même s’il reste encore un peu de tension sur 2-3 points de vente. Ce programme se poursuit, l’objectif étant d’assurer un million de quintaux par mois. A ce jour, 6 millions de quintaux ont été adjugés dont 5 millions sont en cours de livraison. Le reste devrait arriver rapidement.
    La grande surprise et aussi, notre satisfaction, c’est le maintien du rythme de l’investissement malgré un contexte difficile. Les agriculteurs inquiets d’abord par les retards de pluies, ont peu à peu retrouvé le moral à en juger par des dossiers de demande de subvention à l’acquisition du matériel qui affluent au ministère de l’Agriculture. Ce qui fait dire au ministre que «l’état d’esprit est bon». L’impact psychologique des précipitations du mois de mars aura été plus important que l’on ne pouvait l’imaginer.
    Valeur aujourd’hui, 87% de la production agricole sont sécurisés, assure le ministre de l’Agriculture. Le poids des 13 points restants serait-il à ce point trop important au point de contenir la croissance du PIB à moins de 2% en 2016? Au contraire, fait remarquer Aziz Akhannouch qui insiste sur les transformations et la résilience induites par le plan Maroc Vert. «Dans les années quatre-vingt-dix, la sécheresse entraînait une chute du PIB agricole de 40%. Dans les mêmes conditions aujourd’hui, le même PIB recule de 7-10%».
    La querelle sur un éventuel surdimensionnement de la pondération de l’agriculture dans le PIB n’existe plus. Un travail d’harmonisation des méthodologies a été fait entre les ministères de l’Economie et des Finances, de l’Agriculture et le HCP depuis trois ans. Tout le monde est d’accord sur la manière de déterminer le PIB agricole, assure le ministre.

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    ■ Quelles sont les prévisions de la production des céréales pour cette campagne?
    Les estimations de la campagne céréalière seront annoncées mardi 10 mai. Tout ce que je peux vous dire, c’est que l’élevage se porte bien, tout comme les agrumes et les olives. Je peux avancer qu’au moins 87% de la production agricole en valeur sont sécurisés. Par contre, pour les céréales, la campagne ne sera ni une bonne année, ni une moyenne année. Mais cela ne compromet pas pour autant la saison agricole, car dans toutes les autres filières, nous serons au rendez-vous. Nous avons par exemple relevé des évolutions exceptionnelles dans le sucre avec une production de 510.000 tonnes attendues. Cela couvrira 42% de la demande locale contre 32 % en moyenne ces cinq dernières années.

    ■ Le Maroc peut-il continuer à se concentrer sur les cultures trop consommatrices d’eau destinées à un marché européen devenu imprévisible (Ndlr: Arrêt de la Cour de justice européenne sur l’application de l’accord agricole dans les provinces du Sud)?
    Il y a plusieurs questions dans cette question. Quand vous prenez par exemple le périmètre du Souss où se pose la problématique d’eau, il y a un processus de maîtrise de la ressource qui est largement engagé. 97.000 hectares sur 160.000 sont aujourd’hui équipés en système d’irrigation goutte à goutte. Mais il faut aller plus loin, c’est pour cela que nous travaillons sur les solutions de dessalement de l’eau de mer.
    Concernant la diversification des marchés, là aussi, nous y travaillons depuis longtemps. En dehors de l’Union européenne, la Russie et le Canada sont devenus deux gros débouchés des agrumes et de la tomate marocaine. Il y a une volonté de la part des opérateurs d’aller vers de nouveaux marchés et ils le démontrent tous les jours. Quant à l’arrêt de la Cour de justice européenne, il s’agit avant tout d’une décision politique incompréhensible. C’est un dossier qui avait été mal défendu par l’Union européenne. Le Maroc saura défendre ses droits et ses intérêts.

     

     

     

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