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    Analyse

    Akhannouch au Club de L’Economiste: Le pack «triple A» pour la COP22

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4767 Le 06/05/2016 | Partager
    En cours de finalisation, l’offre vise la revitalisation de l’agriculture africaine
    Enjeu, capter au moins 30% des financements dédiés à l’adaptation climatique
    Et améliorer le rendement agricole et l’ingénierie des projets sectoriels
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    Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime: «Nous continuons à affiner notre proposition dans un processus interne de discussion au sein du Comité scientifique et à mobiliser nos partenaires» (Ph. Khalifa)

    - L’Economiste: Quels premiers retours avez-vous de l’«Initiative triple A» que vous préparez pour la COP22?
    - Aziz Akhannouch:
    Ils sont très bons. Nous l’avons présentée récemment aux collègues africains à l’occasion du Salon de l’agriculture à Meknès. Ils l’ont très bien accueillie. Nous avons par ailleurs le soutien de la France, de l’Espagne et de la FAO. Nous continuons à affiner notre proposition dans un processus interne de discussion au sein du Comité scientifique et à mobiliser nos partenaires. Elle sera soumise à la négociation pour la COP22. Cette initiative concerne tout le continent africain et se décline en trois grands volets. D’où son appellation générique, triple A, «Adaptation de l’Agriculture en Afrique». Pour son élaboration, nous avons travaillé étroitement avec le groupe OCP.
    Sur l’aspect adaptation, je rappelle que l’Afrique ne capte que 6% du fonds Climat dont à peine 17% de financements publics. Le secteur agricole ne capte que 4% du fonds alors qu’il génère 40% des emplois en Afrique. C’est ce déséquilibre qu’il faut corriger.
    Certes, l’agriculture participe au réchauffement climatique par l’émission de gaz à effet de serre, mais elle doit être considérée aussi comme une solution. En effet, grâce à un certain nombre de mesures, nous pouvons capter le CO2 et participer de manière significative à la limitation du réchauffement de la planète conformément aux engagements pris à la COP21 à Paris. Ce que nous visons à travers cette offre, c’est de garantir le financement de l’adaptation de l’agriculture africaine et d’augmenter la productivité agricole sur le continent.

    - Est-ce seulement une question de ressources financières?
    - Vous avez raison de souligner ce point. Certes, il faut des moyens, mais il faudra aussi concentrer l’énergie sur le renforcement des capacités en matière d’ingénierie de projets, de conseil agricole, etc. Car ce n’est pas forcément le financement qui fait défaut, mais bien souvent, la capacité à monter des projets. Il faudra donc aider les Etats à construire de vraies politiques publiques pour pouvoir bénéficier des ressources. Tout cela peut être intégré dans l’agenda des négociations à la COP 22.
    Nous voulons aboutir à une initiative commune pour l’adaptation de l’agriculture en Afrique. Un accord de principe existe sur la mobilisation des ressources. Lorsque tous les Etats auront ratifié les engagements pris à la COP21, il est prévu d’investir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour l’adaptation des pays en voie de développement. Nous estimons que l’Afrique doit attirer le maximum de ces fonds parce que c’est le continent le plus touché par le changement climatique alors qu’il ne participe qu’à hauteur de 4% à l’émission de gaz à effet de serre. C’est pour cette raison que nous pensons que 30% des investissements, soit 30 milliards de dollars par an, devraient lui revenir afin d’être alloués à différents domaines, dont l’agriculture.
    Plusieurs raisons justifient cette priorité. A l’horizon 2050, l’Afrique verra sa population doubler. Or, dans la situation actuelle, le continent n’arrive pas à combler son déficit alimentaire. Et nous sommes dans un scénario où ce déficit ira en augmentant si l’on n’agit pas tout de suite. Investir massivement dans l’agriculture africaine, c’est le moyen de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Par ses terres arables, le continent peut contribuer à la séquestration du carbone.

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    Source: Ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime
    Les transformations structurelles induites par le plan Maroc Vert auront servi de laboratoire à l’élaboration du plan que Rabat présentera pour les négociations qui vont précéder la COP22

    - Comment procède-t-on concrètement?
    - Le principe consiste à mieux travailler la terre et à planter l’agroforesterie et les arbres fruitiers. Ce sont des mesures qui figurent déjà dans le Plan Maroc Vert et qui se déclinent à travers la reconversion des terres agricoles. Le fait de planter stabilise les terrains contre les effondrements près des barrages et limite  l’avancée du désert.
    Sur le volet de l’utilisation des sols, nous voulons de la reconversion en arboriculture à l’image de ce que nous réalisons dans le Plan  Maroc Vert et en agroforesterie. Et c’est cela qui permettra de mieux capter le plus de carbone. Le deuxième volet concerne la fertilisation des sols.
    Aujourd’hui, grâce notamment au travail réalisé par l’INRA et l’OCP, nous disposons d’une carte de fertilité des sols. Nous pouvons désormais identifier les ajouts nécessaires à la terre en fonction de sa fertilité et de sa situation. Ce travail a déjà commencé au niveau des deux institutions au Maroc, mais aussi dans d’autres pays d’Afrique. Le troisième chantier concerne la maîtrise de l’eau destinée à l’agriculture. C’est un domaine dans lequel le Maroc dispose d’un leadership et d’un savoir-faire incontestés sur le continent, que ce soit dans le domaine des barrages, de la superficie du périmètre irrigué, ou des lourds investissements dans la modernisation des réseaux. La protection de l’eau et la recherche de l’efficience doivent également être inscrites dans l’agenda des solutions.
    Le dernier chapitre que nous proposons concerne la gestion des risques climatiques en instaurant des systèmes d’alerte, mais également l’assurance qui permet d’atténuer l’impact des changements climatiques sur les agriculteurs et de leur permettre de continuer à vivre du travail de leur terre. Il faudra leur assurer un socle de revenu minimum.
    - Avec la prédominance des exploitations de moins de cinq hectares, est-il réaliste d’encourager les agriculteurs à rester à la campagne?
    - D’abord, sur le volet assurance, le barème n’est que de 22 dirhams/ha. Cela permet au moins de couvrir les dépenses engagées pendant une campagne agricole et d’envisager l’avenir avec sérénité. La taille des exploitations et la pauvreté dans le domaine agricole sont une réalité incontestable, mais nous avons des solutions adéquates.
    Propos recueillis par
    Hassan El ARIF

     

     

     

     

     

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