×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Risques de catastrophes naturelles: 2 milliards de DH pour une stratégie intégrée

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4757 Le 22/04/2016 | Partager
    Un prêt de la Banque mondiale pour la période 2017-2021
    Un plan d’action décliné en trois axes pour améliorer la gestion
    risque_catstrophes_naturelles_057.jpg

    Avec ses 5 millions d’habitants en 2030, Casablanca sera encore plus exposée à ces mêmes risques (Ph. L’Economiste)

    La Banque mondiale vient d’accorder au Maroc un prêt de 200 millions de dollars (un peu moins de 2 milliards de DH) pour le financement de la mise en œuvre d'un programme intégré de gestion des risques de catastrophes naturelles. Le prêt, qui intervient à quelques mois de la COP22, couvrira la période 2017-2021.
    Après l’impact des inondations des régions de Tanger, du Gharb et plus récemment de Guelmim, le gouvernement s’est engagé dans l’élaboration d’une stratégie qui se veut plutôt proactive et non plus réactive. La nouvelle approche combine la réforme du cadre institutionnel, l’investissement et l’assurance contre les risques. L’objectif étant que les risques résiduels ne pouvant être atténués à moindre coût soient du moins efficacement financés.
    Le premier axe du programme porte sur la réforme institutionnelle et le renforcement des capacités. Le Maroc développe déjà des mesures pour la prise en charge et la construction post-catastrophe. Un programme financé à travers le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles (FLCN), qui sera transformé en «Fonds national de résilience». La réforme vise à déboucher sur la mise en place d’un «processus plus systématique permettant de gérer les risques de catastrophes naturelles de manière intégrée, impliquant l’ensemble des ministères techniques concernés et les collectivités territoriales.
    Le nouveau programme gouvernemental en matière vise également à multiplier les investissements dans la réduction des risques à travers des mesures structurelles (construction de murs de protection, renforcement antisismique des bâtiments…) et non structurelles (cartographie des risques, systèmes d’alerte…). Le financement de ces projets pourrait être obtenu via des appels à projets annuels. La contribution financière du gouvernement pourrait atteindre 20%. Le premier projet de ce type a déjà été lancé en février 2015, donnant lieu à un volume d’investissement de plus de 3 milliards de DH. Une vingtaine de projets ont été sélectionnés pour un montant de 251 millions de DH et un investissement total de plus de 1 milliard de DH. Les

    risque_catastrophes_057.jpg

    Les inondations qui ont touché la région de Guelmim en 2014 ont provoqué le décès de 47 personnes et des pertes économiques globales de 6 milliards de DH (Ph. DR)

    projets couvrent toutes les zones présentant le risque le plus élevé. Les futurs projets seront soumis à de nouveaux critères qui restent à intégrer dans le cahier d’opération: exposition locale à un risque, priorités prévues par le FLCN (protection des personnes et des biens…), évaluation de risque non structurel…
    Le plan d’attaque comprend également des mesures destinées à mieux protéger les populations vulnérables ainsi que les biens via un programme national d’assurance contre les risques d’événements catastrophiques et un filet de sécurité financière pour ceux qui ne sont pas toujours assurés. La mise en place de produits d’assurance nécessite l’amélioration du cadre réglementaire pour la couverture des plus vulnérables. En effet, dans le schéma actuel, seuls les grands patrimoines privés, industriels ou commerciaux sont assurés contre les conséquences économiques des catastrophes naturelles. Les assureurs nationaux estiment que les risques liés aux habitations et aux véhicules sont difficilement assurables. C’est la raison pour laquelle cette branche d’assurance est sous-développée au Maroc. Par conséquent, lorsque des catastrophes naturelles surviennent, les habitants s’attendent toujours à être indemnisés par le gouvernement ou finissent par se résigner à supporter eux-mêmes les pertes. Un projet de loi, prévoyant la mise en place d’un régime de couverture des conséquences d’événements catastrophiques, sur la base des recommandations de la Banque mondiale, est actuellement dans le circuit d’adoption. Le dispositif vise à indemniser les victimes d’incapacité permanente ou décédées à cause d’une catastrophe, les biens et les logements détruits. Cette couverture pourrait être assurée en obligeant les assureurs à étendre leurs contrats aux risques de catastrophes avec des tarifs fixes et la mise en place d’un fonds de solidarité pour l’indemnisation des personnes non assurées ou les ménages ne pouvant pas souscrire une assurance.

    Une lourde facture

    Le Maroc peut se targuer de vivre une certaine stabilité politique et économique. Toutefois, il n’est pas à l’abri des catastrophes naturelles. Le risque y est à la fois «chronique et sévère». Au cours de ces dernières années, le Maroc a connu plusieurs catastrophes telles que le tremblement de terre d’Agadir en 1960 (25.000 morts, plus de 12.000 blessés), celui d’Al Hoceima en 2004 (628 morts, plus de 1.000 blessés). A lui seul, le séisme d’Al Hoceima a généré des pertes de plus de 4 milliards de DH. Des risques telluriques plus graves existent dans d’autres régions telles que Tanger ou Fès. Mais les événements les plus récurrents concernent la multiplication des inondations. Ainsi, entre 2000 et 2013, le Royaume a connu 13 inondations majeures ayant provoqué le décès de 263 personnes et des pertes évaluées par le Centre de recherche sur l’épidémiologie des catastrophes (www.emdat.be) à plus de 4 milliards de DH. Mais ces chiffres sont en deçà de la réalité car ils n’intègrent pas l’ensemble des dégâts matériels. Les dernières inondations ayant touché la région de Guelmim en 2014 ont fait 47 morts et généré des pertes économiques d’environ 6 milliards de DH, selon un rapport de Targa & Zurich Insurance.
    Une étude de la Banque mondiale estime que la probabilité qu’une «seule catastrophe entraîne des pertes d’au moins 25 milliards de DH dans les 30 prochaines années est de 67%. Une probabilité aggravée par l’absence d’un système d’assurance dédié».

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc