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    Analyse

    COP22: La solution des villages verts

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4750 Le 13/04/2016 | Partager
    Quatre structures modèles éco-responsables
    Un projet imaginé par des éco-entrepreneurs de Marrakech
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    Le modèle de village rural, présenté par les éco-entrepreneurs dans le cadre de leur projet de villages verts, s’appuie sur un ensemble d’interactions destinées à une économie en circuit court, au bénéfice premier des populations locales

    Le tourisme écolo est on ne peut plus tendance. De plus en plus de visiteurs à travers le monde, sensibles à la question, optent pour des destinations qui proposent des séjours éco-responsables et équitables. Une manière de pallier les activités touristiques qui représentent un déséquilibre social, économique, culturel et écologique pour le lieu ou l’environnement d’accueil. Sources de pollution et de dégradation, elles ne génèrent souvent que trop peu de retombées économiques pour les populations locales. Avec ce projet commun de villages verts, il s’agit, comme l’explique Pierre-Yves Marais, l’un des éco-entrepreneurs à son origine, “d’une envie de retour à l’essentiel, à ces valeurs fortes de la communion entre l’homme et la nature. Nous souhaitons, par ce projet, offrir au Maroc les nouveaux villages modèles à inscrire pour son futur”. Actuellement à l’étude, 4 villages sont déjà pensés pour initier un nouveau modèle économique et écologique de tourisme, par un schéma dont tous les acteurs seraient étroitement liés. Une action citoyenne qui colle parfaitement aux préceptes de la COP22.

    ■ Douar Ait Merguen - Sitti Fadma
    Situé à 60 km de Marrakech dans la vallée de l’Ourika, ce douar, alimenté en électricité, abrite une soixantaine de ménages dans des maisons en pierre et pierre-pisé et 10% en béton-briques. Le village, commençant a être partiellement réaménagé, permet aux entreprises participant au projet villages verts de capitaliser sur ce qui a déjà été réalisé tout en intégrant un traitement durable des déchets et des eaux usées, la récupération des eaux traitées pour l’irrigation, la création d’activités génératrices de revenus par l’arboriculture, l’artisanat, l’élevage... et le développement des services entre transport scolaire et touristique électrique. Une enveloppe de près de 6,5 millions de DH est nécessaire pour faire de ce douar un modèle estampillé village vert.

    ■ Douar Azrou
    Ce village, situé sur la route d’Asni, est perché sur un rocher de l’autre côté de l’oued Ghighaya. Ses habitants qui, faute de pont, de viabilisation et d’adduction d’eau, avaient déserté, opèrent un retour depuis les travaux de mise à niveau sous la maîtrise d’ouvrage de l’ADMR, l’Association pour le développement du monde rural, financés par la Fondation Mamda-MCMA. La beauté de ce village et sa préservation sont autant d’atouts pour y développer un éco-tourisme. Le projet village vert table sur un budget de près de 4,34 millions de DH, pour y intégrer les systèmes de traitement des déchets et des eaux usées, la construction ou la réhabilitation des bâtiments en vue de créer des activités génératrices de revenus (moulin à huile, plantes aromatiques et huiles essentielles, artisanat...) et des services (crèche, école, dispensaire, hammam et centre de formation dédié à la construction traditionnelle). Sans oublier l’autonomie énergétique, la réfection des rues, la création d’une aire de stationnement sur la rive opposée au village, le câblage enterré, des espaces verts…

    ■ Douar Chrifia
    Dans ce douar, situé sur la route d’Amizmiz, 310 ménages sont installés dans un habitat de type informel en béton-briques. La commune souhaiterait s’attaquer au point noir de la circulation gênée par l’activité des restaurants et vendeurs ambulants, installés sur le bord de la route. L’enveloppe de 34,68 millions de DH, estimée pour en faire un village vert, pourrait englober la réfection des rues, le déplacement des restaurants et la création d’une aire de stationnement. Sont également prévus l’amélioration de la performance énergétique du bâti, la construction d’un pavillon témoin solaire biodynamique et le traitement des eaux et des déchets. Concernant les activités génératrices de revenus, plusieurs pistes sont avancées, comme une agriculture biologique déployée sur 2 ha, des unités de régénération des batteries, un four à pain solaire, une laverie écologique… Mais aussi intégrer le douar au réseau existant de la piste cyclable reliant la Mamounia, le site COP22 à l’entrée de Tassoultante, et aussi le programme “éco-école” de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. C’est ici que les éco-entrepreneurs à l’origine du projet souhaiteraient établir leur siège.

    ■ Douar Ibmine - Commune d’Agafay
    Sur ce terrain, en face de la ferme royale, propriété des Domaines agricoles, une quinzaine d’habitations, plutôt regroupées, abritent quelque 140 habitants. La plupart du bâti est en terre, de type traditionnel sur une plaine semi-aride avec très peu de végétation. Le douar est alimenté en électricité et possède l’eau courante qui provient d’un château d’eau situé dans le douar voisin. Il n’existe ni école, ni mosquée, ni hammam, ni four à pain, ni boutique, et aucune collecte de déchets n’est organisée. Les maisons souffrent de problèmes d’étanchéité avec des toitures en piteux état et de manque d’isolation qui rendent l’habitat très inconfortable particulièrement en hiver. Le projet village vert estime un budget global de 5,29 millions de DH afin notamment de créer un bassin de rétention d’eau qui permettrait au douar d’être plus autonome, une micro-station d’épuration et des toilettes sèches individuelles. L’enveloppe permettrait également d’organiser la collecte et le tri sélectif des déchets, l’amélioration du bâti, de créer une mini-centrale solaire qui permettrait d’alimenter les habitations et les équipements. Le tout pour y développer des activités génératrices de revenus.

     

     

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