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    Analyse

    Comment l’économie circulaire peut sauver l’arganier
    La population locale aux premières loges

    Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:4746 Le 07/04/2016 | Partager
    Intégrée dans la préservation des ressources, elle bénéficie des retombées financières
    Monétiser les services pour valoriser durablement l’écosystème, ça marche!
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    L’aire de répartition de la réserve de biosphère de l’arganeraie (RBA), s’étend sur 820.000 ha. C’est une zone très sensible au processus de désertification du fait que 19 % de sa surface reste très vulnérable et 41 % de son territoire présente un Indice de sensibilité à la désertification (Source: DRA )

    Habituellement, la conservation et la gestion des espaces forestiers, en particulier l’arganeraie, ont toujours été centrées sur les productions à valeur marchande. Toutefois, un intérêt croissant est accordé depuis quelques années à la multifonctionnalité des écosystèmes forestiers, désormais décrite par la notion de services éco-systémiques. «L’une des principales raisons est de mettre en évidence tous les bénéfices produits par les écosystèmes forestiers afin de mieux apprécier le niveau de paiement des services éco-systémiques, d’apprécier les investissements consentis pour la gestion et la conservation de l’arganeraie et la place qu’il représente dans le PIB régional», explique Dr Faïçal Benchekroun, cadre au Haut commissariat aux eaux et forêts. Il s’agit donc de lister les biens et les services générés par l’écosystème d’arganier et d’affecter une valeur annuelle à chacun d’entre eux, tout en se basant sur les modes de gestion et d’exploitation par les usufruitiers. Sachant que l’arganeraie est un système à multiples biens forestiers qui peut servir pour l’alimentation, l’élevage ou encore l’esthétique. Toutefois, la valeur ajoutée profite moins aux populations locales qu’aux acteurs non usufruitiers, soit, aux exportateurs, commerçants, transformateurs. Il ressort que l’arganier, qui collabore à hauteur de 7,3% du PIB régional, reste en-deçà de la réalité car plusieurs services restent sous-estimés.
    D’où la nécessité de perfectionner davantage l’exercice afin d’approfondir la démarche et s’assurer une meilleure estimation des biens et services éco-systémiques, en vue de leur monétisation. C’est ainsi que l’adoption de modèles innovants de l’économie circulaire, via les schémas de PSE (paiement des services éco-systémiques), est une approche susceptible d’inverser la perte et la dégradation de l’écosystème arganier.
    Néanmoins, chez la population locale, comment est perçue cette monétisation. Comme un paiement, un encouragement ou une compensation? «Le fait de ne pas jouir d’un droit d’usage est compensé et l’effort supplémentaire pour préserver l’écosystème est une récompense», avance Moha Haddouch, coordonnateur national du projet EC-SM. Cas par exemple, des paysans qui décident de construire des terrassettes agricoles pour protéger le sol et qu’il s’agit de récompenser et encourager. De plus, ce genre d’aménagement peut produire des services éco-systémiques supplémentaires. Pour précision, le PSE est fondé sur un accord volontaire entre les parties, à savoir les bénéficiaires, touristes, organisations, gouvernement… et les vendeurs, usagers, propriétaires, communautés…
    Il faut noter cependant que plusieurs risques sont liés à la mise en place d’un PSE. Ainsi, lorsque celui-ci se fait sur une partie d’un écosystème, il peut se traduire par le déplacement de la pression vers une autre partie de ce même écosystème. Il y a également le risque de perception d’injustice lorsque des acteurs mettant en oeuvre de bonnes pratiques en dehors du programme de PSE ne sont pas encouragés. Alors que ceux ayant de mauvaises pratiques sont rémunérés.
    Dans ce cas, le projet est perçu comme «une rémunération des mauvaises pratiques». Ce qui peut inciter les usagers à des attitudes perverses, à savoir dégrader et s’engager à restaurer pour être payé. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi le risque d’éviction ou “crowding out” qui est lié au risque de remise en cause des motivations intrinsèques des acteurs à préserver la nature. En fait, si le PSE n’est qu’une incitation des acteurs à respecter la loi, l’application de contraintes réglementaires en matière d’environnement risque de devenir problématique en l’absence d’incitations financières.

    Récupérer, produire, consommer et réemployer

    Le principe d’économie circulaire repose sur quatre actions: récupérer, produire, consommer et réemployer. Fini le gaspillage. Où en est la situation dans la Région Souss Massa, principale aire de répartition de la réserve de biosphère de l’arganeraie (RBA)? Sachant que la zone de l’arganeraie, qui s’étend sur 820.000 ha, est très sensible au processus de désertification du fait que 19 % de sa surface reste très vulnérable et 41 % de son territoire présente un indice de sensibilité à la désertification moyen. La croissance rapide de la population de la région et l’évolution de ses aspirations ayant conduit à une pression croissante sur l’intégrité des écosystèmes et de leurs services dans la région. L’absence quasi totale de régénération de l’arganier est actuellement enregistrée avec le risque que les forêts deviennent des fossiles vivants. Le surpâturage, le défrichement des terres et l’exploitation incontrôlée de plantes aromatiques pour l’extraction des huiles essentielles, l’appât du gain aidant, sont intensifiés par les sécheresses récurrentes.

     

     

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