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    Analyse

    Comment l’économie circulaire peut sauver l’arganier

    Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:4746 Le 07/04/2016 | Partager
    Une expérience pilote menée dans le Souss pour préserver la bio-diversité
    Doté de 10 millions de dollars, le projet du Pnud s’étend jusqu’en 2019
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    Au terme du projet EC-SM, quatre modèles PSE seront développés au niveau des zones prioritaires d’intervention couvrant le territoire de 25 communes. A savoir, Chakoukane, Arghen, Oued Massa, Assif Oussaka, Oued Tamaraght et Imouzzer Ida Outanane

    La surexploitation des ressources naturelles est une des menaces qui pèse sur l’écosystème dans le Souss Massa, une région où se déploie la réserve de biosphère de l’arganeraie (RBA). Pour les responsables, l’enjeu aujourd’hui est de contribuer à la préservation de la biodiversité dans le cadre d’un projet relatif à l’économie circulaire. Et ce, d’autant plus que les mesures traditionnelles de préservation ont atteint leurs limites et qu’elles ne peuvent donner de résultats tant qu’elles restent déconnectées du marché. Dans ce contexte, le paiement pour les services éco-systémiques (PSE) est un instrument novateur de préservation de la biodiversité liée au marché. «L’approche d’économie circulaire permettant l’introduction des PSE, se substitue de plus en plus au modèle de l’économie linéaire ayant montré ses défaillances dans l’économie globale», explique Moha Haddouch, coordonnateur national du projet. «Le projet EC-SM compte parmi les premières tentatives au Maroc pour introduire cette approche visant à terme l’intégration du capital naturel dans les stratégies et politiques macro-économiques du pays», a-t-il ajouté. Il s’agit donc aujourd’hui de familiariser les parties prenantes et les bénéficiaires du projet à ces nouveaux concepts et permettre un benchmark avec les expériences réussies ailleurs. L’optique étant de consolider les premiers éléments de résultats du projet EC-SM. L’occasion de capitaliser sur les expériences nationales et internationales, et en tirer les leçons pour la région Souss Massa. Tout en consolidant les premiers modèles de PSE issus de l’étude et assistance technique en cours. Et approfondir la réflexion sur des mécanismes d’intégration du capital naturel dans la comptabilité publique et privée. Ce projet permettra de débattre des propositions d’ordre technique, institutionnel et juridique pour une mise à niveau des résultats du projet à l’échelle nationale. Il faut préciser qu’en plus du ministère chargé de l’Environnement, beaucoup de parties prenantes sont impliquées dans ce projet. Notamment, la DRA, l’Andzoa, le Conseil régional Souss Massa, le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), l’OREDD, l’Agence du bassin hydraulique SMD, l’ADS, l’INRA, les Chambres professionnelles… et la Banque mondiale/FEM.
    Pour rappel, la tenue d’un Forum PSE à Agadir les 21 et 22 mars derniers a été l’occasion de zoomer sur les opportunités et défis de l’utilisation de la notion de services éco-systémiques pour assurer la conservation et l’utilisation durable du «capital nature» dans un contexte de marché.

    Service éco-systémique, kezako?

    Aujourd’hui, l’enjeu est de préserver la biodiversité dans la région Souss Massa, et ce, dans le cadre d’un projet relatif à l’économie circulaire. Projet EC-SM de son nom. Une action entreprise suite au constat de la dégradation de l’écosystème arganier. Et qui est le résultat de plusieurs facteurs interdépendants, à savoir l’intensification du surpâturage et de la transhumance, l’expansion de l’agriculture ou encore la surexploitation des ressources pour le bois de chauffe dont 12 à 13 kilos sont collectés par jour par les ménages ruraux dans les forêts d’arganiers des provinces d’Agadir et de Tiznit. Soit plus de 530.000 m3 par an! L’utilisation non durable des plantes médicinales et aromatiques, l’érosion, les changements climatiques et la désertification sont parmi les autres menaces qui pèsent sur l’écosystème arganier. Il faut préciser que dans le domaine forestier, les premiers PSE ont été conçus pour la préservation des forêts tropicales. Ils distinguent 4 types de services, la séquestration du carbone, la protection des ressources en eau, la protection de la biodiversité et la préservation de la beauté du paysage. Pour ce qui est du système de gouvernance, il comprend les acteurs participant au processus de définition des conditionnalités, des règles et des niveaux de paiement. Il concerne notamment les «fournisseurs de connaissance» et les intermédiaires qui administrent le programme.

                                                                  

    L’huile d’argan et le miel, premiers bénéficiaires

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    Le projet «approche d’économie circulaire pour la conservation de l’agro-biodiversité dans la région du Souss-Massa» a été élaboré dans le cadre de la coopération entre le Maroc et le Pnud. A terme, ce projet vise l’introduction du paiement pour les services éco-systémiques (PSE), en tant que mécanisme innovant pour inverser la perte de la dégradation de l’écosystème arganier. Ceci, en association avec la valorisation via la labellisation et la commercialisation de deux produits de terroir issus de cet écosystème. A savoir, l’huile d’argan et le miel. Le projet agira selon 4 composantes interconnectées: La première concernera la création d’un environnement habilitant pour l’introduction des PSE au Maroc. La deuxième renforcera les capacités techniques pour la mise en œuvre de modèles PSE dans la région. C’est ainsi que le terrain sera préparé pour une réplication nationale des concepts PSE, via la dissémination des leçons apprises et l’échange d’expériences avec d’autres projets et programmes. Quant aux activités de la composante 3, elles permettront de promouvoir une production organique, durable et respectueuse de la biodiversité à travers un schéma de labellisation et de commercialisation adaptées aux produits de l’écosystème arganier. En capitalisant sur les 3 premières composantes, le projet entamera un investissement pilote de type PSE à travers la composante 4 en tant que moyen de promotion, de conservation et d’exploitation durable de la biodiversité et les services éco-systémiques qui y sont associés dans l’écosystème arganier. Il faut préciser qu’au terme du projet, quatre modèles PSE seront développés au niveau des zones prioritaires d’intervention couvrant le territoire de 25 communes. A savoir, Chakoukane, Arghen, Oued Massa et d’Assif Oussaka. Et Oued Tamaraght et Imouzzer Ida Outanane. Ce projet, qui s’étale de 2014 à 2019, est mis en œuvre par l’Agence pour le développement agricole relevant du ministère de tutelle. Avec une supervision technique et gestion financière du Pnud. Le montant total du projet est de 10,2 millions de dollars dont 2,7 millions de dollars à titre de don du GEF, 0,2 million de dollars de contribution Pnud et 7,3 millions de dollars comme contribution nationale.

     

     

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