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Préscolaire: Le modèle maroco-marocain fin prêt

Par L'Economiste | Edition N°:4134 Le 15/10/2013 | Partager
La généralisation à 80% est prévue pour 2016
10.000 classes à créer d’ici 2017
Mais tout dépendra de l’orientation du nouveau gouvernement!

Source: FMPS
63,5% des 4-5 ans étaient préscolarisés en 2012-2013, soit 685.307 enfants. Mais dans cette part, le préscolaire traditionnel (msid et koutab) reste prédominant. Il accueille près des deux tiers des effectifs (64,9%), contre 25,7% pour le préscolaire moderne privé et 9,5% pour le préscolaire moderne public. Le tableau ci-dessus détaille l’offre en la matière (2011-2012)

Ces dernières années, peu de choses ont vraiment changé pour le préscolaire au Maroc. Le secteur reste dominé par l’enseignement traditionnel, msid et koutab, (à hauteur de 64,9%), et la qualité fait toujours défaut. Selon certains professionnels, hormis les groupes scolaires structurés, près de 70% des unités préscolaires ne répondent pas aux normes de qualité. Pis encore, malgré l’existence d’une loi régissant le secteur (05-00), elles opèrent sans être inquiétées, puisque les mécanismes de contrôle et de suivi restent défaillants.
Néanmoins, après le rapport choc de 2007 et la création par feu Abdelaziz Meziane Belfkih de la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS), le secteur a pu avoir sa propre  feuille de route. Dès son lancement, la FMPS s’est attelée à jeter les bases de la généralisation de la scolarisation des 4-5 ans. Pour commencer, un référentiel pédagogique «maroco-marocain» a été conçu. Un chantier qui a duré près de 3 ans. La fondation, qui compte quelque 300 membres, s’est d’abord inspirée du modèle de l’Alliance de travail dans la formation et l`action pour l’enfance (Atfale), qu’elle a ensuite complété. Les innovations à l’échelle internationale ainsi que les préconisations de la Charte nationale de l’enseignement, du livre blanc de 2003 et des différentes circulaires ministérielles ont été prises en considération. La fondation a ensuite verrouillé les normes et les processus de contrôle. Un label de qualité FMPS a été déposé en 2010.
En matière de formation des éducateurs de la petite enfance, une licence professionnelle a été lancée en partenariat avec deux universités (Rabat et Meknès) en 2010 (voir interview ci-contre). Un réseau d’animateurs pédagogiques a également été constitué.
Des classes pilotes ont été mises en place: près de 97 en partenariat avec la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation-formation (sur 100 prévues), et 160 (sur 1.000 programmées) avec les collectivités locales dans différentes régions. Des unités où l’apprentissage se fait dans la langue maternelle de l’enfant et dans le respect des cultures locales. Au total, 5.450 enfants ont pu y être scolarisés.
La suite du programme avec les collectivités locales est en cours de préparation. Le foncier a d’ores et déjà été identifié (816 terrains dans 439 communes) et sécurisé à travers des conventions avec 72 communes.  
«Nous disposons aujourd’hui d’un modèle qui a été expérimenté pendant 5 ans et nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure, nous attendons juste le feu vert. Tout dépend maintenant de l’orientation que le nouveau gouvernement décidera de prendre», soutient Aziz Kaichouh, directeur de la FMPS. Il faut dire que le préscolaire a souvent été le parent pauvre de la réforme de l’enseignement. Les gouvernements qui se sont succédé n’y ont accordé que peu d’intérêt. Avec la nomination, pour la deuxième fois, de Rachid Benmokhar à la tête de l’Education nationale (premier mandat entre 1995 et 1998), le chantier va-t-il s’accélérer? En tout cas, la réalisation des objectifs fixés à l’horizon 2017 par la FMPS, pilote de la généralisation du préscolaire, en dépend.  Pas moins de 10.000 unités sont à créer d’ici 3 à 4 ans, pour accueillir 600.000 enfants supplémentaires. L’on ambitionne d’atteindre un taux de préscolarisation de 80% à partir de 2016, avec la mise en place de 8.000 classes. Ceci nécessitera un budget de fonctionnement de 60.000 DH par classe et par an, soit un total de 480 millions de DH (dont la moitié à assurer par l’Etat).  Il va donc falloir mettre les moyens. Mais le jeu en vaut la chandelle. «Le préscolaire est un investissement essentiel et non pas un luxe, car tout se joue au niveau de la personnalité de l’enfant avant l’âge de 6 ans», a relevé Khalid Andaloussi, président d’Atfale, lors du Colloque international sur l’éducation, tenu les 4 et 5 octobre à Casablanca. C’est aussi à la maternelle que les premiers dysfonctionnements physiques, psychiques ou encore linguistiques peuvent être détectés, ce qui permettrait un traitement rapide des défaillances. «Par ailleurs, les enfants ne démarrent pas avec les mêmes chances de réussite à l’école. Le préscolaire pourrait réduire les écarts», insiste Andaloussi. 
Selon le HCP, les élèves n’ayant pas suivi un enseignement préscolaire ont 6 fois plus de chances d’abandonner l’école.
Pour aller vite, la FMPS travaille en partenariat avec l’Unesco sur un projet de cartographie nationale du préscolaire. «Nous avons besoin de répertorier les types d’intervenants et d’interventions, car nous ne pouvons pas développer le secteur sans fédérer tous les acteurs», précise Kaichouh.

Et les moins de 3 ans?

Si les 4-5 ans commencent à concentrer les centres d’intérêt, il n’en est pas de même pour les enfants de moins de 3 qui se voient confiés à des crèches dont une bonne partie relève de l’informel. «L’informel sévit plus au niveau de cette tranche d’âge car il n’y a pas de livre pédagogique ou de moyens permettant de recouper l’information et de détecter les activités en noir», explique Aziz Kaichouh. Le manque de contrôle n’arrange pas les choses. Encore un chantier qui mériterait un plan d’action.

Ahlam NAZIH

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